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Rag-Time Vol. 2
Chapeau : Quand les 78 tours de Dominique Grimaud tombent sous la coupe des instruments robotisés et de la trompette de Pierre Bastien, on obtient ce deuxième volet de l’aventure sonore iconoclaste
Rag-Time. Un périple sonore ubuesque, truculent et émouvant, qui traverse les technologies et le temps.
Date : inclassable
Source : Les éditions du mouvement (
http://www.mouvement.net)
Genre : chronique (Mots-clés : )
Genre Ressource : édito / chronique
Genre Agenda : musique
Apparence :
Pierre Bastien / Dominique Grimo musicien
Laurent Catala rédacteur
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11_lisboa_influenza.mp3 (crédits : Pierre Bastien/Dominique Grimo / titre : Lisboa Influenza / )
07_madame_insomnie_1.mp3 (crédits : Pierre Bastien/Dominique Grimo / titre : Madame Insomnie 1 / )
01_marinella_parkinson.mp3 (crédits : Pierre Bastien/Dominique Grimo / titre : Marinella Parkinson / )
Texte : On connaît bien sûr le travail de Pierre Bastien, dadaïste musical responsable, à la tête de son improbable orchestre de robots-jouets (le fameux Mécanium), de quelques ovnis sonores parmi les plus insolites de ces dernières années (on pense notamment à son
Mécanologie Portative, réalisé avec Klimperei, ou à ses
Musiques paralloïdres). On connaît également l’approche tout aussi iconoclaste de Dominique Grimaud, membre du groupe référence Camizole dans les années 1970, manipulateur d’instruments – Moog, guitare – et trublion blues au sein de son projet collectif Peach Cobbler.
Par ailleurs, on avait déjà pu goûter au sens partagé de la dérision musicale et à l’art de la combinaison truculente de ces deux expérimentateurs grâce au premier volet de
Rag-Time. Pourtant, c’est toujours le même effet de surprise qui saisit l’auditeur dès les premières secondes du disque, à l’écoute de la voix moulinée de parasites vintage de Tino Rossi s’élevant sur un
Marinella progressivement haché, chuinté, dévié, démantibulé, pour une version elliptique rebaptisée, non sans outrecuidance,
Marinella Parkinson.
Pour autant, il ne faut pas voir ici une provocation gratuite, ni la marque de quelque irrespect. En s’amusant à faire du neuf avec du vieux – en l’occurrence, en passant les 78 tours antédiluviens dont Dominique Grimaud est féru à la moulinette du bestiaire instrumental robotisé de Pierre Bastien –, le disque s’emploie surtout à s’extraire de la marque du temps, à trouver, serait-on tenté de dire, sa propre temporalité, un langage dédié, ludique et imaginaire, bricolé et subtil.
Souvent drôles, parfois émouvantes (comme sur ce passage orchestral alangui, ralenti d’une manière si extrême qu’elle en devient pesante, qui constitue la trame haletante d’
Amnesia, ou sur les exercices de surimpression analogique travestissant la mélodie chevrotante de Madame insomnie dans une musicalité répétitive, figée derrière une rythmique martiale et un cornet groovy), les morceaux de ce
Rag-Time 2 s’ingénient à relier modernité et patrimoine dans un chassé-croisé caustique, et à leur donner une incarnation sonore transgénérationnelle : avec un peu d’imagination, on pourrait dire de ce disque qu’il est celui que le Monsieur Hulot de
Playtime aurait pu composer pour illustrer sa découverte du monde moderne, s’il avait eu quelques velléités musicales.
Espiègles autant qu’impertinents, les deux compères surprennent en parvenant à créer des ambiances instables, délétères, aussi bancales qu’une galette de cire gondolée tournant sur un Teppaz de grand-père, comme sur la pièce
Lisboa influenza, mélange claudiquant de folklore de rue qu’on imagine lisboète et d’incantations soniques semblant tirées d’un accordéon en fin de vie. Sur
Arthur’s Fracture, des trémolos de souffleries machiniques aussi fascinants qu’inquiétants se font entendre, perdus au milieu de nappes de cordes tendus et de bruits de mobiles métalliques agitées par un fantôme gamelan. De quoi confondre l’auditeur, même averti, assurément.
Pour parfaire l’expérience auditive, les amateurs pourront allé consulter les vidéos réalisées par Dom Labreuil pour l’occasion, et accessibles via le site
www.vimeo.comVimeo (
Marinella Parkinson, Mouettes game-mode et
Madame Insomnie).
In Poly Sons/Musea
Période traitée : 2008-06-04
Mots-clés : trompette,piano,dadaïste,78 tours,moulinette robotisée,répétition
Inséré le : 04/06/2008 17:23
le site du label In Poly Sons -
http://inpolysons.free.fr
Thèmes : musique,