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Grand dehors plasticien

Le grand dehors d’Emmanuel Huynh

Chapeau : Dans Le grand dehors, Emmanuelle Huynh sculpte les consistances d’une danse de l’extériorité, tenue au bord du vide. Crée à Angers le 9 octobre 2007, la pièce est jouée au Centre Pompidou dans le cadre du festival d’Automne.
Date : Le grand dehorsa été créé le 9 octobre au Quai à Angers, et sera programmé au Centre Pompidou du 14 au 17 novembre, dans le cadre du Festival d’Automne.

Source : Les éditions du mouvement (http://www.mouvement.net)

Genre : compte-rendu (Mots-clés : )

Genre Ressource : compte rendu

Rubrique : Espace critique

Emmanuelle HUYNH chorégraphe
Gérard MAYEN rédacteur

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Texte : Au fil du travail de studio, chaque processus de création de pièce laisse derrière lui « son cortège de danses non choisies, non retenues, perdues » relève Emmanuelle Huynh. La chorégraphe précise : « Je me demande aujourd’hui ce que ces danses ont vu que je n’ai pas vu à l’époque. En effet, d’autres gestes, d’autres cris, d’autres transformations, violences ou grâces ont fait le monde à ce moment-là. Je suis sûre qu’ils sont entrés dans les gestes mais mon attention ne s’est pas fixée là-dessus sur le moment ». Et aujourd’hui, la pièce Le grand dehors se saisit des traces d’une danse perdue. Dehors, c’est ailleurs. Pièce exigeante, intense et suspendue, Le grand dehors se cogne magistralement à l’irréductible espacement de l’inscription du geste.
Trois âges s’y succèdent. Le premier maintient la scène dans une pénombre extrême. Les danseurs, fantomatiques, évoluent dans l’informe et la disproportion, sous de gigantesques voiles qui recouvrent indistinctement le plateau et les corps. On songe à Mùa< /i>, solo par lequel Emmanuelle Huynh, en 1994, posa un acte fondateur des nouvelles tendances chorégraphiques œuvrant à la déconstruction de la représentation spectaculaire. Un doute abyssal y inquiète l’effectivité perceptive, étirant les limites spectrales entre apparition et disparition. Mais aujourd’hui Le grand dehors déploie cela avec toute ampleur.
Au second âge monte la lumière, baignant une ronde des cinq interprètes (parmi lesquels la chorégraphe). Tous, filles et garçons, sont torse nu. Il y a là une neutralisation plastique, un effet de page blanche, un accent mis sur la matérialité globale des présences. Le regard s’y redresse, se suspend, opère sa saisie scopique par larges bandeaux : les hauts, les bas. La ronde est inégale, inconstante, menacée par l’abandon du poids des corps les uns vers les autres, à la renverse, ou aspirés à l’horizontale, se soutenant, se repoussant, par flux contradictoires, intensités contrariées, haut péril et nécessité de se tenir ensemble, au bord de la brisure ; et d’y revenir, inscrire, et composer encore.

Date de publication : 30/10/2007


Mots-clés : danse contemporaine, le grand dehors, trois âges
Inséré le : 30/10/2007 15:07
Thèmes : danse, danse contemporaine,