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Trajectoires du devenir

Festival Danse d'ailleurs, du 3 au 8 décembre à Caen et Cherbourg

Chapeau : A l'occasion de la publication d'un cahier spécial en partenariat avec le festival Danse D'ailleurs, mouvement.net vous propose de lire l'édito de Gérard Mayen.

Source : Les éditions du mouvement (http://www.mouvement.net)

Genre : édito (Mots-clés : )

Genre Ressource : édito / chronique

Genre Agenda : danse

Apparence :

Gérard MAYEN rédacteur

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du 05/12/2007 00:00 au 08/12/2007 00:00
Salle : Centre Chorégraphique National de Caen
10, rue Pasteur
02 31 85 73 16
Caen 14 000 France (Nord-Ouest)




Texte : Joséphine Baker est la liane qui cache une forêt d’oubli. Dans la France d’avant-guerre du siècle dernier, c’est par milliers que des artistes exotiques se bousculèrent, de revues en bals nègres et autres cabarets. Ils déclenchaient l’enthousiasme du plus grand nombre, ivre d’expansions impériales. Ils s’attiraient aussi la curiosité des fins esprits, soucieux de révolutions artistiques. Ces artistes, danseurs pour la plupart, prirent des options esthétiques très diverses, allant de l’entretien d’une tradition proclamée aux hybridations toutes novatrices.

Un siècle plus tard, notre emballement en faveur des nouvelles danses
de création venues d’Afrique est-il foncièrement différent ? Qu’est-ce qui distingue, au bout du compte, les artistes qui prospéraient dans le Paris des années 1920 et 1930, de ceux aujourd’hui programmés à Caen par le festival Danse d’ailleurs ? Les artistes évoqués plus haut tentaient leur chance. Quelques-uns parvenaient à s’insérer dans le marché des arts de la scène en métropole, et faire carrière d’artiste international.

Dans un monde aujourd’hui livré à des flux technologiques et marchands
impétueux, la circulation des représentations est autre. Il est impossible de rêver que les paramètres de la vie éprouvés à Nairobi
ou Ouagadougou ne soient pas contemporains. La notion même de
contemporanéité est à soupeser, tant elle réfère à la seule échelle
de la temporalité, et risque de réduire ses espaces mentaux sur
quelques focus parisiens, new-yorkais ou berlinois. « Contemporain »
est un mot qui échoue à rendre compte de l’essentiel de la l’actuelle
mutation, qui se joue principalement sur des perspectives d’espace :
les trajectoires imaginaires ont cessé d’adhérer à des territoires
fixés. Elles se recoupent, se recouvrent, se connectent. L’Afrique habite et produit un paysage mondial vivant.

Ses artistes chorégraphiques contemporains marchent, créent, aussi
bien dans les rues et salles de Bamako ou Maputo, que dans les CCN ou
festivals de l’Hexagone. Pour échapper à une circulation exagérément
inégale et bipolaire, les chorégraphes d’Afrique aujourd’hui créent
des centres de développement dans leurs propres pays, donnent des
cours, constituent des publics. Ils irriguent leurs terrains, hybrident leurs options ; ils ont des gestes pour traverser des mondes. Fût-ce avec d’immenses difficultés. La troisième édition de Danse d’ailleurs profile des angles de vue divers et renouvelés, sur des trajectoires d’un devenir post-contemporain.

Danse d’ailleurs, festival de danse contemporaine.
Caen / Cherbourg, du 3 au 8 décembre. Tél. 02 31 85 83 95

Date de publication : 21/11/2007


Mots-clés : danse,festival,afrique,clichés,rencontres
Inséré le : 22/11/2007 14:45
http://www.ccnbn.com

Liaison Document :

Thèmes : danse contemporaine,