Si la page ne s'affiche pas, cliquez ici !!!

Le son domestiqué

Sébastien Roux au Festival Clandestin

Chapeau : Le musicien Sébastien Roux donnera un concert réservé aux lecteurs de Mouvement, dans le cadre de notre Festival Clandestin, le 24 février à la Maison de la Radio. A cette occasion, nous vous proposons de lire le portrait (publié dans le numéro 50 de la revue ) de ce musicien polymorphe, dont le travail est un jeu permanent avec l’espace.

Source : Les éditions du mouvement (http://www.mouvement.net)

Genre : portrait (Mots-clés : )

Genre Ressource : portrait

Genre Agenda : musique

Apparence :

Rubrique : Le Vrac

Sébastien Roux musicien
Célia HOUDART rédacteur

petit_sebastien_roux.jpg ()
rectangle_sebastien_roux.jpg ()

du 24/02/2009 20:00 au 24/02/2009 00:00
Salle : Maison de la Radio (16e)
116, avenue du Président Kennedy
0156401516
Paris 75016 France (Ile-de-France)




Texte : Biographie / Né en 1977, Sébastien Roux est guitariste dans divers groupes de rock avant d’entamer une carrière de compositeur de musique électronique qu’il déploie tous azimuts : disques (sur les labels new-yorkais apestaartje, 12k et Carpark, ou encore pour n-rec, Optical Sound, Room40, Tiramizu, Brocoli), concerts, pièces de musiques concrètes, improvisation (avec Vincent Epplay), performances audiovisuelles, musique pour la danse (il a signé la conception sonore du récent Faune(s) d’Olivier Dubois, créé au Festival d’Avignon en 2008) ou pour le cinéma, art radiophonique (en 2005, il est lauréat du concours d’art radiophonique de La Muse en Circuit), ciné-concerts (du MAC/VAL à la Fondation Cartier), installations… Parallèlement, il travaille à l’Ircam et comme assistant du compositeur de Georges Aperghis. Sébastien Roux est compositeur en résidence à La Muse En Circuit en 2009 et, pour la saison 2009-2010, au studio Césaré (Reims).

Une dérive dans la ville de Nantes conçue comme un poème bruitiste pour voix chuchotées. Une mélodie pop qui avance par à-coups, répétitions, et légers brouillages. Des miniatures pleines d’irisations composées pour instruments acoustiques dans un esprit d’expérimentation. L’écriture de Sébastien Roux est à la lisière des genres : musique concrète, électroacoustique, art radiophonique, pop, musique instrumentale. D’un projet à l’autre (CD, installation, Hörspiel, concert…), une sorte de principe actif (et très jouissif) dissout les catégories esthétiques ou rend soudain moins stables leurs contours.

Hybridations
Dans Revers Ouest*, la voix des récitants (Emma Morin et Laurent Poitrenaux) est mixée au même niveau que leur souffle. Les phrases sont volontairement tronquées ou dites en parlant si bas que seule la crête des mots parvient à nos oreilles. Nos repères spatio-temporels sont bousculés. Notre imagination, stimulée par la nature même de tous ces matériaux, complète à loisir.
Lorsqu’il collabore avec des instrumentistes (par exemple Séverine Ballon pour Oblique), Sébastien Roux mêle une notation graphique (un motif, quelques mesures) et de brèves improvisations (à la recherche d’une couleur ou d’une texture). La pièce organise des flux acoustiques et électroniques ; tantôt parallèles, tantôt opposées, leurs directions et leurs interactions engendrent des espaces sonores insoupçonnés. D’autres fois, il s’agit de mélodies jouées à la guitare prises dans un feuilletage de sons et qui s’arrêtent net (Songs), ou d’un fragment traité en accéléré qui aspire tout et forme comme des trous d’air sur son passage (Précisions sur les vagues #2). Un même geste musical peut revêtir des sens différents selon le contexte : le field recording (captations de sons d’ambiance) produit, dans un album, un effet de réel qui rend possible le surgissement d’un paysage (craquements de branchages et cours d’eau dans Merveilles), mais ailleurs, il agira comme un puissant facteur d’abstraction tenant à distance un réel trop prévisible (les raz-de-marée de foule préférés au son de la mer dans Précisions sur les vagues #2).

