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Des journées entières dans les arts

Rencontre avec le metteur en scène Jan Decorte

Chapeau : Jan Decorte est une figure centrale du théâtre contemporain, mais son travail radical et « révolutionnaire » reste pourtant méconnu hors des frontières de la Belgique. En refusant de s’astreindre au travail, en s’octroyant le luxe de la rêverie, ce « barbare culturel » a bâti depuis trente ans une œuvre unique. Rencontre, à la veille de la création de Müller/Traktor au Kaaitheater.

Source : Les éditions du mouvement (http://www.mouvement.net)

Genre : entretien (Mots-clés : )

Genre Ressource : entretien

Rubrique : Espace critique

Jan DECORTE artiste
Florent DELVAL rédacteur

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Texte : En arrivant au De Markten, le café bruxellois où à longueur de journée on passe saluer Jan Decorte et Sigrid Vinks, je m’excuse de mon retard, sachant combien est précieux le temps qui précéde une création. Tous deux se regardent alors, esquissent un sourire : « Tu sais, il n’y a pas de problème, on ne travaille pas beaucoup… » Le ton est donné, et connaissant le personnage, il se pourrait qu’il ne s’agisse pas tout à fait d’une blague.
Bien qu’il occupe une place centrale dans le paysage artistique belge, au même titre que Chantal Akerman, Jan Fabre, Anne Teresa De Keersmaeker – des artistes avec lesquels il a d’ailleurs collaboré –, le travail de Jan Decorte demeure peu connu à l’étranger. Amateurs ou spécialistes vous répondront en général connaître vaguement son nom, mais n’avoir jamais rien vu de lui. Le néerlandais, il est vrai, constitue une barrière linguistique de taille pour la réception de ce travail, d’autant plus que Decorte est hostile au surtitrage, qui selon lui porte préjudice au texte. Si quelques personnes le connaissent hors des frontières de son pays, c’est surtout pour sa prestation à Avignon, où il fut invité par Jan Fabre à jouer
Dieu et les esprits vivants, une pièce en français. Mais le fameux climat de polémique qui avait entouré cette édition 2005 du Festival a sans nul doute brouillé l’accès du public aux œuvres. Commentaire : « On est arrivé là-bas, on a fait notre travail. Il faisait beaucoup trop chaud et on n’a rien été voir du Festival. » On pourrait prendre Jan Decorte pour un provocateur, mais il n’en est rien. Il est, selon ses propres termes, un « barbare ». Un barbare est un être indépendant qui n’a aucun devoir ni obligation. C’est un luxe qu’il s’est octroyé au fil des années et qu’il revendique, un peu comme Heiner Müller, dans un contexte différent, revendiquait le droit aux cigares, au whisky et aux voitures de sports.
« Dis, avant de commencer, peux-tu mettre une serviette sous ton verre, je n’aime pas quand il y a des traces sur la table »… Décidemment, l’entretien ne s’engage pas une voie habituelle. Je range mes références et les questions que j’avais préparées…

Date de publication : 25/10/2007


Mots-clés : théatre contemporain,
Inséré le : 24/10/2007 12:41
Müller/Traktor, spectacle en néerlandais sur des textes de Heiner Müller, ms. Jan Decorte du 24 au 31 octobre au Kaaitheater, Bruxelles. - http://www.kaaitheater.be

Thèmes : théâtre, théâtre contemporain,