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Beaux bizarres à Besançon
Musiques libres, du 31 octobre au 2 novembre
Chapeau : Mêlant concerts, danse, théâtre musical, poésie sonore et installations, le festival Musiques libres, qui se tient au 31 octobre au 2 novembre à Besançon, porte décidément bien son nom. De Donatienne Michel-Dansac au duo Pennequin /Pauvros, en passant par Xavier Garcia ou l’ensemble Laborintus, l’édition 2008 fait de nouveau la part belle à des musiciens libres… comme l’art.
Source : Les éditions du mouvement (
http://www.mouvement.net)
Genre : brève (Mots-clés : )
Genre Ressource : brève / notice
Genre Agenda : événement / festival
Apparence :
Rubrique : 2008
David SANSON rédacteur
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du 31/10/2008 00:00 au 02/11/2008 00:00
Salle : Besançon
Besançon 25 000 France (Sud-Est)
Texte : « Encore un effort, moins de poésie et plus de bizarre ! » Ces mots du poète Charles Pennequin, figurant en bonne place dans le texte présentant sa venue, le 31 octobre (pour un concert d’ouverture gratuit !), avec le guitariste Jean-François Pauvros (1), pourraient tenir lieu de profession de foi pour ce festival organisé depuis 8 ans par la dynamique association Aspro Impro. En 10 soirées et une exposition, c’est en effet une foule d’artistes de l’étrange, de la friction, qui se croiseront et se rencontreront à Besançon entre 31 octobre et le 2 novembre, bien à l’image de ce festival qui n’a cessé de privilégier les croisements, partant du principe que la création ne saurait se limiter à la seule musique improvisée. Aux côtés de la danse, du théâtre musical ou de la poésie sonore, la musique écrite occupe ainsi une belle place dans le programme de cette édition 2008, avec le pianiste nomade Lionel Malric (qui jouera Bach, Messiaen, Bartók, Ravel, Steve Reich aussi bien que Bill Evans, Thelonious Monk, Ran Blake, Aphex Twin ou des musiques d’Afrique ou de Bali) ou le duo entre le contrebassiste Louis-Michel Marion et Ashley-John Long (Scelsi, Xenakis, Saariaho, Berio…).
Que l’on se rassure (?), il y aura bien aussi, et par-dessus tout, de la poésie. Outre celui cité en préambule, un autre artisan de la voix et des mots, André Minvielle, se produira ainsi en duo avec un musicien – le violoncelliste Didier Petit. Plus encore que les mots, c’est la voix qui domine cette édition de Musiques libres (tout comme elle est au c½ur de Jazz et Musique Improvisée en Franche-Comté, l’autre festival organisé, en juin, par la même association, que la grande Meredith Monk a déjà par deux fois honoré de sa présence) : elle est ainsi au centre du programme proposé par le duo de vocalistes Glossophonie(s), mêlant des pièces d'Aperghis, Rebotier, Cage, Berio, Dusapin, François-Bernard Mâche, Philippe Leroux et Cathy Berberian ; la voix est également la sève des
14 Récitations de Georges Aperghis, prodigieuse pièce de théâtre musical qui, interprétée par la soprano Donatienne Michel-Dansac, constituera l’un des clous du festival ; elle est également la trame du projet
Radiorama de Xavier Garcia, qui remixe 50 ans d’archives radiophoniques mises à sa disposition, orchestrant sur ordinateur un
Hörspiel jouissif et mémoriel.
De la voix au corps, il n’y a qu’un pas, si l’on peut dire : la danse (le duo entre l’ineffable Véronique Albert et l’électronicien Philippe Berger) est légitimement à l’affiche de ces Musiques Libres – et aussi son antithèse, avec
Nabaz’mob, l’opéra pour 100 lapins robots conçu par Antoine Schmitt et Jean-Jacques Birgé (ancien membre du très hétérodoxe collectif Un Drame Musical Instantané). Le mouvement des automates rejoindra celui des musiciens, et regagnera l’univers de la poésie lors de
Chiatoscuro, conte pour objets musicaux imaginé par les percussionnistes du Trio de Bubar. Des notes aux mots, de l’écriture à l’improvisation, du mouvement chorégraphié au geste musical, de la candeur à la fureur, le festival est à l’image de
Cube + mouvement, l’installation que la Coréenne Oh You Kyeong présente du 31 octobre au 2 novembre au Grand-Kursaal : il s’agit de détruire (les clivages, les frontières, les taxinomies) pour mieux construire – des frottements, des rencontres, des confluences. Brouillant la perception, les repères et les cartes, la musique y semble bel et bien libérée. Une libération toute conditionnelle, si l'on en juge par l'inquiétude manifestée par Philippe Romanoni, directeur du festival, dans son éditorial.
1. Sur le « Guitar Poetry Tour », lire l’article de Julien Bécourt dans le numéro 49 de Mouvement
, et également par ailleurs sur ce site.> Musiques libres, du 31 octobre au 2 novembre à Besançon. Tél. 03 81 83 39 09
Date de publication : 22/10/2008
Mots-clés : concerts,danse,théâtre musical,poésie sonore,installations,
Inséré le : 22/10/2008 15:20
Le site d'Aspro Impro -
http://www.aspro-impro.fr
Thèmes : musique,