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Artefacts du désir

Le festival Artefact à Louvain

Chapeau : Après Playground, le STUK de Louvain propose un nouveau festival à la programmation passionnante : malgré une ligne directrice des plus floues, Artetact réunit des plasticiens, musiciens, chorégraphes ou metteurs en scène qui ont en commun d’avoir œuvré aux frontières de la performance.
Date : > Festival Artefact, du 12 au 17 février au STUK, Centre d’Art de Louvain (Belgique).

Source : Les éditions du mouvement (http://www.mouvement.net)

Genre : brève (Mots-clés : )

Genre Ressource : brève / notice

Genre Agenda : événement / festival

Apparence :

Rubrique : 2008

Florent DELVAL rédacteur

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du 12/02/2008 00:00 au 17/02/2008 00:00
Louvain Belgique



Texte : Quelques mois après Playground, le STUK propose un autre festival à la programmation audacieuse : Artefact. Playground invitait les arts plastiques sur scène : Dora Garcia, Erwin Wurm, Yael Davids, la reprise d’une performance historique du peintre Guy de Cointet… Pierre Bal-Blanc, directeur du fameux CAC Bretigny, donnait à son exposition la dynamique d’un spectacle, une proposition corollaire à celle de la Biennale de Lyon, où il invitait Annie Vigier et Franck Apertet dans l’espace muséal. Bref, on sait depuis longtemps qu’il se passe des choses à Louvain.
Artefact s’avance sur un terrain plus flou que son prédécesseur. La plaquette, déclinant concepts et thèmes généraux, essaie de donner l’illusion d’un tout homogène. Mais le texte de présentation est à ce point large qu’il est difficile d’y accorder quelque crédit : quelle production artistique en effet n’est pas un artefact ? Qu’importe cette rhétorique curatoriale à laquelle personne ne prête guère attention, si les œuvres présentées sont de qualité…
Il semble tout de même que les certaines propositions tiennent entre elles et s’organisent autour d’une intuition commune. On pourrait ainsi distinguer quelques lignes de forces. En fouillant dans le passé de certains des artistes présents, on se rend compte que beaucoup ont peu ou prou trempé dans la performance ou la scène : Irina Botea, le plasticien Julien Maire, Spencer Finch (qui a signé les lumières des Three Atmospheric Studies de William Forsythe notamment), Chris Ziegler… Il serait donc intéressant de voir si les objets présentés en gardent quelques traces de ces corps en action.
Mais on mentirait par ailleurs si l’on affirmait que les œuvres, dans les festivals, ne sont pas avant tout considérées dans leur singularité par les spectateurs et que l’intertextualité ou le dialogue n’ont en général que des échos mineurs. On se déplace pour un spectacle et on assiste en sus à un concert… Ainsi si l’on pourra voir, la même soirée que Rabih Mroué, un concert Scelsi interprété par un orchestre assez peu académique (formé notamment des guitaristes expérimentaux Oren Ambarchi, Keith Rowe…), ou opter pour le trop peu connu James Tenney… Ou encore visiter l’expo et assister à l’une des représentations du Salut für Caudwell de Xavier Leroy, pierre de touche de son cycle sur le geste musical (ici avec le compositeur Helmut Lachenmann). Si vous êtes d’humeur plus légère, vous pourrez vous réjouir du retour de Kim Hiorthoy, sept ans après la parution de son album précédent.....
Entendons-nous bien, si l’on fait fi de l'emballage, Artefact propose une programmation passionnante. Il faut juste rester un peu critique envers une certaine pratique de la programmation, qui n’aident pas toujours le spectateur à sortir de son statut de simple consommateur culturel.

Date de publication : 30/01/2008


Inséré le : 30/01/2008 15:11
le site du Stuk - http://www.stuk.be