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Conversation Pieces
Chapeau : En décembre dernier, le collectif hollandais LISA proposait à Utrecht un festival à l’agencement inédit, d’une grande simplicité formelle, mais pourtant audacieuse. Comme par un effet de montage, LISA articule ensemble des œuvres qui ne sont plus séparées par des temps morts, mais qui fonctionnent selon un réseau de signes.
Date : Le festival
LISA live(s) in Kikker s’est tenu du 19 au 22 décembre 2007 à Utrecht, Pays-Bas.
Source : Les éditions du mouvement (
http://www.mouvement.net)
Genre : présentation (Mots-clés : )
Genre Ressource : compte rendu
Rubrique : Espace critique
Florent DELVAL rédacteur
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Texte : La danse contemporaine est un art encore jeune. Bien sûr, son histoire est aussi ancienne que les avant-gardes du XXe siècle, mais sa relative marginalité et son manque de moyens ne lui ont pas permis de se développer de manière plus exponentielle que les arts visuels par exemple – du moins en termes de structure, de contexte et d’économie... Ce pourrait être un atout, un gage de vivacité, de mobilité, pourtant la danse est souvent à la traîne. Par exemple, rares sont les initiatives qui amènent à reconsidérer les dispositifs de présentation. Les festivals de danse sont encore, pour la plupart, des linéaires où l’on trouve, juxtaposées, les dernières productions en date. Le dialogue entre les œuvres est souvent minimal, voire inexistant. Pourtant l’accrochage est une question qui a depuis fort longtemps atteint sa maturité critique. Bien sûr, quand un spectacle se déploie dans le noir d’une salle, il devient centre unique de toutes les attentions, tandis qu’un parcours d’exposition doit compter avec la coprésence de divers œuvres sous la même lumière. La question est donc moins prégnante sur une scène, mais elle existe tout autant. C’est peut-être en explorant cette voie que le collectif LISA a eu l’idée du mini festival qu’il a organisé au théâtre Kikker à Utrecht en décembre dernier.
S’ils se définissent comme collectif, les membres de LISA n’ont pas l’habitude de parler à l’unisson. Ainsi, leur seule véritable réalisation commune,
Structure Multifonction, pour le Klapstuk Festival (qui se tient à Louvain en Belgique) en 2005, était un espace de circulation ouvert et non un spectacle signé par un groupe.
« Nous n’avons jamais fait de pièces tous ensemble et signées LISA, explique Ivana Müller,
car ce groupe existe surtout pour qu’on dialogue entre nous.» La forme du dialogue est peut-être la matrice qui a servi de modèle à l’événement d’Utrecht. Non seulement les pièces se répondaient selon un habile système de réflexion et de diffraction, mais de nombreuses strates, anodines ou profondes reliaient entre elles les différentes propositions et journées. Car le
dia- de « dialogue » ne signifie pas
deux ; dialoguer, ce n’est pas jouer au ping-pong, c’est parler
à travers, traverser par la parole. Le principe du festival est simple et pourtant d’une grande richesse : chaque soir, un des membres du collectif associait une de ses pièces à celle d’un artiste invité, tandis qu’un autre répondait à cette proposition initiale, sur scène, de manière performative. Comme dans un montage cinématographique, c’est dans l’intervalle entre les images que ça travaille.
Date de publication : 30/01/2008
Mots-clés : collectif, réseau de signes, montage
Inséré le : 23/01/2008 15:37
http://.associationlisa.com/lisa-projects/lisa-lives-in-kikker/