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Internationales

Festival Au féminin à Paris

Chapeau : Centré cette année sur le corps féminin, aimé ou maltraité, le festival Au féminin invite au Lavoir moderne parisien des artistes de tous pays. L’occasion de découvrir des créations en gestes, en images, en mots et en musiques.

Source : Les éditions du mouvement (http://www.mouvement.net)

Genre : entretien (Mots-clés : )

Genre Ressource : entretien

Genre Agenda : événement / festival

Apparence :

Rubrique : 2008
Rubrique : Espace critique

Khalid Tamer association
Maïté RIVIÈRE rédacteur

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du 01/03/2008 00:00 au 08/03/2008 00:00
Salle : Lavoir Moderne Parisien
Paris France (Ile-de-France)




Texte : La 5e édition du festival Au Féminin qui se déroulera du 1er au 8 mars 2008 au Lavoir Moderne Parisien, portera autour du corps de la femme : celui que l’on aime, désire mutile, viole. Un regard introspectif de la femme sur son propre corps au-travers d’une programmation multidisciplinaire, car « le corps peut donner à voir ce que la parole ne peut pas dire », comme l’affirme Khalid Tamer, directeur de la Compagnie Graines de Soleil et programmateur du festival. Le parrain de cette manifestation sera Koffi Kwahulé, né en 1956 en Côte d’Ivoire, et à la fois auteur, essayiste, comédien et metteur en scène.

Entretien avec Khalid Tamer, directeur de la Compagnie Graines de Soleil et programmateur du festival :

Pourquoi un homme est-il à l’initiative de ce festival ?
« Parce qu’il semble qu’une femme n’y avait pas pensé !

Comment vous est venue l’idée de ce festival ?
« J’en ai eu l’idée après un voyage de trois mois au Mali, pendant lequel j’ai rencontré des femmes qui avaient une pratique artistique tout en étant femmes au foyer : la semaine, elles réalisaient des poteries, qu’elle vendaient le week-end sur les marchés. Des femmes très courageuses.
Ca m’a permis de faire un lien avec les ateliers que nous menons depuis 2001 à la Goutte d’or avec les femmes du quartier, pour les amener à une pratique artistique et leur donner envie d’entrer dans le théâtre.
Le festival a été un grand succès de ce point de vue, et dès la première année environ 150 femmes étaient présentes chaque soir.
Car c’est là l’enjeu : faire entrer ces femmes dans ces lieux avec une programmation de qualité, éveiller quelque chose en elles.

Quel est le thème de cette 5e édition ?
« Dans les précédentes éditions, nous avons pu traiter du voile, de l’excision. L’année dernière le thème était la guerre, car les femmes et les enfants sont toujours les premières victimes, que ce soit dans les Balkans, en Amérique du sud ou en Afrique.
Cette année, nous traiterons du corps vendu, acheté, violé, et du regard de la femme sur son propre corps.
L’idée m’est venue d’une lettre d’une sans-papier que j’ai recueilli lors d’un travail que nous avons fait avec Graines de soleil. On lui avait promis du travail en France, elle s’est retrouvée aux prises avec un réseau de prostitution.

Il s’agit donc pour vous de proposer une programmation à visée internationale, mais avant tout en direction de ce public particulier ?
« Oui, même s’il s’agit d’éviter tout communautarisme. Je ne sais plus qui disait cela, quelque chose comme “Je suis heureux quand je vois une salle mélangée”. Nous faisons à l’année tout un travail d’action culturelle, nous avons aussi des partenariats avec des quotidiens ou hebdomadaires de grande audience, mais c’est vrai que, sans ce public-là, le festival perdrait de son sens.
Lorsque nous invitons par exemple Susheila Raman pour un concert ou Karine Saporta, a qui nous avons donné carte blanche, nous visons un public large, mais ces artistes sont bien conscients de l’enjeu du projet. Tout cela reste très humain.

Revenons sur le thème du corps mis à l’honneur pour cette 5ème édition. Comment chaque artiste l’interprète t-il ?
« Dans Lespri Ko par le Rêve de la Soie, une compagnie de Marseille, le corps est parlé, dansé mais aussi mutilé. La question de l’identité est aussi abordée. C’est un point qui m’interpelle. Pour Max-Laure Bourjolly, de la compagnie Black Blanc Beur, la place des chorégraphes femmes dans le milieu hip-hop est une question importante à aborder. Aujourd’hui en France, peu de femmes chorégraphes sont reconnues en danse hip-hop. Cela paraît insensé d’autant que ces artistes voyagent à l’étranger bien plus qu’en France.
Avec un jeune auteur comme Yann Reuzeau et son texte Les Débutantes, nous abordons le thème de la prostitution, de ces jeunes étudiants qui se vendent pour financer leurs études.
Tous ces artistes se positionnent, mais il ne s’agit pas de faire de la politique, seulement de parler de l’absurdité du monde dans lequel nous vivons. C’est un regard donné sur lui.
Quand j’ai entendu le discours d’Abdellatif Kechiche, qui a obtenu quatre césars pour La Graine et le mulet cette année, j’ai retenu sa phrase sur la France dans laquelle nous vivons qui n’est ni black, ni beur, ni blanche mais métissée véritablement. La France est plus forte du fait de son métissage. Le festival porte aussi cette couleur, peut-être au-delà de la dimension artistique. C’est pourquoi nous avons notamment invité une grande chanteuse marocaine Ahjja Hamdaouia, ou encore Fakina M’Sa, styliste d’origine comorienne. Tous sont français, c’est un chant d’espoir.

Pourquoi avoir choisi l’écrivain Koffi Kwahulé comme parrain cette année ?
« J’ai rencontré Koffi Kwahulé il y deux ans. Il y a quelque chose de féminin dans son écriture, en tout cas il donne une importance aux personnages, aux voix féminines. Souvent au théâtre, dans les grandes pièces, les personnages de femmes sont assez “nunuches” ou le deviennent par l’interprétation donnée par le metteur en scène. Ophélie d’Hamlet est loin d’être une idiote, pourtant c’est souvent l’impression qu’on en a.
Au féminin n’est donc pas un festival féministe, les hommes aussi peuvent parler des femmes. J’ajouterai même qu’on attend que ça… »

Date de publication : 28/02/2008


Mots-clés : femmes,insertion,pratique artistique,pluridisciplinaire
Inséré le : 28/02/2008 16:53
le site de Graines de soleil - http://www.grainesdesoleil.com

Thèmes : création contemporaine,