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Nouvelle vague

Chapeau : Olivier Libaux et Marc Collin se sont amusés à revisiter les grands tubes de la new wave et de la cold wave en version bossa nova. On passera donc l'été à siroter son Daïkiri les pieds dans l'eau chaude de la piscine en fredonnant ces chansons qu'on ne pensait pas voir sortir de leur tombes avec de tels oripeaux brésiliens : Joy Division, Depeche Mode, Tuxedomoon ou The Sisters Of Mercy.
Date : bossa new wave

Source : Les éditions du mouvement (http://www.mouvement.net)

Genre : compte-rendu (Mots-clés : )

Rubrique : CD de la semaine

Nouvelle Vague musiciens
Franck Marguin rédacteur

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Texte : Avant la sortie de ce disque, qui aurait pensé dissocier le mouvement cold wave de tout le décorum glauque qu'il charrie depuis toujours, des longs manteaux noirs, du maquillage qui coule, de la lecture intensive des Chants de Maldoror de Lautréamont, de l'admiration sans bornes des toiles de Caspar David Friedrich et des tentations suicidaires si romantiques en pleine crise d'adolescence ? Et pourtant, deux musiciens français trentenaires très actifs sur la scène hexagonale, Olivier Libaux et Marc Collin, d'anciens corbeaux évidemment, ont su garder de ce mouvement la substantifique moelle en la débarrassant de ses oripeaux souvent jugés, même si c'est parfois à tort, grand-guignolesques Fans de cold wave, de new wave, mais aussi de bossa nova et, comme tout trentenaire de notre époque, possédant une forte nostalgie des réminiscences adolescentes, ils ont eu une idée simple : réinterpréter certaines des plus belles chansons du répertoire avec l'accent brésilien. Les reprises sont d'une fidélité absolue en ce qui concerne la composition, mais c'est la science de leurs arrangements ciselés qui permet à ces « standards underground » de basculer d'un continent à l'autre. En cela, Libaux et Collin, sont aidés par un aéropage de chanteuses – les mâles aux voix caverneuses n'ont pas droit de cité –, brésiliennes ou françaises, aux voix douces, sensuelles, propices aux voyages de l'âme dans une promiscuité qui frôle parfois l'indécence La réussite du disque tient aussi, et surtout, au choix des chansons réinterprétées, offrant un programme de toute beauté. Ainsi Love will tear us apart de Joy Division sent l'écume, la vague de fin d'été, le soleil couchant. Just can't get enough de Depeche Mode devient une samba douce et liquoreuse qui provoque un étourdissement léger. In a manner of speaking de Tuxedomoon semble sortie du cerveau d'Antonio Carlos Jobim en 1963, période épurée, et chantée par une Astrud Gilberto fantasmée. Guns Of Bristol de The Clash tient sur des balais de batterie aussi fragiles que jazzy . This is not a love song de P.I.L. émerge d'un bar enfumé par des volutes chaudes de Havane. Too Drunk to Fuck de Dead Kennedys n'a jamais été si érotique. La reprise de Marian des Sisters of Mercy, fidèle jusqu'au bout, se contente d'ôter l'ambiance glauque du morceau pour en apposer une latine, gagnant encore en mélancolie. Making plans for Nigel d'XTC continue d'émouvoir aux larmes, et celles-ci ont un goût encore plus salé. A Forest de The Cure, toujours tout en retenue et en intensité, nous transporte sous les arbres tropicaux et les cris des cacatoès. I melt with you de Modern English s'écoute comme un archétype de la bossa. Teenage Kicks des Undertones se joue au coin du feu, la guitare à la main et des étoiles plein la tête. Psyche de Killing Joke se transforme en un slow inquiétant de rage contenue. Enfin, le Friday Night Saturday Morning des Specials est un déchirant cri d'adieu de fin de vacances, au moment précis où les amours adolescentes s'évaporent. Quant à l'adolescence musicale de l'auditeur de Nouvelle Vague, elle lui reviendra de plein fouet, et se trouvera ranimée l’espace d’un été aux consonances brésiliennes, durant lequel ces treize reprises tourneront en boucle sur les platines gourmandes et dans les mémoires nostalgiques.

Date de publication : 14/07/2004


Mots-clés : musique
Inséré le : 08/10/2007 12:32
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