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Falling into Komëit

Chapeau : Il y a deux ans, le duo Komëit faisait paraître son album, Falling into Place. Robert Lippok en livrait une relecture en forme d’« hommage », soumettant à une foule de délicats traitements les non moins fragiles chansons de ses deux compatriotes : Falling into Komëit atteste de la réussite de ce travail de chirurgie plastique, faisant de cet album un petit bijou de pop électro.
Date : electro-pop

Source : Les éditions du mouvement (http://www.mouvement.net)

Genre : compte-rendu (Mots-clés : )

Rubrique : CD de la semaine

Robert Lippok musicien
David SANSON rédacteur

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Texte : Résidant entre Berlin et Vienne, le duo allemand Komëit, composé de Julia Kliemann (voix, claviers) et Chris Flor (voix, guitares), s’est fait une spécialité de ces chansons délicates, mélangeant voix timides, lignes claires de guitares et traitements électroniques, qui apparaissent comme le prolongement moderne de la pop anglaise telle que la pratiquait, à l’orée des années 1990, le groupe Slowdive ou le label Sarah Records. Plutôt que chez Morr Music, l’écurie la plus fameuse pour ce genre de musique (aux compilations de laquelle Komëit a déjà participé), c’est sur une autre structure berlinoise, Monika Enterprise, que Komëit publie ses œuvres – jusqu’à présent, une poignée de maxis et deux albums, dont le dernier en date, Falling into Place, a paru il y a deux ans. A l’époque, Komëit avait sollicité Robert Lippok, membre du remarquable trio To Rococo Rot, musicien pour la scène et par ailleurs artiste visuel, pour les besoins d’un maxi de remixes (Falling back together). Stimulé par cette fructueuse collaboration, celui-ci avait eu envie d’étendre l’exercice à l’ensemble de l’album : le résultat, qui vient de paraître sur le même label, a pour nom Falling into Komëit, et il témoigne de manière éclatante de l’intérêt de ladite entreprise.
A l’évidence, en effet, ce sont de profondes affinités qui unissent Lippok et ses deux amis, dont les univers sont pourtant relativement disparates : là où le duo reste fidèle aux structures pop et à la forme chantée, Lippok, quant à lui, est passé maître dans le domaine d’une musique électronique abstraite, dont les textures richissimes n’ont pas peu contribué à faire de To Rococo Rot l’un des tout meilleurs groupes d’aujourd’hui. C’est précisément cet art de traiter le son, d’en faire une matière plastique éminemment évocatrice, que met en lumière le fruit de cet échange que Lippok a envisagé, plutôt que comme un simple album de remixes, comme un « hommage » à la musique de Komëit. Dès le morceau inaugural, I can tell, on est frapé par la manière dont les textures électroniques, les subtiles programmations rythmiques et autres effets ajoutés par Lippok rendent grâce à cette belle et délicalte chanson. Loin d’être vulgairement plaquées sur la musique, ces textures agissent à la manière discrète d’un révélateur, surlignant ou affirmant les fragiles contours de cette musique qui, à l’image des voix qui la portent, ne tient qu’à un fil. La pop de Komëit se pare alors d’atours raffinés, rappelant parfois le psychédélisme lymphatique à l’œuvre sur l’album Pygmalion, chef-d’œuvre mésestimé des Anglais de Slowdive, ou encore les explorations atmospériques d’un autre duo berlinois, Tarwater. Au passage, Lippok réussit même le tour de force d’offrir à Komëit un tube électro en puissance avec Rearrange, que ne renierait pas une Peaches sous Prozac... Tout l’album est à l’avenant, œuvre de musicien autant que de chirurgien plastique, au point de devenir l’un des plus séduisants disques d’electro-pop publiés récemment.

Date de publication : 16/06/2004


Mots-clés : musique
Inséré le : 08/10/2007 12:15
Le site du distributeur La Baleine - http://www.la-baleine.com
Le site du label Monika Enterprise - http:// www.monika-enterprise.de