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Théâtre des métamorphoses
Robert Lepage
Chapeau : Depuis plus de vingt ans, Robert Lepage remet en question les normes théâtrales. Entre transformations organiques et mécaniques, le Québécois conçoit le théâtre dans un mouvement perpétuel, voyage entre histoires individuelles et drames planétaires.
Source : Les éditions du mouvement (
http://www.mouvement.net)
Genre : entretien (Mots-clés : )
Genre Ressource : entretien
Apparence :
Rubrique : 45
Robert LEPAGE auteur-metteur en scène
Jean-Louis PERRIER rédacteur
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Texte : Biographie /
Auteur, acteur, metteur en scène, scénographe, Robert Lepage est né à Québec en 1957. Reconnaissance internationale avec La trilogie des Dragons
(1985, reprise en 2003). Fonde sa compagnie, Ex Machina, et grand œuvre : Les sept branches de la rivière Ota
en 1994. De la Caserne Dalhousie, son centre de production pluridisciplinaire à Québec, sortiront Zulu Time
(1999), des spectacles solo comme La face cachée de la lune
(2000) et Le projet Andersen
(2005), et sa dernière grande création : Lipsynch,
un projet de sept heures dont cinq ont été présentées en juin au festival TransAmériques à Montréal. Robert Lepage a également mis en scène des opéras (Bartók, Nyman, Berlioz), le World Tour de Peter Gabriel, et réalisé des films, comme Le confessionnal (1994) ou Possible Worlds (2000).
Robert Lepage ne cesse de tirer le théâtre hors de ses retranchements spatiaux, temporels, énergétiques traditionnels par les jeux d’un artisanat de haute technologie qui donne à l’acteur des ressorts nouveaux, à la scénographie une mobilité inédite, à la dramaturgie les accélérations et les ralentis de moteurs lancés au service du sensible. Les trouvailles lepagiennes ont renouvelé le présent de scène, lieu de simultanéités inattendues caressant l’idée d’ubiquité. Acteurs et machines sont engagés ensemble dans la recherche de correspondances, de rebondissements inattendus où l’image et l’objet épaulent le corps et le verbe dans une narration qui revendique son appartenance au mélodrame. Robert Lepage néglige les héros nés plus grands que nature pour ceux qu’il arrache, avec beaucoup de lui-même, à la rue, à la négligence, à l’ignorance ou à l’aveuglement de nos contemporains pour éclairer leur « face cachée », et la faire croître sous nos yeux. Deux de ses dernières créations (
Le projet Andersen et
Lipsynch) confirment le romanesque de ses personnages, au service d’un théâtre de formation ou, mieux, de « trans-formation ». Le préfixe est autant celui des traversées dont la scène est le rendez-vous que celui qui anime les
transformers, ces jouets où toute forme est habitée par d’autres, qui surgissent par redéploiements successifs. Tel est en effet le théâtre de Robert Lepage, le récit de déploiements et de redéploiements incessants, où la mécanique disparaît dans ses métamorphoses successives pour livrer et délivrer du vivant, passer et repasser des frontières et des lignes au profit de la libre et intense circulation des formes.
Date de publication : 20/09/2007
Mots-clés : transformations organiques, mécaniques, mouvement, histoires individuelles, drames planétaires
Inséré le : 18/12/2007 17:05