Une oreille que l'on entendrait travailler
Lorsqu’on écoute une pièce de Sébastien Roux, on est à chaque fois saisi par une sorte d’adhérence au son, qui tient probablement à la relation que ce musicien entretient avec le répertoire (classique, pop, rock, contemporain) et les bruits du monde. Affleurements, mouvements souterrains, brisures, étirement d’un souvenir. Le rapport au son est organique. Proche en cela du travail de Dominique Petitgand, l’expérience que nous propose Sébastien Roux est celle d’une intimité d’écoute. Ecoute du timbre d’un instrument, d’une voix… ou de la pièce d’un autre compositeur. A ce titre, l’assistanat musical mené depuis plusieurs années auprès de Georges Aperghis est une expérience rare pour ce jeune artiste, tant pour l’expérimentation en studio que pour l’accompagnement de projets scéniques (Avis de tempête, Happy End) que cela suppose. Cette rencontre a agi comme un fort stimulant pour Sébastien Roux, lui indiquant plus que jamais peut-être que le son est une matière dont on peut ausculter les moindres particules, les plus infimes grains, sans s’appesantir ni se laisser guider par les règles du beau son (écouter Paquet surprise, album ping-pong et à l’humeur particulièrement enjouée conçu avec Greg Davis, ou Songs, dans lequel l’écriture fragmentaire, presque formelle, empêche que le son ne se développe librement).

Du son dans le champ des arts plastiques
Plusieurs compositions de Sébastien Roux s’inscrivent dans des projets pluridisciplinaires et sont indissociables de dispositifs (d’écoute) conçus pour (et simultanément à) elles : Wall-paper Music, série d’installations sonores (réseau de haut-parleurs plats intégré à un mur recouvert de papier peint) impliquant plasticiens, designers/graphistes (Cocktail Designers) et musiciens (Sogar, Stephan Mathieu, FRZ, Leafcutter John), Stereo Rider, collection de cartes postales sonores scénographiée par l’artiste Pierre Belouin, Précisions sur les vagues #2 (installation réalisée en collaboration avec Olivier Vadrot, les Cocktails Designers, Christophe Hauser et moi-même, sur un texte de Marie Darrieussecq dit par Valérie Dréville). « Pour cette installation, explique Sébastien Roux, des mini-enceintes ont été placées dans des alvéoles dans lesquelles on peut s’asseoir. Elles diffusent du son tout proche du corps de l’auditeur. Comme lorsqu’on est lové, pris dans une vague. La bande-son est composée de courtes séquences agencées et diffusées sur un mode aléatoire. Les petits blocs de textes et de sons déferlent comme des vagues, à l’infini. Il y a des moments de contemplation, de longs préludes, presque silencieux, où l’on regarde la mer comme Shigeru, le surfeur sourd-muet du film A Scene At The Sea de Takeshi Kitano. Et d’autres moments assez surf, toujours, mais sur la côte Ouest, où les mouvements vifs de l’océan inspirent les Beach Boys. »
L’espace n’est pas un élément réservé aux expériences menées dans le champ des arts plastiques, il est également déterminant lors des concerts ou de l’édition d’un CD, Sébastien Roux pousse toujours loin l’exploration des possibilités offertes par la stéréophonie. Dynamiques de textures, brèves incises, violentes poussées de gauche à droite, lents plans fixes (Heller, Revers Ouest*), tout un monde sensible prend vie. Il résulte de la simple écoute domestique. C’est un concentré de bonheur. Et cela a lieu chez vous.

> Le 24 février au Studio 116 de la Maison de la Radio : concert-diffusion de la pièce électroacoustique de Sébastien Roux Revers Ouest, 20h. Concert gratuit, réservation obligatoire en cliquant ici

> Nouveautés discographiques : Merveilles, avec G. Davis (Ahornfelder - voir mouvement.net) ; CD avec v. Epplay à paraître chez Brocoli/Cod&S.
> Concert : le 27 mai à Paris, Maison des Métallos.
> Ciné-concerts : Nanouk l'Esquimau, avec V. Epplay, le 29 janvier à Paris, Fondation Cartier, le 1er février à Bourogne et le 27 à Allonnes.
> Musiques pour la danse : Pan!, chor. Lionel Hoche, le 27 janvier à l'Atheneum de Dijon, du 5 au 10 février à Pantin, CND, et du 5 au 7 mai à Paris, l'Etoile du Nord.
Précaire (3e partie), chor. Marinette Dozeville, le 15 janvier au Manège de Reims et les 9 et 10 mars à Rethel.
> Installations : Précisions sur les vagues #2 et Wallpaper Music sont présentées du 30 avril au 15 juin à FriArt, Fribourg (Suisse).



Mots-clés : sébastien roux, musique, festical clandestin, maison de la radio
Inséré le : 16/02/2009 18:07