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Monde en déliquescence

Côte d’Azur au Théâtre de la Mezzanine

Chapeau : Deux ans après les égouts de Nous sommes tous des papous, la nouvelle création du Théâtre de la Mezzanine propose jusqu’au 8 décembre à la Serre la mise en scène d’une micro-société retranchée derrière ses barricades. Loin de l’éternelle querelle entre rue et salle, incursion dans le « théâtre d’images à travers les murs » de Denis Chabroullet.

Source : Les éditions du mouvement (http://www.mouvement.net)

Genre : compte-rendu (Mots-clés : )

Genre Ressource : compte rendu

Genre Agenda : théâtre

Apparence :

Rubrique : Espace critique

Denis CHABROULLET Metteur en scène
Julie BORDENAVE rédacteur

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du 03/12/2008 00:00 au 08/12/2008 00:00
Salle : La Serre




Texte : Côte d’Azur : un vocable qui fleure bon la belle époque, le faste et le farniente. A l’imagerie de la Riviera flamboyante des années 1920, Denis Chabroullet préfère celle des premiers congés payés, pour y injecter la déliquescence d’un monde en perdition. « Quand on dit Côte d’Azur, on pense tout de suite à la belle, la vraie Côte, celle que j’ai connue il y a longtemps. Mais Azur, c’est surtout pour moi une marque d’essence, la maison mère de Total. Ce titre est visuel, il fait appel au côté nostalgique des années 1960, du temps où la N7 était parsemée de pompes Azur. Côte d’Azur est un titre qui me fait encore rêver, à l’inverse du spectacle que je propose… » À l’évocation d’une région tape à l’½il, Denis Chabroullet oppose celle d’une province surannée, qui apparaît furtivement dans le talon compensé d’une sandale en plastique bon marché, dans les règlements de compte entre garagistes roublards ou dans le néon clignotant d’un motel borgne. Et cette eau, omniprésente, qui suinte et ruisselle… Malade, viciée, consanguine, la Côte d’Azur de Denis Chabroullet est avant tout victime d’un repli sur soi qui lui grignote lentement les viscères. « Ce spectacle est une tranche de société. J’ai imaginé que ces gens s’étaient enfermés il y a des années dans ces palissades, à cause de la peur ambiante. Les spectacles que j’écris sont le reflet de ce que je vois autour de moi, travailler en banlieue donne des idées. Le fait de s’enfermer, c’est vieux comme le monde. La Muraille de Chine a été construite pour séparer les « Barbares » des autres. On construit maintenant des lotissements fermés par des grilles dans nos banlieues… Mais s’enfermer, ce n’est pas la bonne solution. Il faudrait au contraire tenter d’établir des ponts. Ces gens, normaux au départ, deviennent dégénérés à force de rester enfermés. Comme notre planète. »

Date de publication : 03/12/2008


Mots-clés : ville,monde,palissade,perdition,beauté,clôture,enfermement,latence,respiration,déchirure,
Inséré le : 03/12/2008 16:20
Le site du Théâtre de la Mezzanine - http://www.theatredelamezzanine.com/

Thèmes : théâtre,