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L’Opéra mis en selle
Entretien avec Gérard Mortier
Chapeau : A la tête de l’Opéra de Paris depuis septembre 2004, Gérard Mortier dirige ses deux dernières saisons avant de prendre la direction du New York City Opera. Première tentative de bilan pour celui qui s’interroge sur la
« forme-opéra » et se soucie de sa transmission.
Source : Les éditions du mouvement (
http://www.mouvement.net)
Genre : entretien (Mots-clés : )
Genre Ressource : entretien
Rubrique : 45
Gérard MORTIER Directeur Artistique
Jean-Marc ADOLPHE rédacteur
David SANSON rédacteur
Texte : A deux ans de votre départ programmé, quel bilan dressez-vous de votre action à l’Opéra de Paris ?« C’est une lutte permanente. Avant une nouvelle production, je suis toujours aussi nerveux ! Mais c’est une nervosité positive… Chaque soir de première, nous entrons dans l’arène pour défendre une conception du théâtre. Cependant, en particulier depuis le
Don Giovanni mis en scène par Michael Haneke, je sens qu’une communauté s’est formée autour de nous à Paris… Mais il faut être lucide : il y a des choses que j’ai réussies, d’autres moins, avec un rythme de neuf productions par an, c’est inévitable. Après
L’affaire Makropoulos mis en scène par Krzysztof Warlikowsi,
La Traviata de Christoph Marthaler, la création de
Da Gelo a Gelo de Salvatore Sciarrino, nous avons accueilli la création d’Emir Kusturica !
J’ai encore deux saisons devant moi, et j’ai besoin de ces deux saisons pour confirmer mon projet. Au terme de ces deux ans, si tout va bien, je pense que l’Opéra aura placé la barre assez haut. J’ai fait des choix très précis – ne pas faire d’opéra baroque, mettre l’accent sur la musique du XXe siècle –, j’ai invité les metteurs en scène les plus novateurs, mais également beaucoup de jeunes chanteurs. Et je crois avoir réussi à amener à l’Opéra de Paris un public de mélomanes qui existait déjà mais ne le fréquentait pas – celui des concerts de musique contemporaine –, mais aussi une partie du public de théâtre.
Mais encore une fois, attendons deux ans avant de dresser un vrai bilan. Il y a tellement d’incertitudes : avec le changement de gouvernement, quelles décisions vont être prises sur le budget de la culture ? La France est un pays qui a toujours donné de l’importance à la culture : c’est une situation qui, aux yeux d’un étranger comme moi
[Gérard Mortier est né en Belgique flamande, Ndlr.], reste privilégiée, et il serait très dommage qu’elle la perde. Mais il est certain qu’on investit souvent dans la pierre, et pas assez dans la matière grise. L’éducation artistique pour moi une absolue priorité, en faveur de laquelle je plaide beaucoup.
Date de publication : 22/09/2007
Mots-clés : Opéra, mlise en scène, politique, culture
Inséré le : 04/01/2008 15:47