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Déplacements
Projet Holiday In, Episode 2/3
Chapeau : A la galerie Gasworks, étape londonienne du projet Holiday In, les artistes migrateurs ont installé six ½uvres, semblables ou différentes de celles exposées au Triangle à Marseille. L’occasion d’étudier plus précisément les travaux, leur interaction avec ce nouveau lieu, et de voir à quel point ils survivent à la surprise du premier regard.
Source : Les éditions du mouvement (
http://www.mouvement.net)
Genre : compte-rendu (Mots-clés : )
Genre Ressource : compte rendu
Rubrique : Espace critique
Juozas Laivys artiste
Darius Miksys artiste
Flavia Muller Medeiros artiste
Nicolas Simarik artiste
Pascaline Vallée rédacteur
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Texte : Comparé au vaste espace du Triangle, celui de Gasworks semble resserré : une pièce à six angles (formant un coude perpendiculaire), à laquelle la pelouse apposée par Nicolas Simarik et le télescope-panneau indicateur de Quentin Armand confèrent un aspect labyrinthique. Aucun sentiment de perte pourtant, si ce n’est celui de l’errance volontaire du voyage. Car c’est à la poursuite d’un vécu que se lance le visiteur, au travers des différentes pièces.
Des deux artistes en résidence à Londres, Nicolas Simarik et Darius Mik¨ys, il ne reste que l’ombre, au sens propre pour l’un, figuré pour l’autre.
Shadow I, de Nicolas Simarik, matérialise sa propre ombre, portée sur un sol synthétique. Après (ou plutôt avant, si l’on reprend l’ordre chronologique du projet) le paillasson de Marseille, le gazon vert, symbole anglais, sert ici de support à l’idée, venue à l’artiste sur les îles écossaises, de représenter son seul compagnon d’alors. Une image simple de la contemplation du paysage et de la réflexion sur soi, propre au voyage et à l’errance. Contrairement à la présentation à Marseille, son ½uvre couvre entièrement le sol de la galerie, permettant, voire enjoignant au spectateur de marcher dessus.
Dans le cas de Darius Mik¨ys, l’absence de l’½uvre (réduite à l’état de mention sur le plan de l’exposition) est due, en revanche, à son immatérialité. Le 13 septembre, lors du vernissage de l’exposition, l’artiste a en effet proposé une performance intitulée
How to Simulate Eye Contact ?, réflexion sur les faux regards profonds qu’adressent certaines stars photographiées. Prenant pour exemple Freddie Mercury, Olivia Newton-John ou encore Michael Moore, Darius Mik¨ys a invité les visiteurs à reproduire ce regard trompeur à l’aide de leur main, d’une feuille de papier roulée en longue-vue et d’une image projetée au mur. Lorsqu’ils parvenaient, par juxtaposition, à voir le rideau à travers leur main, le but était atteint.
L’½uvre de Flávia Müller Medeiros évoque elle aussi la communication. A Marseille, une vidéo montrait Irka, la jeune étudiante biélorusse au c½ur du projet de l’artiste, arrivant dans la capitale anglaise. Les petits livrets, sorte de carnet de bord de cette démarche de longue haleine, prolongent ici la présence de la jeune femme. Interrogeant des mots comme la « libre circulation » dont se vante l’Union européenne et leur réalité,
Irka relate aussi bien des réflexions proches du journal intime que les discussions des deux amies autour du projet Holiday In, faisant de la demande la matière de l’½uvre.
Olivier Bragg et Juozas Laivys, quant à eux, exposent des pièces semblables (ou quasiment) à celles de Marseille, dans une disposition identique (dans deux angles opposés). Les deux artistes partagent la volonté de créer leur ½uvre, de la susciter en agissant sur la réalité. La série de gravures de Juozas Laivys, qui n’était pas encore dotée de son guide(1), est annotée au crayon papier, rapportant au spectateur les actes à l’origine des ½uvres. Sur une des images rapportées de Paris par Oliver Bragg, le carton
« Some guy, 1981-2007 », scotché sur une poubelle du cimetière du Père Lachaise, est un acte revendiqué, tombe métaphorique et protestataire de l’artiste.
Le
Sidetracker de Quentin Armand, télescope indiquant cinq directions (dont le
« puerto escondido », « but escompté » tant redouté) pointe vers une verrière. Dans le viseur, du blanc : le but n’est pas la destination, mais le trajet lui-même, ici celui de l’imagination portée vers d’autres lieux. Peut-être est-il pointé vers la Lituanie, pays d’accueil de l’artiste pendant le projet, et où se tiendra la dernière rencontre autour d’Holiday In, à suivre le 21 novembre sur mouvement.net.
1.Voir la description de l’½uvre de Juozas Laivys dans « L’acte pour l’art », Holiday In épisode 1/3
Date de publication : 23/10/2007
Mots-clés : Holiday in, déplacements, galerie gasworks, art visuel
Inséré le : 24/10/2007 10:23
http://www.gasworks.org.uk
Thèmes : arts visuels, arts plastiques,