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Les yeux dans les âmes

Un texte de Bertrand Cantat au théâtre

Chapeau : Sur la petite scène du Théâtre de l’Epouvantail, Florent Saclier et Vincent Bramoullé prêtent leurs gestes au texte Nous n’avons fait que fuir de Bertrand Cantat. Une mise en scène à l'image d’un puissant poème.

Source : Les éditions du mouvement (http://www.mouvement.net)

Genre : brève (Mots-clés : )

Genre Ressource : brève / notice

Genre Agenda : théâtre

Apparence :

Rubrique : 2008

Bertrand CANTAT chanteur
Pascaline Vallée rédacteur

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du 03/04/2008 00:00 au 25/05/2008 00:00
Salle : théâtre de l'Epouvantail
6, rue de la Folie-Méricourt
01 43 55 14 80
Paris 75011 France (Ile-de-France)




Texte : Deux corps vêtus de noir. Leurs yeux fixent chacun des spectateurs de la petite salle. Tournés vers le public, Florent Saclier et Vincent Bramoullé égrènent les mots de Bertrand Cantat comme autant d'épines et de caresses. « Reste/Accroche/Rêche/Me caresse/Me saoule/Et me saborde/Dérape/S’enroule/Pourri malheur/Pourrie chaleur/Et devient familier le chant des automates... »
Le 21 juillet 2002 au Couvent des Ursulines, à Montpellier, Bertrand Cantat et son groupe se produisent à l'invitation de France Culture pour un concert inédit : un morceau de 55 minutes autour du poème Nous n’avons fait que fuir.
De cette prestation, la pièce mise en scène par Florent Saclier assisté de Philippe Merle ne retient que le texte, se contentant de trois interludes musicaux, choisis en dehors de l'univers de Noir Désir. Place aux mots, d’une passion propre à Bertrand Cantat. Mots de désillusion et d'alerte, qui s’adressent à « tu », à « je », « vous », mais surtout à « nous », mêlent langage populaire et poétique. Parfois les images s'enchaînent comme dans un cadavre exquis (« Sale petite peste/Pudding/C½ur bouilli/Sauce anglaise à la menthe »).
Deux corps donc, mais pas forcément deux personnalités. Parfois, les acteurs se répondent, ou s’approprient le texte comme les deux entités aux frontières poreuses. Le méchant cynique et le doux naïf se rejoignent ainsi en un seul sujet, schizophrénie qui ressemble à un déchirement passionnel. Souvent, les deux comédiens s’adressent au spectateur, qu'ils ne quittent quasiment jamais des yeux, les enveloppant de mots ou les prenant à parti.
Transposé en théâtre, les « Tu ne dis rien », « Tu as perdu ta langue ? » de Nous n'avons fait que fuir renvoient au jeu de Winnie et Willie dans Oh les beaux jours de Beckett. Le parapluie devient ici une corde, dont le noeud se resserre autour du cou de l'un des deux acteurs. Si le minimalisme de la mise en scène met en valeur la force du texte, les répétitions de celui-ci donnent quant à elles l'occasion d'exercices de styles, amenant une touche d’humour. On trouve sur cette scène des accents de Ferré, des gestes à la Brel, mais surtout des hésitations qui créent de nouveaux sens, des images nouvelles et des fragments d’une critique de la société... à la Cantat.


Nous n’avons fait que fuir, du 3 avril au 25 mai au Théâtre de l’Epouvantail, 6, rue de la folie Méricourt, Paris XIe. Tél. 01 43 55 14 80. Photos : Cellyn Hickel.

Date de publication : 26/03/2008


Mots-clés : cantat, poésie, adaptation
Inséré le : 26/03/2008 10:57
Site du spectacle - http://www.nousnavonsfaitquefuir.com
Théâtre de l’Epouvantail - http://theatrepouvantail.free.fr

Thèmes : adaptation, mise en scène, poésie,