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Matérialiser l’image
exposition de Robert Cahen à la Kunsthaus Baselland
Chapeau : La Kunsthaus Baselland consacre une exposition monographique à l’artiste Robert Cahen. Grâce au choix de cinq installations vidéo réalisées entre 1997 et 2007, elle met en évidence un aspect de l'œuvre du vidéaste: la concrétisation de données immatérielles et les saisies, toujours fugitives, de réalités intangibles
Date : Robert Cahen.
Sculpting Time, Kunsthaus Baselland jusqu’au
Source : Les éditions du mouvement (
http://www.mouvement.net)
Genre : compte-rendu (Mots-clés : )
Genre Ressource : compte rendu
Genre Agenda : arts visuels
Apparence :
Rubrique : Espace critique
Robert CAHEN artiste
Tiphaine Larroque rédacteur
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du 17/01/2008 00:00 au 16/03/2008 00:00
Salle : KunstHaus Baselland
St Jacob-Strasse, 170 (41 32 Muttenz)
Bâle Suisse
Texte : Pionnier français en la matière, Robert Cahen a expérimenté les images vidéo dès les années1970. Après sa formation de musique au sein du Groupe de Recherche Musicale (GRM), fondé en 1958 par Pierre Schaeffer, Robert Cahen a occupé le poste de chef de laboratoire de vidéo expérimentale du Département de Recherche de l'INA entre 1972 et 1976. Dans une époque où la production documentaire domine, l’artiste s’est orienté vers un travail poétique qui présente déjà un certain nombre de préoccupations, de thèmes et de caractéristiques esthétiques qu’il ne cessera de traiter. La variation de la vitesse de l’image, le passage entre l’image fixe et l’image animée, le dialogue entre la vidéo et la peinture ou encore le voyage sont récurrents dans sa pratique. Compositeur, l’artiste travaille l’image comme un son. Aussi, le potentiel d’expression des rapports entre les images et les sons constitue-t-il un élément décisif de son oeuvre.
Suaire (1997), tissu blanc suspendu au dessus de graviers disposés en cercle, évoque ainsi certaines œuvres de Richard Long. La matière renvoie à un lieu chargé de sens, le cimetière. Les contours d'un visage se dessinent doucement, s'affirmant sur le tissu animé par de légères vibrations dues aux déplacements d’air et par l’image projetée d’une eau mouvementée. Tel le voile de Véronique, ce suaire contemporain garde la mémoire de ceux qui ne sont plus là, au rythme du son des pas produit par chaque visiteur marchant sur les graviers. Figuration symbolique du site, les graviers aussi conservent la trace du passage du visiteur avant qu'une autre personne n’y imprime symboliquement son déplacement. Si
Suaire présente une image de l'absence, l'installation
Traverses (2002), exposée dans la même salle, offre un entraperçu de l'identité de l'Autre, impossible à saisir dans sa totalité. Des mouvements de matière vaporeuse blanche sont encadrés comme un tableau de grandes dimensions. Des silhouettes de personnes, d'abord à peine perceptibles, traversent lentement cette matière impalpable mais visible. Dans le silence, elles s'approchent progressivement du regardeur malgré la brume blanche, qui perturbe l'appréciation des distances. Aussi, le lent processus d'apparition menace par moment de s'inverser. Au moment où les traits de leurs visages deviennent plus précis, un regard s'échange entre eux et les regardeurs. Mais cet état de l'image ne reste jamais longtemps projeté sur le mur.
Date de publication : 28/02/2008
Mots-clés : temps, image, autre
Inséré le : 22/02/2008 14:10
http://www.kunsthausbaselland.ch
Thèmes : arts visuels,