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Le chant du cygne jaune

Le groupe Yellow Swans fait ses adieux

Chapeau : Le 20 juin dernier, le duo américain Yellow Swans donnait le dernier concert de sa carrière dans le cadre exceptionnel du Sónar barcelonais. Ce qui ne l’empêche pas de préparer un ultime album, à paraître en 2009. Rencontre ante mortem avec l’une des formations les plus particulières de la scène noise expérimentale des années 2000.

Source : Les éditions du mouvement (http://www.mouvement.net)

Genre : compte-rendu (Mots-clés : )

Genre Ressource : compte rendu

Genre Agenda : musique

Apparence :

Rubrique : Espace critique

Laurent Catala rédacteur

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Texte : En ce joli mois de juin ensoleillé, les marchands d’oiseaux si typiques des ramblas barcelonaises n’imaginent sans doute pas qu’un curieux volatile bruissant s’est posé dans les parages pour un dernier chant d’adieu. A quelques centaines de mètres de la célèbre avenue catalane, l’enceinte cloisonnée du MACBA – le centre d’art de Barcelone qui accueille les après-midis du festival Sónar – profite d’une quinzième édition toujours un peu plus éclectique pour rendre un hommage conséquent à l’un des groupes les plus singuliers de la scène noise expérimentale des années 2000.
Regroupé autour de ses deux créateurs, Pete Swanson et Gabriel Mindel Saloman, Yellow Swans, duo originaire de Portland, Oregon, mais rapidement établi à Oakland en Californie, existe depuis 2001 et s’est rapidement fait connaître par une profusion de publications en CD-R aussi variées qu’incisives, suivies par un premier album essentiel publié en 2004 chez Narnack Records, Bring The Neon War Home.
Depuis, le groupe a faire paraître de nombreux albums devenus cultes pour un parterre de fans dévoués, comme Psychic Secession, adjoignant à son nom un qualificatif débutant par la lettre « d », comme pour réinventer un peu le projet à chaque nouvelle publication : Dreamed Yellow Swans, Drill Yellow Swans, Demonic Yellow Swans, Descension Yellow Swans... Pete Swanson explique : « Au début, cette histoire de mot en “D” était une plaisanterie, un clin d’½il à ces groupes de hardcore politiques dont les noms commencent tous par DYS-quelque chose. Mais cela fonctionait aussi comme un symbole anti-commercial. Cette idée de temporalité très réduite, très extrême, collait bien avec la façon dont nous voulions que le groupe agisse. »
Bien qu’évoluant dans la sphère noise/électronique la plus radicale, la musique de Yellow Swans, condensé inventif à base de guitares, de voix et de machines façon Wolf Eyes, s’appuie pourtant davantage sur une approche singulière, cathartique et structurée, faite de drones tournoyants et itératifs. Une musique insidieuse qui doit autant à la musique répétitive qu’au krautrock (dont l’influence saute à l’oreille à l’écoute de leur dernier album paru, At All Ends, publié chez Load).
« Je crois que, d’une certaine manière, nous avons toujours voulu rendre la musique noise plus accessible, précise un Pete Swanson affable. Nous accordons beaucoup d’importance à la musicalité. Nous ne sommes pas des personnes négatives et nous avons un penchant prononcé pour le rock et la pop. D’ailleurs, je ne suis même pas sûr que ce que nous faisons soit vraiment de la noise – et ça n’est finalement pas très important. Je n’ai jamais été un grand fan de toute cette scène harsh noise, japonaise par exemple. J’ai toujours préféré des choses comme The Dead C, Boredoms, Shadow Ring, Man Is The Bastard ou le premier album de Pita. Tous les disques que nous avons faits sont avant tout du “rock”. »

Date de publication : 03/07/2008


Mots-clés : scène noise expérimentale,festival Sónar,sortie posthume
Inséré le : 03/07/2008 12:08
la page MySpace des Yellow Swans - http://www.myspace.com/yellowswans
le site du festival Sónar - http://www.sonar.es

Thèmes : musique,