Si la page ne s'affiche pas, cliquez ici !!!

Les chemins de l’Enfance Rouge

Rencontre avec l'Enfance Rouge

Chapeau : Depuis 1995, les musiciens d’Enfance Rouge multiplient les rencontres et les voyages. Une instabilité physique qui contraste avec un engagement fort, engagement qui dépasse le seul champ de la création musicale.

Source : Les éditions du mouvement (http://www.mouvement.net)

Genre : entretien (Mots-clés : )

Genre Ressource : entretien

Genre Agenda : musique

Apparence :

Rubrique : 2008
Rubrique : Espace critique

L' Enfance rouge Metteur en scène
Nicolas Jorio rédacteur

carre-lenfance-rouge_chiar.jpg ()
rectangle-lenfance-rouge--.jpg ()

Texte : Groupe libre et nomade, comptant à son actif plus de 1 800 concerts, l’Enfance Rouge, trio paneuropéen, explore depuis près d’une quinzaine d’années des territoires sans frontière, traçant une route sans aucune concession, et évoluant avec une conscience acerbe dans les systèmes globalisants d’aujourd’hui.
Suite à la sortie courant mars de leur dernier opus,
Trapani – Halq al Waady (voir la chronique dans Mouvement n°47), qui mêle en une intrigante synergie électricité européenne et quarts de tons outre méditerranéens, ils s’installent en avril en résidence à l’Antipode à Rennes, et s’apprêtent à présenter leur projet en tournée. A cette occasion, nous nous sommes entretenus (par e-mail) avec François R. Cambuzat, chanteur et guitariste du groupe.

N. J.


Entretien/
Quand et comment avez-vous formé l’Enfance Rouge ? D’où vient votre nom ?

François R. Cambuzat : « Place des Enfants Rouges, 1994. A l’époque, j’habitais encore Rosso, en Mauritanie. J’avais une escale à Paris, en direction de New York pour un concert à la Knitting Factory, et j’en avais profité pour rencontrer Yérim, un ami mauritanien qui habitait rue des Oiseaux. Chiara arrivait de Berlin, où elle avait connu le cousin de Yérim. Je ne sais plus trop comment cela s’est fait, mais nous sommes retrouvés ensemble dans une salle de répétition à Saint Ouen. A part le fruit du hasard (Rosso veut aussi dire rouge, en italien), dans la torpeur des années 90, ces deux mots accolés – rouge et enfance – nous avaient plu pour nommer ce projet.

Votre travail me semble assez proche de celui d’un groupe comme The Ex. Quelles sont vos principales influences ?
« De The Ex, j’aime principalement Scrabbling At The Lock, que j’ai connu grâce à Tom Cora (nous étions sur le même label, RecRec, à l’époque du Gran Teatro Amaro). Musicalement, je n’adhère pas trop à leurs collaborations éthiopiennes (contrairement à Jacopo, notre batteur) mais j’aime bien leur démarche. Quant aux influences, bizarrement il y a peu de rock. Nous voyageons entre Haino Keiji et Hamza El Din. C’est le côté transe du rock en concert qui nous fait électrifier nos envies. Mais la musique orientale et africaine tourne plus dans nos oreilles que Derek Bailey ou June of 44.
“Avant-rock”/“Post-rock”/“Post-punk”. Peu nous chaud. Nous avons mangé de tout, bu de tout, dormi partout, écouté et joué tout et partout. Nous faisons une musique qui est la nôtre et le public qui nous suit sait que les concerts, les albums se succèdent et ne se ressemblent jamais. L’Enfance Rouge paye suffisamment cher sa liberté pour faire ce qui lui plait. Discographiquement parlant aussi : nous enregistrons souvent des albums entiers que nous jetons. Nous ne publions que ce que nous revendiquons à 100 %. Ce n’est évidemment pas la vente de nos disques qui payera nos loyers. Et nous ne faisons pas d’autres métiers que celui de musiciens.
Nous ne sommes – physiquement – jamais au même endroit. Obstinément en voyage, comme le disent les titres de nos albums. Comme tous, nous écoutons mille choses diverses : The Magnetix, Armand Van Helden, Olivier Messiaen, Lotfi Bouchnak... A côté de chansons très travaillées, composées, d'autres ont été totalement improvisées, en une seule prise, textes compris. Des éblouissements. Ce que l’on oublie, c'est que le rock est une forme d'art. Visions, poésie. Rythmes. Et transe. T.R.A.N.S.E.

La géographie tient une grande part dans vos créations musicales. Quels rapports faites-vous entre géographie et musique ?
« La musique nous semble encore un bon moyen pour voyager. Tout d’abord en tournées, puis choisissant un lieu, une ville, un pays où habiter. Le groupe change de base tous les 5 ans, en moyenne. Nous aimons apprendre d’autres langues, vivre avec d’autres gens, fuir les touristes. Le monde est énorme et je n’aimerais pas crever sans en avoir connu une majeure partie. Cette instabilité nous a beaucoup coûté sur le plan du développement de carrière (quel terme horrible, typiquement français), mais apporté énormément humainement. Nous sommes des privilégiés.
Logistiquement parlant, l’endroit où nous habitons importe peu : nous tournons régulièrement et de toutes manières de Séville à Vladivostok.

Votre liberté créative passe par un certain nomadisme musical. Comment choisissez-vous vos itinéraires de création ?
« Dans le cas de notre dernier album Trapani-Halq Al Waady, c’était l’envie de mélanger notre électricité maladivement pan-occidentale avec les quarts de tons et les rythmes impairs de la musique arabe. Bien sûr sans aucune volonté – de part et d’autre de la Méditerranée – de faire de l’ethno-bite (bite : il n’y a pas d’erreur) colon et à la mode. Ce premier essai nous a maintenant donné l’envie, ou plutôt la curiosité, de travailler avec une section violons plus importante et beaucoup plus rythmique et incisive, comme dans le cas de la musique égyptienne. Nous avons des envies de vivre différentes et faisons tout notre possible pour les réaliser.

Date de publication : 08/04/2008


Mots-clés : voyages, rencontres, tournée, géographie
Inséré le : 08/04/2008 17:59
T-Records - http://www.t-rec.org
Wallace Records - http://www.wallacerecords.com
Anticraft - http://www.anticraftmusic.com
Audioglobe - http://www.audioglobe.it
Mandaï - http://www.mandai.be
Irascibile - http://www.irascible.ch
Infos et Mp3 - http://www.virb.com/enfancerouge

Thèmes : monde, musique contemporaine, rock,