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Forcer le soleil

« Global Sunset ».Exposition du 31 janvier au 8 mars 2008

Chapeau : Avec « Global Sunset », Olivier Dollinger poursuit son questionnement sur les sentiments humains. La Vitrine accueille cet artiste insolite,qui en transforme l’espace pour y suggérer le manque de repères d’un individu, convoqué incessamment dans un tourbillon saturé d’informations.
Date : La Vitrine, à Paris

Source : Les éditions du mouvement (http://www.mouvement.net)

Genre : compte-rendu (Mots-clés : )

Genre Ressource : compte rendu

Genre Agenda : arts visuels

Apparence :

Rubrique : Espace critique

Olivier DOLLINGER artiste
France Valliccioni rédacteur

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Texte : Le travail d’Olivier Dollinger se fait rare en France, aussi son exposition à la Vitrine est-elle l’occasion de retrouver un artiste dont l’½uvre emprunte de nombreux supports : performances, vidéo installations, sculptures, photographies ainsi que des pièces sonores dans lesquelles il excelle. On se souviendra en effet de Wilderness, chanson de Joy Division réduite à ses fréquences sonores et agitant de soubresauts une nappe de paillettes déposée sur des enceintes. (Screen memory – Galery Toxic, Luxembourg -2007).
Poursuivant un travail d’interrogation des sentiments humains en forçant les systèmes qui l’entourent à défaillir, il s’empare aujourd’hui de l’espace de la Vitrine et le transforme en un non lieu, somme d’espaces et de dimensions différentes. Avec Global Sunset, il y suggère par l’absence un individu privé de repères, isolé en lui-même, pris dans les faisceaux croisés d’un imaginaire collectif surinvesti et d’échanges dématérialisés.

Sol et plafond peints en noir, murs latéraux blancs, la salle d’exposition hésite entre plate forme de jeu vidéo, décor de tournage, rampe de lancement de vaisseau, ou bien salle de cinéma « a minima ». Un ensemble de trois pièces y composent un dispositif à réminiscence qui substituerait au film son ossature, décors, lumières et sons.
S’imposent tout d’abord à la vue trois rocs massifs de polystyrène grossièrement taillés et posés à même le sol noir. Ils reproduisent à échelle réduite Monument Valley, paysage mythique américain synonyme de virginité des grands espaces, devenu au fil de l’histoire du cinéma, un cliché surexploité. Les trois rocs ont prêté leur silhouette à tous les genres, passant du cinéma à la télévision, jusqu’aux jeux vidéos. Dollinger oppose à ce surinvestissement la blancheur dépouillée d’un matériau bas de gamme. Les sculptures sont empreintes de weight gainer une poudre protéinée qu’utilisent les culturistes, un registre familier à l’artiste. Il nous les suggère tels de monstrueux athlètes artificiellement gonflés. Ironiquement, cette poudre est le seul élément naturel (organique) au c½ur de ce faux désert d’Arizona. Laconique, le titre de l’ensemble se borne aux coordonnées topographiques du lieu : 37°00'00.23'' N 110°06’00.26’’, ces dernières correspondent également à un point de vue copyrighté par John Ford.

Date de publication : 12/02/2008


Mots-clés : soleil, non lieu, absence, repères
Inséré le : 12/02/2008 18:34
le site de la vitrine - http://www.ensapc.fr/lavitrine

Thèmes : arts visuels,