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La couleur du souvenir

Machina Memorialis, nouveau spectacle des Rémouleurs

Chapeau : Jusqu’au 2 mars, la compagnie des Rémouleurs pose son théâtre d’images au c½ur de la Cartoucherie de Vincennes. Abandonnant un temps les marionnettes, Anne Bitran donne vie à des souvenirs familiaux exhumés, conviant l’univers musical expérimental d’Albert Marc½ur et les singulières machines lumineuses d’Olivier Vallet.
Date : Machina Memoralis, par Les Rémouleurs et le Quatuor Béla, jusqu’au 2 mars au Théâtre du Chaudron, Cartoucherie de Vincennes. Puis le 29 mars à Nemours, et les 30 avril et 1er mai au Festival Musique Action

Source : Les éditions du mouvement (http://www.mouvement.net)

Genre : compte-rendu (Mots-clés : )

Genre Ressource : compte rendu

Genre Agenda : théâtre

Apparence :

Rubrique : Espace critique

CIE LES REMOULEURS compagnie de théâtre
quatuor Béna groupe de musique
Julie BORDENAVE rédacteur

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Texte : Quelle est la saveur, la texture, la couleur des souvenirs ? A cette question, Machina Memoralis tente d’apporter une réponse sensorielle. Les souvenirs en question sont ceux d’une enfance, celle d’Anne Bitran, exhumés du grenier familial via des bobines de films super-8. Ces images pâles, tremblotantes et muettes, font partie de la mémoire collective de toute une génération. Projetées sur des structures mouvantes, elles prennent vie pour une incursion éphémère dans un monde enfoui. Sur scène, les quatre musiciens du Quatuor Béla accompagnent la déambulation mentale, exécutant des pièces composées par Albert Marc½ur, et se prêtant de manière ponctuelle aux expérimentations de la manipulatrice d’objets Anne Bitran. Le décor évolue à vue, les structures se font et se défont, les machines lumineuses d’Olivier Vallet, inspirées de techniques anciennes de projection, investissent sans cesse de nouvelles surfaces : images projetées sur un voile, sur un pupitre à partitions, sur des fragments de miroir, symbolisant le morcellement du souvenir. Ici, une silhouette s’invite à danser sur scène avec les musiciens, plus loin les ombres projetées des violonistes se déclinent tel un larsen vidéo… Spectacle intimiste évoluant dans la fragile sphère de l’onirisme, Machina Memoralis se situe à un carrefour d’expériences : la compagnie des Rémouleurs abandonne un temps les marionnettes qui constituent son quotidien (Lubie, Ginette Guirolle, Nombril d’Adam… tournés de bars en places publiques, de fermes en églises), le rock expérimental d’Albert Marc½ur se mue en pièces classiques contemporaines : « L’univers et les textes d’Albert Marc½ur, par leur regard interrogatif sur le monde, la mémoire et le temps, correspondent à la couleur musicale et visuelle que je cherche ici », commente Anne Bitran. Une parenthèse ouatée d’une poésie formelle indéniable.

Date de publication : 26/02/2008


Mots-clés : théâtre d'images, musique expérimentale, machines lumineuses
Inséré le : 26/02/2008 17:00
http://www.remouleurs.com
http://www.cartoucherie.fr