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« Un bout d'ailleurs »
Entretien avec Isabelle Esposito
Chapeau : Avis aux amateurs de « nuits qui remuent » : Isabelle Esposito et sa compagnie, Les Semeurs, s’engouffrent dans une exploration nocturne des « corps empêchés » issus de leur précédent spectacle,
Penthésilée de bouche en bouche. Vieille nuit, actuellement en création, programmé en janvier à l’Espace 1789 de Saint-Ouen, est à la fois une suite à
Penthésilée… et tout à fait autre chose.
Source : Les éditions du mouvement (
http://www.mouvement.net)
Genre : entretien (Mots-clés : )
Genre Ressource : entretien
Apparence :
Rubrique : Espace critique
Isabelle ESPOSITO chorégraphe et metteur en scène
julie BROUDEUR rédacteur
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Texte : Créé à Mains d’œuvres et à l’Etoile du Nord en 2005, joué à l’Espace 1789 en mai dernier,
Penthésilée de bouche en bouche s’achevait aux portes de la nuit, sur l’image des cinq personnages debout en train de fumer, «
comme au début ou à la fin d’une soirée, précise la metteuse en scène, comme au début ou à la fin d’une histoire». Isabelle Esposito tourne aujourd’hui la poignée de l’une de ces portes et l’ouvre grande. Pour regarder bien en face, entendre, voire prêter voix à des êtres venus d’un autre temps, Moyen-Age mâtiné de Bruegel l’Ancien et de Tiepolo. Des êtres dont la quête éperdue d’une impossible normalité pose au moins une question : «
Et si cet autre, si lointain, si “largué”, c’était moi ? ». Echos et répliques de cette création remuante par la metteuse en scène elle-même, entre deux temps de répétitions.
Vieille nuit ou « deux hommes et trois femmes qui errent »… ?« Tous les auteurs que j’aime en littérature parlent d’errance. C’est quelque chose qui me touche, mon travail n’est que cela : un travail d’écriture avec des corps en errance. Petit à petit, j’affine ces corps. L’espace pose des problèmes que j’essaie de résoudre. Après, cette errance, qui peut aussi avoir des liens avec l’ennui, la mélancolie, des choses comme ça, je dois la structurer, la sculpter.
Ces cinq personnages sont proches des polichinelles de Tiepolo et de la commedia dell’arte. Un des objectifs de cette création est d’inventer cinq corps différents, je dirais même "poétiques". Et, pour la première fois dans mon travail, ils parlent. Dans le
Penthésilée de bouche en bouche, ils “étaient parlés”, ce qui est très différent.
Pourquoi cette attirance pour l’errance, qui serait donc liée à la mélancolie, à l’ennui ? D’où vient elle ?« C’est comme une espèce de pendant au fait qu’on est beaucoup dans l’agitation. Peut-être qu’intérieurement, j’ai besoin de temps de latence, de travailler là-dessus, parce que je pense que c’est ça le fondement. Quand je suis seule, par exemple, chez moi, en secret, c’est là que "ça construit", les spectacles viennent ensuite. S’il n’y a pas de retrait, une personne dans sa chambre, la solitude en fait, il n’y a rien.
Date de publication : 05/12/2007
Mots-clés : errance, théâtre, ennui,
Inséré le : 05/12/2007 10:22
Thèmes : théâtre,