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The Bairns

Chapeau : Fort d’un héritage traditionnel du Nord de l’Angleterre, le deuxième album de Rachel Unthank and The Winterset, quatuor féminin originaire de Newcastle, offre un folk d’une pureté cristalline et d’une grande mélancolie, qui déroute autant qu’il envoûte. Ecoute guidée par la principale intéressée.
Date : Folk. Label/distributeur : Rough Trade/Beggars

Source : Les éditions du mouvement (http://www.mouvement.net)

Genre : chronique (Mots-clés : )

Genre Ressource : édito / chronique

Genre Agenda : musique

Apparence :

Rubrique : CD de la semaine

Rachel Unthank and The Winterset groupe de musique
Sophie Rosemont rédacteur

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01_felton_lonnin.mp3 (crédits : Rachel Unthank and The Winterset / titre : Felton Lonnin / )
09_sea_song.mp3 (crédits : Rachel Unthank and The Winterset / titre : Sea Song / )

Texte : Elles sortent de nulle part… ou peut-être d’un roman de Jane Austen. Rachel Unthank and The Winterset viennent pourtant d’être nominées au Mercury Music Prize. Elles l’ont frôlé de très près tant elles ont soulevé l’enthousiasme. Le jury s’est laissé charmer par la maturité de ce jeune quatuor féminin, présenté comme un groupe de folk. On pense d’abord à une armée de Cat Power anglaises jusqu’à ce que l’on entende leur musique dépouillée à l’extrême et pourtant habitée de violons, de cordes délicates et de piano triste. Rachel Unthank tient cependant à cette étiquette : « Les gens nous disent souvent : “On n’aime pas le folk, mais vous, oui !” Oui, nous faisons de la musique folk, mais sans doute pas celle à laquelle on s’attend habituellement. »
A l’origine de cette formation, il y a les s½urs Unthank, Rachel et Becky, originaire de Newcastle. Elevées par des parents musiciens dans la pure tradition de la Tyneside, elles jouent et chantent sous influence de la « tantôt sombre, tantôt comique chanson traditionnelle du nord de l’Angleterre ». Les deux s½urs font très tôt leurs armes dans des festivals locaux avant de rencontrer leur futur manager Adrian McNally. Celui-ci leur suggère avec pertinence qu’elles ne peuvent rester seules dans une introversion loin d’être bénéfique. Elles recrutent alors l’altiste Jackie Oates et la pianiste Belinda O’Hooley pour enregistrer un premier album singulier, Cruel Sister. Quelques crêpages de cheveux plus tard, les Unthank se retrouvent à nouveau en duo. En 2007, elles s’adjoignent les services de la pianiste Stef Conner et de la brillante violoniste Niopha Keegan, spécialisée dans les sonorités traditionnelles irlandaises. Cette nouvelle formation semblerait être la bonne.
Leur nouvel album résonne en effet de ces nouvelles présences : on se croirait parfois dans une fête champêtre et verdoyante de la banlieue de Dublin. Ce folk épuré signe en toute logique un retour aux sources et aux légendes ancestrales britanniques. Ce sentiment est renforcé dès l’écoute du premier titre, Newcastle Lullaby. « Nous l’avons conçu à la maison et dans un chalet dans le Northumberland, près du mur d'Hadrien, explique l’intéressée. Nous enregistrions nos voix dans le placard sous l'escalier, et, pour ne pas perdre de temps, nous allions au lit à tour de rôle afin de travailler également toute la nuit. »
Construit autour des seules voix et cordes, The Bairns est un disque quelquefois déprimant à l’excès – des chansons comme My Donald n’étaient franchement pas nécessaires. Mais il brille d’une telle pureté qu’on lui pardonne les côtés obscurs de son indéniable force d’expression. « Mise à part notre musique traditionnelle, nous aimons aussi beaucoup Antony and the Johnsons, Sufjans Stevens, Bonnie Prince Billy et Regina Specktor », précise Rachel Unthank. La reprise du Sea Song de celui qui demeure leur principale référence, Robert Wyatt, est d’ailleurs une réussite de retenue et de précision vocale. Et le chant de Rachel Unthank, contrastant avec son visage mutin, rappelle les moments de grâce de Sinead O’Connor.
L’ombre et la lumière semblent se livrer ici un perpétuel affrontement, que chacune gagne à tour de rôle au fil de ces quinze chansons souvent empreintes d’une poésie d’un autre temps (Blue’s Gaen oot o’the Fashion, My Donald). Magistralement refermé par la sublime et mélodieuse narration de Felton Lonnin, The Bairns incite à une rêverie contemplative.

Date de publication : 19/11/2008


Mots-clés : folk,pureté,cristalline,mélancolie,cordes,piano,
Inséré le : 19/11/2008 18:55
Le site de Rachel Unthank & The Winterset - http://www.rachelunthank.com

Thèmes : musique,