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Tant Que Les Heures Passent

Bérangère Maximin

Chapeau : Ce lundi 8 décembre, Bérengère Maximin présentera en concert à Mains d’Œuvres les pièces de son premier album récemment accueilli par John Zorn dans la fameuse collection « New Composers » de son label Tzadik. Une reconnaissance – déjà ! – pour une artiste dont l'approche électroacoustique méticuleuse se double d'un goût pour les manipulations live et les interventions vocales autodirigées.
Date : Electro-acoustique. Label/distributeur : Tzadik / Orkhêstra

Source : Les éditions du mouvement (http://www.mouvement.net)

Genre : chronique (Mots-clés : )

Genre Ressource : compte rendu

Genre Agenda : musique

Apparence :

Rubrique : CD de la semaine

Bérangère MAXIMIN musicien electronique
Laurent Catala rédacteur

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boudmo.mp3 (crédits : Berangère Maximin / titre : Boudmo / )

Texte : Même si le propre des défricheurs de l'électro-acoustique, et plus prosaïquement des compositeurs de musique sur bandes, est d'être le plus souvent confronté à eux-mêmes, dans leur très solitaire travail de retranscription et de modification d'un environnement sonore redimensionné à leur subjectivité artistique, il existe néanmoins des rencontres qui marquent. Celle de Bérangère Maximin et de John Zorn est de celles-là. Entre le mentor du label Tzadik et la jeune compositrice française, le courant musical est immédiatement passé, ce dont témoigne ce Tant Que Les Heures Passent publié dans la collection Composer Series. "C’est un bon producteur, attentif à mon évolution" nous glisse Bérangère Maximin au sujet de cette rencontre. "Humainement, John est impressionnant de charisme et d'assurance, il parle en vous regardant droit dans les yeux ce qui est intimidant au début. Je l'ai rencontré peu après avoir travaillé avec lui sur le disque, à la Cité de la musique en juin dernier, pour la série de concerts dont il était la vedette".
De fait, l'ancienne élève de Denis Dufour au Conservatoire de Perpignan, qui a par ailleurs fait ses armes au sein de l'entité Motus, affiche sur ce disque une personnalité musicale affirmée, passant en revue un travail de composition dans la durée déjà conséquent plutôt qu'une copie de l'instant. Depuis son home-studio parisien, Bérangère Maximin peaufine sa musique avec une méticulosité et un sens de l'équilibre qui rudoie l'écoute. Elle va puiser au cœur de larges matières sonores un sens dynamique qui confère à ces pièces une motricité évidente, voire une vie propre... Dès lors, les nuances se manifestent avec un sens de l'humour manifeste (la fanfare entre volière et ressorts bondissants qui parsème Tant que les heures passent), ou avec un goût de la trituration rythmique qui renvoie autant à des abstractions ethniques ou aux musiques improvisées qu'à un sens de la composition électronique très Aphex Twinien (Boudmo). D'autres influences percent, celle de Steve Reich notamment sur le minimal et tournoyant Si ce n'est toi. Mais ce n'est que pour mieux épouser les contours d'un univers bancal, complexe et indéniablement attirant. Bérangère Maximin aime le direct en studio. "Je compose plus de musique mixte pour voix en direct et support audio, des morceaux peut-être plus adaptés à la scène", affirme t-elle d'ailleurs. "Je m'emploie à faire cohabiter le tout dans une ambiance plus recherchée, en alternant écoute attentive et flottante. Je progresse de concert en concert en injectant mon expérience d'une fois à l'autre".
Cette prise directe sur sa musique s'entend d'ailleurs dans la fertile matière sonore de l'album, manipulée avec un sens organique confondant, gardant à chaque écoute tout son effet vrombissant. L'expérience est optimale sur La mécanique des ombres, sorte de bateau ivre affleurant à la surface d'une mer électro-acoustique d'où surgissent salves orchestrales, brisures métalliques et boisées, ondulations électriques fluant et refluant au milieu du tangage de percussions malignes. Surtout, Bérangère Maximin se livre à corps perdu. Sur le très intime Ce corps vil, elle esquisse un curieux exercice parlé d'auto-description (destruction?) poétique, teinté d'une ironie funèbre et autant influencé par les textes illuminés d'artistes folk-rock (Bob Dylan, Tom Waits, Lou Reed et d'autres sont cités) que par les peintures rêveusement surréalistes de son peintre de mari, Anton Yakutovitch. C’est la pièce ultime pour se lover dans ce disque aux mille et une aspérités baladeuses, en attendant sa prochaine apparition à Mains d'œuvres le 8 décembre prochain. "Pour ce concert j'ai fait une setlist adaptée au matériel et à la sensibilité du lieu. Je ferai écouter deux pièces du disque mise en espace sur leur matériel, mais je jouerai surtout des morceaux inédits, plus pulsés, plus instrumentaux, inspirés de la street culture. La moitié de ce show a été composé cet automne et comporte plus de passages où j'interviens à la voix. Il y a plus de textes en
langue anglaise aussi. Je suis de moins en moins complexée par mon accent et je ressens d'autant mieux la beauté de la langue."


> Bérengère Maximin est en concert à Mains d’Œuvres le lundi 8 décembre, à la même affiche que James Blackshaw, virtuose de la guitare et dernière signature en date du label Young Record Records, dirigé par Michael Gira.

Date de publication : 02/12/2008


Mots-clés : électro-acoustique,manipulation,solitaire,fanfare,home-studio,intime,métallique,concert,
Inséré le : 02/12/2008 14:49
Le site de l'artiste - http://www.myspace.com/maximinberangere
Le site du label - http://www.tzadik.com

Thèmes : musique,