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Un espace pour veiller

Danse d'existence, dans de résistance, du 5 au 14 mars à Tours

Chapeau : Danse d'existence, danse de résistance, projet s'inscrivant dans une idée d'engagement « politique et poétique », a lieu pour la première fois à Tours, du 5 au 14 mars. Bernardo Montet, chorégraphe et organisateur de l'événement, nous explique la construction originale et audacieuse de ce projet.

Source : Les éditions du mouvement (http://www.mouvement.net)

Genre : entretien (Mots-clés : )

Genre Ressource : entretien

Genre Agenda : événement / festival

Apparence :

Rubrique : Espace critique

Bernardo Montet / Association Mawguerite chorégraphe
Magda KACHOUCHE rédacteur

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du 05/03/2008 00:00 au 14/03/2008 00:00
Tours 37000 France (Centre)



Texte : Organisée par le centre chorégraphique national de Tours, Danse d’existence, Danse de Résistance témoigne d’une profonde volonté d’engagement, et le pari n’est pas des moindre. Construite en trois temps forts, la manifestation ambitionne d’offrir un véritable espace d’échanges, aux artistes invités bien sûr, mais au public également
Veiller par le geste , premier temps du programme imaginé par Bernardo Montet, est «une invitation à éprouver notre présence au monde par le geste ». Pendant trois jours et trois nuits, dans un espace intime, sous un chapiteau, se succèderont librement veilleurs et témoins. Chacun y sera invité à s’exprimer par « le geste »,qui aura valeur d’engagement, politique et poétique.
Pendant Veiller par le geste un espace Palabres, lieu convivial d’échanges et de discussions, laissera carte blanche à plusieurs artistes renommés : le poète Marc Blanchet, la musicienne Sylvie Pouvreau, les comédiens Karin Romer et Bernard Pico, la Fondation Royaumont et le collectif de réalisateurs Sans Canal Fixe.
Enfin, du 9 au 14 mars, Jérôme Bel présentera Shirtologie, solo en trois parties suivi de la pièce de Maria Jerez, El Caso del Espectador, et de la projection d’un film par les Instants vidéos poétiques et numériques. Boris Charmatz créera spécialement pour le projet une intervention à partir de deux performances : J’ai failli et duo extrait de Con forts Fleuve. Ko Murobushi livrera son Quick Silver, et invitera amateurs et professionnels à se tester autours de stages de bûto.
Un programme généreux, insolite et prometteur.Une parenthèse avant tout humaine, respiratoire et solide.

Entretien avec Berbardo Montet

Cette idée de « Veiller par le geste » est un pari généreux, et audacieux aussi : comment, concrètement, va s’organiser cette « chaîne » ?
Bernardo Montet :
« Sur une place publique, sous un chapiteau, un veilleur et un témoin. Le veilleur décide de son geste qui peut aller de la simple présence jusqu’à une danse, puis le témoin prend la place du veilleur qui à son tour aura un témoin et ainsi de suite… Ce temps de veille, avec ou sans musique, avec ou sans élément rapporté, ne dure pas plus de dix minutes et n’a pas de durée minimale. Et cela dans un mouvement perpétuel de trois jours et trois nuits.

L’espace d’échange envisagé sollicite particulièrement le ‘spectateur, public, passant’, ce qui n’est pas forcément évident, pour un public habitué à être sollicité différemment que par son être « en entier ». Comment pensez vous inviter les gens à dépasser cette situation, à « faire le pas » ?
« Une signalétique indiquera le lieu où se déroule “Veiller par le geste”, mais je crois que seul le “ bouche à oreille ” aidera vraiment à “faire le pas”. Un lieu que nous avons appelé “Palabres” sera une sorte d’anti-chambre, de sas, d’espace tampon, une transition avant et après cette expérience de Veiller par le geste.

Pensez vous que ce principe d’échange direct et intime répond au contraire à une demande, un besoin général (de la part d’un public, comme celui d’un artiste) ?
« Je pense que ce principe d’échange met chaque individu face à son pouvoir d’inventer sa propre forme, sa propre “danse ” en toute responsabilité.

Comment s’est déterminé le choix des artistes et des créations ?
« Le choix des artistes et des autres intervenants d’ailleurs s’est fait au fil du temps par porosité, une évidence en amenant une autre. L’espace autour duquel tout s’est pensé et organisé a été l’espace de veille.

Résister par le geste, la parole, la musique… Dans quelle mesure considérez vous que cette démarche d’« Engager son corps » dans un mouvement, c’est « agir » ?
« Veiller c’est engager, convoquer tout son être. C’est se mettre en intense relation à soi-même tout d’abord puis à l’Autre. C’est une descente en soi, une mise en éveil de tous ses sens. C’est sortir du temps social, c’est changer son métabolisme. C’est être à l’écoute de son propre souffle, du souffle de la terre, de l’invisible, de l’inaudible. C’est résister à ses propres démons, à ce qui nous entoure, nous entraîne dans l’insupportable, l’inadmissible.

Le fait que cette idée vous soit venue maintenant n’est sans doute pas le fruit du hasard…
Quelle est, à votre sens, la résonance d’une telle démarche, au regard de l’actualité politique et artistique ?

« J’ai l’impression que tant que nous ne (ré)investissons pas notre être dans sa dimension spirituelle, divine, tous les programmes, les mots sont vains. Se mettre dans un état de don de soi, d’abandon, sans attendre de retour, sans juger. La relation humaine n’est pas une marchandise. Ce qui nous est transmis, ce que nous transmettons témoigne de l’humain. Un geste aussi simple soit-il peut nous (r)amener à la vie. »

Date de publication : 28/02/2008


Mots-clés : danse, résistance, palabres, veiller, geste
Inséré le : 28/02/2008 11:12
Thèmes : danse,