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La maturation Sonic Protest
Sonic Protest à Paris
Chapeau : Avec sa septième édition dans différents lieux parisiens du 8 au 14 décembre prochain, le festival Sonic Protest change de dimension et s'affirme aux côtés de Villette Sonique comme l’un des rendez-vous hexagonaux les plus électriques, expérimentaux et truculents du moment. En piste donc pour un tour d'horizon d'une programmation 2008 qui s'annonce vrombissante.
Source : Les éditions du mouvement (
http://www.mouvement.net)
Genre : brève (Mots-clés : )
Genre Ressource : brève / notice
Genre Agenda : événement / festival
Apparence :
Rubrique : 2008
Laurent Catala rédacteur
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du 08/12/2008 00:00 au 14/12/2008 00:00
Paris France
Texte : C'est un fait. Avec la crise financière, la remise en cause des 35 heures par Sarko and Co, le chômage qui monte et le pouvoir d'achat qui descend, on nous avait promis un automne social plombé, une vague de réactions virulentes qui feraient résonner le pavé parisien. Que nenni ! Les rues sont restées calmes, les manifestants apathiques et en guise de protestation, seul Sonic Protest semble en mesure de secouer un peu la morosité ambiante de cette fin d'année.
En six années d'existence, ce festival itinérant adéquatement dédié aux pérégrinations soniques, électriques, psychédéliques, post-éclectiques en tout genre, a creusé son trou dans le paysage musical de la capitale. Aux côtés d'autres évènements annuels du même acabit, comme Villette Sonique par exemple, Sonic Protest s'est révélé en affichant un non-conformisme militant doublé d'un hédonisme bruitiste truculent qui a su rendre ce rendez-vous aussi incontournable qu'attachant.
Sept soirées…Huit lieux !Sonic Protest a pris l'habitude de tenir chacune de ses éditions autour d'un lieu central et de quelques espaces satellites. Cette année, pour sa septième mouture, ce sera un peu l'hallali, puisque pas moins de huit lieux, pour sept soirées, seront réquisitionnés pour l'occasion : les traditionnels Instants Chavirés, fer de lance historique du festival, mais également la Galerie Nuit d'Encre, le Centre Culturel Suédois, le Trabendo, La Maroquinerie, La Maison des Métallos, le Point Ephémère et le 104.
Corollaire évident d'un tel déploiement spatial, la programmation musicale aura cette année une saveur particulièrement pimentée avec une affiche extensible, qui balaiera largement les champs de l'irrévérence sonore dans des propositions corrosives et décalées hautes en couleur.
Dès le 8 décembre, la Galerie Nuit d'Encre accueillera les représentants du micro-état d'Elgaland-Vargaland, leurs altesses magnétiques Leif Elggren et Carl Michael von Hausswolff pour l'ouverture d'un consulat parisien qui délivrera visa pour basses fréquences et permis de larsen. Une expérience prolongée le lendemain par les deux mêmes têtes couronnées, en solo cette fois et dans le cadre du Centre Culturel suédois.
On reste en Scandinavie, mais pas seulement, puisque le 10 décembre les expérimentations de drones cataleptiques entretenus avec force guitares et batterie des Suédois de Skull Defekts investiront les Instants Chavirés. Un sens rythmique, répétitif et vrombissant que ne renieront pas leurs compagnons d'un soir de Shit and Shine, campés derrière l’armada de leurs deux basses et de leur quatre batteries ! La scène tiendra-t-elle ? Jean-Louis Costes en personne en répondra, pour un récital poétique et introspectif au piano et au chant. Fichtre !
Le 11 décembre, les Californiens de Deerhoof viendront jouer de leurs passerelles improbables entre pop et noise/rock avant-gardiste, histoire de cerner deux registres musicaux que viendront également bousculer les délicats Parenthetical Girls, experts en complaintes larvées de xylophones, et les non moins caustiques Dimension X, dont le free-rock intempestif sera emmené par le batteur Chris Corsano, accompagné du bassiste de Zu Massimo Pupillo et du guitariste David Chalmin. A signaler également la présence de l'orchestre le plus trash du bassin de la Seine, souvent présenté comme un croisement intempestif de Naked City et des musiques d'Emir Kusturica, à savoir les Stanley Kubi.
Catalogue à l'affiche !Séquence historique le 12 décembre puisque le batteur Gilbert Artman, le guitariste Jean-François Pauvros et le trompettiste Jac Berrocal ressortiront des limbes du passé Catalogue, sans doute le groupe français le plus culte du rock expérimental hexagonal des années 70. Une explosion sonore libertaire et précieuse que viendront compléter de leur goût exacerbé pour les serial killers les tout aussi rares et vitupérants suédois de Brainbombs, l'une des premières signatures du label américain de référence Load Recordings, ainsi que les parisiens Fred Nipi et le trio Yann Gourdon, Mathieu Thily et Jérémie Sauvage.
L'art du décalage et du contre-pied sera à l'honneur l'après-midi du samedi 13 décembre à la Maison des Métallos puisque le guitariste Noel Akchoté s'attaquera au répertoire de Kylie Minogue tandis que le poète urbain Ghédalia Tazartès se fera accompagner de deux jeunes manipulateurs de bandes, El-G et Jo Lang, pour une séance d'improvisation dadaïste. Cerise sur le gâteau, le chanteur et compositeur Alvaro Pena-Rojas, précurseur post-punk elliptique sur son légendaire album
Drink My Own Sperm, passé depuis à des expériences folk/latino déviantes, sera l'invité d'honneur de ses agapes ubuesques.
En soirée, le défoulement sera de rigueur au Point Ephémère avec une ribambelle de projets plus déjantés et instinctifs les uns que les autres. Si l'inventivité et le sens des variations rythmiques du duo franco-américain Berg Sans Nipple jouera davantage dans la finesse, les collisions à prévoir seront abruptes avec l'électro-punk engagé de Die Goldenen Zitronen, la démesure distordue d'Ero Babaa (projet de Jeff Pichard des Instants) et les louveteaux élevés au noise-psyché de Salmigondis.
Les fêtes de fin d'année approchant, la journée de clôture du dimanche, dans un 104 fraîchement ouvert dans le nord-est parisien, mettra les petits plats dans les grands pour un anti-marché de noël ! Amateurs de rondelles vinyles et de publications indépendantes seront gâtés par les stands de Bimbo Tower, PPT et autres activistes. L'offre musicale ne sera pas en reste, puisque entre deux crêpes au sucre vous pourrez retrouver, entres autres, la violoncelliste Joelle Léandre en solo, les révolutionnaires industriels corses d'Ich Bin, le duo platines et percussions de Claus Van Bebber et Michael Vorfeld, l'organiste Charlie O ou les dialogues forcément impromptus entre le quatuor environnementaliste Gol et l'invétéré batteur Charles Hayward.
Prenez votre souffle, préparez vos conduits auditifs et votre pass navigo car cette semaine de Sonic Protest sera bien l'épreuve attendue de cette fin 2008.
> Sonic Protest, du 8 au 14 décembre dans huit lieux parisiens : les Instants Chavirés, la Galerie Nuit d'Encre, le Centre Culturel Suédois, le Trabendo, La Maroquinerie, La Maison des Métallos, le Point Ephémère et le 104.
Date de publication : 26/11/2008
Mots-clés : hexagonal,secouer,paysage,musical,capitale,noise,rock,électro,bruitiste,duo,trio,noël,
Inséré le : 26/11/2008 17:03
Le site de Sonic Protest -
http://www.sonicprotest.com/
Thèmes : musique,