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Le signe obscur du scorpion
Sarah Fauguet et David Cousinard exposent à Paris
Chapeau : A l'occasion de la prolongation de l'exposition de Sarah Fauguet et David Cousinard jusqu'au 29 février à la Galerie Anton Weller - Isabelle Suret, Mouvement.net vous propose de relire le compte-rendu d'Alain Berland, publié le 13 décembre 2007.
Source : Les éditions du mouvement (
http://www.mouvement.net)
Genre : brève (Mots-clés : )
Genre Ressource : brève / notice
Genre Agenda : arts visuels
Apparence :
Rubrique : 2008
David Cousinard artiste plasticien
Sarah Fauguet artiste plasticienne
Alain Berland rédacteur
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du 23/11/2007 00:00 au 29/02/2008 00:00
Paris 75006 France (Ile-de-France)
Texte : Suspendu au mur, face à la porte d’entrée, un blason est la seule touche de couleur visible de l’exposition de Sarah Fauguet et David Cousinard. L’écu qui le supporte est un énorme bouclier recouvert de peinture bleu et marron sur lequel est sculptée une forme organique difficilement identifiable. On sait qu’au Moyen-Age le bouclier servait à protéger le guerrier, à l’identifier, mais aussi à impressionner l’adversaire. Impressionner, au sens d’inquiéter, c’est l’effet que produisent les différents travaux des deux jeunes artistes. Que ce soit avec
Checkpoint, une œuvre de six mètres sur quatre présentée au Printemps de Septembre en 2007, ou encore avec
SAS, une cage d’ascenseur close de près de trois mètres de haut, exposée à La Générale à Paris, en 2006. Chez Fauguet et Cousinard, les œuvres contiennent toujours une large part de mystère et de dangerosité. Elles imposent leur présence par leurs dimensions et volume, mais aussi à l’aide d’un paramètre peu exploité dans l’art contemporain : l’odorat.
Devenus experts dans l’usage du bois, les artistes utilisent un matériau de prédilection, un bois pauvre, l’aggloméré, composé en plaques sous pression à partir de particules de bois, qui a la particularité d’avoir à l’état brut une odeur chaude très particulière, un peu irritante. Pour cette exposition, l’agglo est omniprésent, il est un parement intérieur au parfum étouffant conçu à l’aide de dalles qui recouvrent les murs et une partie importante du sol. Il est aussi le matériau unique qui compose les œuvres formant l’installation. Parfois et volontairement, les artistes ont laissé au sol de la poussière de bois qui finit par se volatiliser et tout recouvrir, à l’exemple du blason coloré devenu une surface tantôt mate, tantôt brillante. « Toute l’installation est conçue comme une invasions de parasites, expliquent-ils.
Que ce soit les dalles qui peuvent se dupliquer et se déployer à l’infinie pour envahir les parois ou encore les quatre œuvres objets qui s’approprient le lieu : l’écu, la cuve baptismale, la porte de coffre-fort, et surtout le pilier totem qui se ramifie et semble soutenir le plafond. Nous utilisons, pour créer une unité dans le dispositif, l’aggloméré, qui a l’apparence d’un matériau doux et modeste mais qui est très lourd, pénible à travailler, avec des particules volatiles, utilisé habituellement pour isoler, et aussi pour étouffer le son. Le dispositif est moins architectural que d’habitude, plus pictural avec la porte blindée devenue une sorte de fresque murale tandis que le blason fonctionne comme un tableau. »
Cet ensemble sculptural composé d’objets de pouvoirs, de symboles d’autorité donne à voir un environnement totalitariste qui n’aurait pas pour unique but de contrôler l’activité des hommes, mais qui s’immiscerait dans la sphère intime de la pensée. A l’exemple du fond baptismal ou du totem qui, observé attentivement, ressemble à un scorpion, un invertébré géant faisant le poirier, dont les pinces s’appuient sur le sol et la queue au plafond. C’est cet animal qui donne son nom à l’exposition, le Pandinus Imperator, le plus gros scorpion du monde.
Pandinus Imperator, exposition de Sarah Fauguet et David Cousinard, du 23 novembre au 29 février à la Galerie Anton Weller - Isabelle Suret, 9, rue Christine, VIe. Tél. 01 43 54 56 32
Date de publication : 09/01/2008
Mots-clés : exposition, matériau de prédilection, bois, espace, totalitarisme
Inséré le : 09/01/2008 14:37
http://www.anton-weller.com
Thèmes : arts visuels,