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Electronic And Acoustic Works 1957-1972

Chapeau : En rééditant Electronic And Acoustic Works. 1957-1972 de Vladimir Ussachevsky, initialement paru sur le label CRI, New World Records offre un éclairage intéressant sur l’œuvre de traverse de ce compositeur méconnu, qui fut à l’origine des premières musiques électroniques sur le continent nord-américain sans jamais renier un travail d’écriture plus classique, choral notamment.
Date : VLADIMIR USSACHEVSKY

Source : Les éditions du mouvement (http://www.mouvement.net)

Genre : chronique (Mots-clés : )

Genre Ressource : édito / chronique

Genre Agenda : musique

Apparence :

Rubrique : CD de la semaine

Vladimir USSACHEVSKY musicien
Laurent Catala rédacteur

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Texte : Il est parfois des hasards musicaux curieux, aux conséquences pour le moins imprévisibles. Ainsi, c’est parce qu’aucun autre enseignant/compositeur du département Musique de la célèbre université américaine de Columbia ne lui avait disputé la tâche que le jeune Vladimir Ussachevsky se vit confier, en 1951, la responsabilité du premier enregistreur sur bande de l’établissement – un Ampex 400, engin révolutionnaire à l’époque – à des fins pédagogiques et pratiques (la captation de concerts en l’occurrence). Visiblement inspiré par les possibilités offertes par un tel appareil, Vladimir Ussachevsky allait mettre en place, au cours des dix années suivantes, ce qui devait devenir le Columbia-Princeton Electronic Music Center, l’un des épicentres de la création musicale électronique, au même titre que le Groupe de Recherche de Musique Concrète de Pierre Schaeffer à Paris et le studio de la WDR animé par Herbert Eimert à Cologne.
Initialement parue sur le défunt label CRI, la compilation Electronic And Acoustic Works. 1957-1972 rend aujourd’hui hommage à un compositeur malheureusement trop méconnu, dont la singularité est de n’avoir pas rompu avec la musique instrumentale après sa découverte des potentialités électroniques. En survolant quinze années de sa carrière, cette monographie chronologique souligne ce lien indéfectible et fécond entre ces deux dimensions de son approche musicale.
Les premières pièces présentées, de Metamorphosis (1957) aux Two Sketches For A Computer Piece (1971), témoignent d’un travail acousmatique à travers lequel l’influence de la musique classique perce en filigrane (comme sur Wireless Fantasy), mais noyée dans des effets électroniques abrupts par ailleurs assez précurseurs : leur coloration sonore, grésillante et métallique, évoque les matières audio défectueuses du courant glitch de la scène électronique actuelle.
La dernière pièce du disque, Missa brevis (1972), marque quant à elle un retour à un travail orchestral, et surtout choral, beaucoup plus classique. Elle rappelle, avec une profondeur intensément slave, les influences religieuses orthodoxes qui ont bercé l’enfance du compositeur. Surtout, elle rend surtout compte de cette double « culture » qui caractérise l’approche artistique de Vladimir Ussachevsky, et qui prend toute sa dimension sur l’une des pièces les plus intéressantes du disque, Three Scenes From The Creation (1960-1973).
Divisée en trois parties, cette composition réunit des parties acoustiques (piano et cloches notamment) et une mezzo-sporano enregistrées live, des voix soprano et basses préenregistrées, des effets électroniques d’accompagnement et un travail d’assemblage et de manipulation en studio qui donne toute sa densité spectrale et sa puissance esthétique à l’œuvre. Intensément dramatique, l’interprétation chorale et orchestrale se voit ici ponctuellement rehaussée d’accentuations électroniques discrètes, de zébrures sonores fantomatiques qui dilate l’écoute dans un filtre sensoriel surprenant.

Date de publication : 24/04/2008


Mots-clés : pionnier électronique, compositeur
Inséré le : 24/04/2008 12:10
New World Records - http://www.newworldrecords.org

Thèmes : composition, musique électronique,