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Les crimes de l’amour
Retour sur le festival Mettre en scène à Rennes
Chapeau : Au TNB de Rennes, Mettre en Scène présentaient notamment deux mises en scène de l’ambivalence du lien incestueux, refus, déni de l’origine et point de passage obligé pour toute quête de soi : Stanislas Nordey, avec
Incendies de Wajdi Mouawad, et Patrica Allio avec
Le Sang des rêves, d’après un roman de Kathy Acker.
Source : Les éditions du mouvement (
http://www.mouvement.net)
Genre : compte-rendu (Mots-clés : )
Genre Ressource : compte rendu
Apparence :
Rubrique : Espace critique
Kathy ACKER écrivain
Patricia ALLIO Metteur en scène
Wajdi MOUAWAD écrivain
Stanislas NORDEY Metteur en scène
Marguerite Duras écrivain
Mari-Mai CORBEL rédacteur
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Texte : Ce mois de novembre 2007, deux metteurs en scène invités à Mettre en Scène, au TNB de Rennes, ont choisi des textes explicites sur la prégnance du lien incestueux, pour dire les folies de notre temps. Stanislas Nordey – avec
Incendiesde Wajdi Mouawad – et Patricia Allio – qui, avec
Le Sang des rêves, adapte
Sang et stupre au lycée, un roman de Kathy Acker – exposent deux manières de voir l’inceste, suivant des choix plastiques différents, mais qui traduisent également cette nécessité intemporelle du récit, de la parole et de l’esthétique, de la quête de soi, pour réagir au désastre de la motion incestueuse.
La tragédie ½dipienne au c½ur de la modernité politiqueAvec
Incendies, pièce créée en 2003 au Meylan (Grenoble) par l’auteur et joué jusqu’en 2006, Stanislas Nordey met en scène une réactualisation contemporaine de la tragédie ½dipienne. L’intrigue est nourrie d’influences littéraires explicites ou non. Outre le mythe d’¼dipe, on peut aussi y reconnaître, en filigrane, La Pluie d’été de Marguerite Duras : derrière ces personnages principaux que sont Jeanne et Simon(1), jumeaux ayant comme « poussés » tout seuls, l’une mathématicienne, l’autre boxeur – mais aussi dans le style de jeu insufflé par Stanislas Nordey, qui peut évoquer l’écriture durassienne, sa régularité lente et sa précision, comme cette manière d’affirmer une dignité par l’action de dire.
C’est le parcours de Jeanne et Simon qui donne au texte son énergie dramaturgique. Au départ de la pièce, tous deux croient en une individualité moderne qui se constitue à partir d’elle-même, indépendamment de son origine, de façon autonome. Ils ont grandi outre-Atlantique, sont bien éduqués. Mais leur mère, Nawal, est d’ailleurs ; elle est d’une autre langue, orientale, de ce là-bas déchiré par la guerre depuis plus de trente ans et dont elle est revenue mutique. La tragédie incestueuse se déroule ici sur fond de guerre, et si l’origine libanaise de l’auteur fait déduire que la guerre du Liban en constitue l’arrière-plan, le texte ne le précise pas ; il est bien question de camps de réfugiés, d’un orphelinat, d’un tribunal pénal international, de villages aux noms arabes, d’un exil au Canada, mais la pièce se détache imperceptiblement du plan réaliste. C’est dans cet écart que la fiction peut se tenir et parler de toute guerre, ou de
la Guerre.
Date de publication : 21/11/2007
Mots-clés : inceste, Oedipe, Liban, Etats-Unis, politique, sexe, mort, guerre, théâtre, performance, famille, identité sexuelle
Inséré le : 22/11/2007 11:48
le site du TNB -
http://www.t-n-b.fr/festival