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Zone de combat au Ritz

Retour sur l’édition de 2008 de Il faut brûler pour briller

Chapeau : La plateforme organisationnelle de performances Il faut brûler pour briller s’est tenue du 28 février au 07 mars, dans des palaces parisiens à l’occasion du Salon du prêt-à-porter. Mais la tolérance de ce type de lieux à l’esprit de l’art se révéla minime...

Source : Les éditions du mouvement (http://www.mouvement.net)

Genre : compte-rendu (Mots-clés : )

Genre Ressource : compte rendu

Genre Agenda : événement / festival

Apparence :

Rubrique : Espace critique

Younes ANZANE Organisateur
Jérôme PIQUE Organisateur
Mari-Mai CORBEL rédacteur

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du 28/02/2008 00:00 au 07/03/2008 00:00
Salle : Ritz
15 place Vendôme
Paris 75001 France (Ile-de-France)



du 28/02/2008 00:00 au 07/03/2008 00:00
Salle : Galerie Immanence
21 avenue du Maine
01 42 22 05 68
Crée en 2000 par cannelle Tanc et frédéric Vincent.
Immanence est une structure associative dont l'objectif est la diffusion et la médiation des pratiques des artistes.
Paris 75014 France (Ile-de-France)



du 28/02/2008 00:00 au 07/03/2008 00:00
Salle : Naxos Bobine
135 rue Roquette
Paris 75011 France (Ile-de-France)



du 28/02/2008 00:00 au 07/03/2008 00:00
Salle : Point Ephémère
200, quai de Valmy
Métro Jaurès ou
Louis Blanc
Paris 75010 France (Ile-de-France)




Texte : « Il faut brûler pour briller » a fait une nouvelle apparition, du 28 février au 4 mars dernier, mais dans un local plutôt inattendu pour des artistes d’un secteur public de la création dont on connaît l’actuelle paupérisation : avant d’être accueillies à la galerie Immanence (le 4 mars) puis au Point Ephémère (le 7), certaines des performances de cette « plateforme de mobilité des artistes et de rencontres artistiques internationales » faisaient en effet partie des animations du Salon du prêt-à-porter, qui louait des espaces au Ritz. Le Salon ne rémunérerait pas les artistes, pour plusieurs raisons qu’il serait long de commenter ici, mais qui garantissaient aussi leur indépendance, attestées par leurs performances, un brin insolentes ou, en tout cas, faisant toujours preuve d’une dose de mauvais esprit. Les artistes curieux de cette drôle d’aventure furent nombreux (1). Quatre journées/soirées étaient prévues en ce lieu fastueux. Or, la direction du palace se montra très vite hostile, par mille agaceries, jusqu’à interrompre les performances le troisième soir. Peut-être le projet imaginé par Younes Anzane et Jérôme Pique est-il plus subversif qu’il ne se l’avoue. Revenons-y.

Les organisateurs d’« Il faut brûler pour briller » rassemblent à des moments donnés des performeurs suivant trois principes : 1) ne pas revenir sur un lieu déjà exploité ; 2) agir et organiser dans une économie proche du degré zéro ; 3) privilégier des artistes-interprètes et rendre sensible leur pluralité. Des principes qui s’appuie sur un constat fait par Younes Anzane, fondateur du lieu de résidence alternatif Naxos Bobine à Paris : les interprètes sont de plus en plus nombreux à imaginer des projets artistiques, et les acteurs et danseurs (2) éprouvent une frustration croissante à l’égard des productions institutionnelles, qui les conduit à désirer d’autres espaces de création. Devant l’amenuisement de l’aspect expérimental et collectif du travail théâtral et chorégraphique (les grands plateaux, les troupes, les compagnonnages), les interprètes se sentent livrés à des logiques de marché très dures où l’un vaut l’autre. Dès lors, pour eux, s’exprimer poétiquement signifie rendre sensible le fait que les imaginaires ne s’équivalent pas ; c’est aussi combattre l’idéologie régnante. Le projet libéral est bien de sectoriser les identités en communautés, groupes, niches marketing ou corporatismes, d’une manière funeste pour la sauvagerie irréductible de toute singularité véritable. D’où, paradoxalement, qu’il soit impossible (à gauche) de repenser le collectif sans le dédier à l’irréductibilité individuelle. C’est ce renversement de la donne politique qui est actuellement en train de s’effectuer et dont « Il faut brûler pour briller », en rassemblant des performances dont pas une ne ressemble à l’autre, et en reliant nombre d’individualités artistiques hétérogènes (d’Eugène Durif à Laure Bonicel), est signe.



1.Citons les tous pour rendre compte de leur nombre : Isabelle Arvers, Sylvie Asti, Fabien Almakiewcz, Laure Boniciel (une vidéo de), Caroline Breton, Delphine Chailloux, Eléonore Didier, Garance Dor, Jonathan Drillet et Marlène Saldana, Katia Feldrin, Geisha Fontaine, Elie Hay, Johana Korthals Altès, Karelle Prugnaud, Nicolas Quinn, Anne de Roquigny, Lise Santoro, Vincent Thomasset, Gildas Veneau, Jean-Baptiste Veyret-Logerias, Samuel ZarkaSylvie Astié , Fabien Almakiewicz , Laure Bonicel, Géraldine Chaillou, Anne Roquigny, Liz Santoro, Daniel Larrieu (vidéo de), plus les interprètes qui les accompagnaient.
2. Il y a aussi, en ce moment, des metteurs en scène qui s’allient pour les mêmes raisons.


L’édition 2008 d’Il faut brûler pour briller, s’est déroulé du 28 février au 7 mars au Ritz, à Immanence, à Naxos Bobine et au Point Ephémère.



Crédits photographiques : Nathalie Fixon

Date de publication : 27/03/2008


Mots-clés : performance, indisciplinaire, transdisciplinaire, scandale, ritz
Inséré le : 27/03/2008 16:03
Il faut brûler pour briller - http://www.brulerpourbriller.com
Vidéo Panique au Ritz par Arnaud Valadié - http://valadie.arnaud.free.fr

Liaison Document :

Thèmes : festival, performance,