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La distance entre le point et l’impact
Le 3e festival Points d’Impact à Genève
Chapeau : La troisième édition du festival de performances Points d’Impact organisé du 4 au 7 octobre par l'association Piano Nobile à Mottattom, lieu culturel situé à Genève, fut l’occasion de s’interroger sur certains paramètres de la performance contemporaine.
Source : Les éditions du mouvement (
http://www.mouvement.net)
Genre : compte-rendu (Mots-clés : )
Genre Ressource : compte rendu
Rubrique : Espace critique
David ZERBIB rédacteur
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Texte : Un festival de performance constitue toujours un temps d’incertitude. Pas seulement parce que ce type d’événement artistique est des plus fragiles, du fait de sa matière première éphémère, de son économie précaire et de son inscription matérielle toujours en doute. C’est que toujours se produisent ces situations où l’on ne sait rien de ce qui arrive, où l’enjeu est d’abord d’identifier le moment et le lieu d’une création, afin de tenter de s’y trouver, et de s’y trouver debout, ou mal assis. C’est l’enjeu du point ; « l’ici et maintenant » qui a façonné l’histoire de la performance. Ce point a une valeur en lui-même, mais la proclamer ne suffit pas à faire une œuvre. Vient alors, en quelque sorte, la question de l’impact : ce qui doit se passer ne peut se réduire au seul formalisme de la présence, à moins que la vérification illusoire et incessante de cette fausse évidence soit travaillée au-delà du simple rendez-vous. Comme si le festival avait mis en tension les deux termes qui composent son nom, l’événement invite à s’interroger sur la portée de la performance contemporaine, dès lors que semble suspendue la possibilité d’une efficacité de la présence seule.
On comprend mieux alors l’intérêt des
« cartes postales en provenance du futur » du collectif C&H. Sur un présentoir, à disposition du public : des cartes postales sur lesquelles sont imprimées les photographies du lieu d’un événement à venir, ainsi que la date et l’heure programmée. A charge pour les destinataires de vérifier, le moment venu, l’origine « rétroprospective » de cette adresse. La non-concordance des temps, tel est aussi le sens pris par le tour sadique joué au public par le groupe lyonnais et londonien MOI. Dans
And the Winner, ces artistes multidisciplinaires, qui font penser aux chanteurs
a cappella de Pow Wow devenus réalisateurs d’expériences psychosociologiques, invitent le public dans une file d’attente. Suivant des temps d’attente variables, les personnes se rendent, l’une après l’autre, dans une tente fermée où les artistes leur demandent de choisir… la durée d’attente de celui ou celle qui vient après, entre quelques secondes et dix minutes. Sur un écran vidéo, le spectateur-candidat peut contempler secrètement l’image du public impatient à l’extérieur, et jouir éventuellement de voir attendre
à l’abri de la tente. Hormis, notamment, le Suisse San Keller se livrant à une action en continu ou Massimo Furlan apparaissant furtivement, la dizaine d’artistes invités était largement composée de jeunes créateurs ou non encore confirmés. Qui peuvent aborder la performance avec une curieuse ingénuité, comme la grenobloise Alice Assouline, ou bien à travers une problématique de transmission, comme la genevoise Angela Marzullo. Cette dernière attaque une cloison à la tronçonneuse, soit. Mais dans le prolongement d’un travail étonnant de
« re-enactment » où elle fait jouer à ses deux filles de six et dix ans certaines performances historiques de Martha Rossler, Vito Acconci ou Marina Abramovic. Qu’apportent le fait d’intervenir ici et maintenant et la dimension événementielle de la performance ? Là encore, l’évidence est trompeuse. Le travail théoriquement exigeant de Joanna Warsza sur le tourisme a plus d’impact que la
Visite guidée dans une exposition invisible à laquelle elle participe le 4 octobre. Et le séjour documenté vidéographiquement de cette autre artiste polonaise, Zorka Wollny, dans l’appartement d’exposition d’un magasin Ikéa, a plus de force que l’expérience à laquelle le public est invité dans son
workshop lors du festival. Mais voilà qu’une artiste s’absente, en chantant enfermée à l’intérieur d’une valise qu’on tire hors de la salle obscure où se déroule
The Red Briefcase: Contact, Keys, Exil, Repeat.. C’est la Sud-Africaine Donna Kukama, qui laisse pendant deux jours les traces d’une valise rouge. Une certaine manière de disparaître, en un point qui a une manière juste, et gênante, d’être là.
Date de publication : 24/10/2007
Inséré le : 23/10/2007 18:32
http://lecercledemotta.romandie.com/category/4999/9900
http://www.pianonobile.ch
La troisième édition du festival Points d’Impact s’est tenue du 4 au 7 octobre à MottattoM, Genève (Suisse). -
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Thèmes : performance,