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Wampach foutraque, Cathala implacable

Deux nouvelles pièces marquantes au festival Uzès Danse

Chapeau : Radicaux et efficaces, David Wampach et Hélène Cathala ont imposé leurs styles dans le paysage chorégraphique haut de gamme du festival. Lui, présentait Auto (créé aux Rencontres chorégraphiques de Seine-Saint-Denis) où il incarne – corps et âme – un travesti ; elle, faisait découvrir sa dernière création, Exode 1.25, définitivement déconcertante.

Source : Les éditions du mouvement (http://www.mouvement.net)

Genre : compte-rendu (Mots-clés : )

Genre Ressource : compte rendu

Genre Agenda : danse

Apparence :

Rubrique : Espace critique

Hélène Cathala chorégraphe-interprète
David Wampach chorégraphe-interprète
Gérard MAYEN rédacteur

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Texte : Les voyages forment la jeunesse des esthétiques. Depuis quelques mois, plusieurs artistes chorégraphiques français, de retour de répétitions à Lisbonne, ne jurent plus que par le Finalmente. Dans la capitale portugaise, ce petit cabaret travesti propose chaque lundi une soirée amateurs. Croyons-en nos artistes voyageurs : ce rendez-vous est unique sur la carte de l’Europe. Auto, toute nouvelle pièce de David Wampach, l’immortalise. Tout s’y passe comme si cet artiste avait nourri un autre projet, pour finalement laisser la découverte du Finalmente bousculer son propos ; le contaminer, et produire un spectacle inclassable, hors genre et imprévisible. Délicieusement foutraque.
Hors genre ? En tout cas transgenre.
De bout en bout, David Wampach l’interprète en travesti. Robe, perruque, talons aiguilles. Décalé, très physique, mais comme ailleurs. Là où on ne l’attendait pas. Un rien réservé, flouté. Pourtant si présent. Même pas parfait. Combien connaît-on de travestis « parfaits » ? Là n’est pas le pouvoir du travesti. Le travesti illumine d’une autre manière : il bricole, il s’arrange, mais par cet à-peu-près touche à des déterminants parmi les plus intimes et constitutifs. Le masculin. Le féminin.
Dans cet écart entre effets et moyens, le travesti fascine. Chancelant, outrancier, il n’en touche pas moins le c½ur de cible du trouble et des passions de la métamorphose ; du spectacle. La feuille de salle d’Auto distribuée au festival d’Uzès ne mentionnait, pour note d’intention, que les mots desillusionsdesillusionsdesillusions, répétés soixante-dix neuf fois en cascade. Des illusions. Désillusion.
Auto est également interprété par un musicien, Aurélien Richard, sur un piano qui ne cesse de rouler sur scène, parcourant tout l’espace. Au côté d’un danseur parfois limité par ses évolutions haut perchées, on n’a jamais vu musique saisie d’un mouvement chorégraphique aussi gaillard. D’autant que ses sonorités puissantes, métalliques et flamboyantes, peuvent continuer de se déployer si le musicien se retire : qu’est-ce qui est joué live ? Qu’est-ce qui est enregistré ? Quel support ? Quelle partition ? Y a-t-il un son plus vrai qu’un autre ? Tout bouge.

Date de publication : 01/07/2008


Mots-clés : uzes danse,Eric Guénnou,Aurélien Richard,cabaret,cirque
Inséré le : 30/06/2008 12:35
Thèmes : danse contemporaine,