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Quelles sont les différentes catégories de la critique ?

Chapeau : Biographie / Frédérique Toudoire-Surlapierre enseigne la littérature comparée et le théâtre à l'université de Franche-Comté. Elle a publié Hamlet, l'ombre et la mémoire (2004), L'Imaginaire nordique (2005) et La Dernière Fois (2007); elle s'intéresse également au cinéma, aux arts et aux rapports entre les disciplines.

Source : Les éditions du mouvement (http://www.mouvement.net)

Genre : pensée (Mots-clés : )

Genre Ressource : texte d'analyse

Genre Agenda : littératures

Apparence :

Frédérique Toudoire-Surlapierre rédacteur

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Texte : Lire, expliquer, juger, comprendre, classer, séparer, délimiter, mais aussi hiérarchiser et stabiliser : la critique s’approche par ses actions pratiques et diverses, elle se caractérise par ce qu’elle effectue. Catégoriser la critique, c’est ainsi la renvoyer à son goût de l’inventaire et à son désir d’agencement, révélant le penchant classificatoire d’une communauté dont la critique est le représentant, un délégué bien particulier puisque son rôle d’émissaire tient à ce que Barthes appelle le « classement de ses langages ». Si la façon dont est caractérisée la critique révèle la fonction qu’on lui attribue, la critique se définit aussi selon les emplois qu’elle occupe au sein de la vie littéraire. Sainte-Beuve propose de scinder la critique en trois catégories : la critique dogmatique, la critique idéologique, la critique scientifique. Albert Thibaudet, dans Physiologie de la critique (1930) et Réflexions sur la critique (1939) répartit la critique en trois : la critique parlée, la critique professionnelle et la critique des artistes, selon une double typologie d’énonciation et de destinataire. Les critiques contemporains reprennent aussi cette catégorisation : corporative (professeurs et journalistes), historique (goût de l’inventaire) et libérale (coexistence de parties ennemies ou adverses). Gérard Genette la répartit également en trois catégories : elle peut être littéralement critique (juger et apprécier les œuvres afin d’éclairer le public, « fonction liée à l’institution journalistique »), scientifique (qu’il relie à l’institution universitaire) qui « consiste en une étude positive, à fin exclusive de savoir, des conditions d’existence des œuvres littéraires (matérialité du texte, sources, genèse psychologique ou historique, etc.) », une troisième catégorie, proprement « littéraire », confère au critique le statut d’un écrivain particulier, « l’auteur d’un message qui tend partiellement à se résorber en spectacle » (Genette, 1979 : 12)-13. Cette distinction entre critique scientifique, critique journalistique et critique d’écrivains montre que la réflexion se situe au niveau du critique – plutôt que de la critique ; c’est le statut de celui qui la produit qui catégorise la discipline. Significativement, elle va de pair avec les corps professoral et journalistique, corporations où elle puise ses analogies analytiques, ses modes d’expression et ses supports de diffusion, dynamisée par les rivalités et les oppositions qu’elle suscite. Un autre classement s’esquisse, motivé par des critères typologiques et distinguant la critique selon le point de vue observé. Partant des quatre opérations de la critique (décrire, savoir, juger et comprendre), si l’on considère que l’émetteur est l’auteur, que le passeur est le texte et que le récepteur est le lecteur, le critique pourrait bien constituer une quatrième figure aux côtés des trois précédentes : se positionnant après l’auteur, le texte et le lecteur, il prendrait (hériterait) un peu des trois postures en même temps.

Date de publication : 25/09/2008


Mots-clés : critique,Blanchot,Barthes,
Inséré le : 25/09/2008 13:31
Thèmes : critique,