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Culture du désenfermement
De la clinique de La Borde à L’Anis Gras
Chapeau : A la clinique de La Borde, haut lieu de la « psychothérapie institutionnelle », Catherine Vallon a créé Qui va là-bas? Ce « moment de vie », en visite à l’Anis Gras le 16 février, y sera suivi d’un café-ciné philosophie, avec des textes de Jean Oury et des films amenés par François Pain.
Date : Qui va là-bas?, Mise en scène : Marie Leydier et Catherine Vallon. Mise en musique et voix : Philippe Allée, le samedi 16 février à 16 h ; et Co-Écrire / Café de ciné-philosophie : Désenfermer ? Quels espaces de liberté dans nos sociétés ? le 16 février à 20h / entrée libre , à Anis Gras le lieu de l’autre, à Arcueil.
Source : Les éditions du mouvement (
http://www.mouvement.net)
Genre : édito (Mots-clés : )
Genre Ressource : édito / chronique
Rubrique : 2008
Valérie MARANGE directeur de structure
Jean-Marc ADOLPHE rédacteur
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du 16/02/2008 00:00 au 16/02/2008 00:00
Salle : Anis Gras
55 avenue Laplace
Arcueil 94110 France (Ile-de-France)
Texte : « La plupart des gens sont enfermés dehors » dit Jean Oury, fondateur de la clinique de La Borde, haut lieu de la « psychothérapie institutionnelle », creuset qui s’essaie depuis plusieurs décennies à combattre l’aliénation dans ses deux dimensions : sociale et mentale. Pour tous ceux qui se soucient, aujourd’hui, de produire des espaces de vie ouverts, par-delà les murs matériels ou immatériels dont se hérissent les territoires et les têtes, rien ne vaudra jamais l’expérience d’un détour par la clinique de Sologne, où règne une « ambiance » -terme également cher à Oury- d’une douceur peu commune, propre à dissoudre les violences de la psychose comme celles de la normopathie. Un lieu aussi étonnant par l’effort de chacun, soignant ou soigné, à penser sa propre existence et expérience, une clinique en quelque sorte philosophique voire existentialiste, dans laquelle Guattari, en voisinage amical avec la pensée d’Oury, développa aussi sa propre philosophie.
Un petit bout de La Borde en visite à Paris, c’est donc un moment de partage à ne pas manquer par les temps qui courent, qu’accueillent dans une initiative commune anis Gras le lieu de l’autre, à Arcueil ; Confluences à Paris et le Collectif 12 à Mantes-la-Jolie qui se veulent aussi des lieux de décloisonnement et d’accueil ouvert.
La Borde, depuis fort longtemps, a intégré la création comme élément essentiel de la désaliénation, comme effort pour reconstruire un monde d’après la catastrophe, individuelle ou collective. Pas de santé mentale sans expression des pulsions créatrices de l’être humain, pulsion au sens original de la « poussée », de ce qui pousse, comme l’herbe, dans la « zone du pré », pré-représentatif, pré-discursif. Depuis près d’un an Catherine Vallon, par ailleurs résidente à anis Gras, metteur en scène particulièrement attentive à cette dimension de la sous-jacence comme à celle de l’échappée (voir ses créations de
l’Errant des rangs et de
Des rangées à Anis gras, La Villette et l’Echangeur), travaille depuis mai 2007 à La Borde avec les moniteurs et pensionnaires, avec Marie Leydier en charge du théâtre au club de la clinique, pour une pièce créée là-bas le 15 aout dernier : Qui va là-bas ? Montage de textes théâtraux autour du thème du voyage, de l’exil et de l’errance, de scènes muettes donnant à voir les jeux du placement et du déplacement, de l’évitement et de la rencontre, et d’un répertoire de chansons populaires adapté et dirigé par le musicien Philippe Allée, composent deux heures de promenade délicieuse, parcours bien réglé mais toujours ouvert au débordement aléatoire. Moment de vie à partager plus que représentation théâtrale, son adaptation depuis une clairière de 500m2 dans une salle de 100m2 reste un défi pour lequel sera nécessaire tout le talent des montreurs comme des spectateurs…
Cette expérience sera suivie d’une soirée de rencontres, bouffe, lectures et projections, avec des films apportés par François Pain, réalisateur qui a travaillé dans le voisinage labordien, des textes de Jean Oury extraits de Shizophrénie et création. Ces « rencontres dans le Pré » seront une fois de plus, huit ans après le chantier « Folies aux Laboratoires d’Aubervilliers » l’occasion de solliciter une culture du désenfermement en vue de nouveaux espaces de création et de douceur, territoires d’existence et univers de valeurs résistantes à l’air du temps .
D'après des propos de Valérie Marange (directrice des Rencontres du Pré)recueillis par Jean-Marc Adolphe
Tel. 01 49 12 03 29
Date de publication : 14/02/2008
Mots-clés : psychothérapie, philosophie,
Inséré le : 14/02/2008 10:29
http://www.lelieudelautre.fr