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Killing Fascists

M. Ward, nostalgique et engagé

Chapeau : Depuis le début des années 1990, M. Ward cultive en toute discrétion les racines de la country, du folk et du rock. Si le projet ludique de She and Him l’a fait connaître d’un plus large public, cet auteur-compositeur-interprète et guitariste prodige n’aime rien tant que se dissimuler, estimant suffisant de livrer ses chansons. A juste titre.

Source : Les éditions du mouvement (http://www.mouvement.net)

Genre : portrait (Mots-clés : )

Genre Ressource : portrait

Genre Agenda : musique

Apparence :

Rubrique : Espace critique

Matthew Ward musicien
Sophie Rosemont rédacteur

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du 26/02/2009 00:00 au 26/02/2009 00:00
Salle : Café de la Danse
5 passage Louis Philippe
01 40 21 70 70
Métro Bastille
Paris France (Ile-de-France)




Texte : Son nom de scène révèle déjà chez lui un certain sens de la discrétion. Refusant de préciser jusqu’à son prénom, Matthew Ward est né en Californie au milieu des années 1970. Il y mène une enfance paisible et sans histoires rocambolesques : « J’aimais les jeux stupides, regarder la télé, faire du sport, j’allais à l’école, bref, je faisais des trucs d’enfant. Mes parents écoutaient du classique, de la country, du gospel… ce qui m’a beaucoup influencé. Mon père écoutait beaucoup Johnny Cash, qui est à mes yeux une figure impressionnante et mémorable. » A quinze ans, il apprend à jouer de la guitare. Après quelques années consacrées au projet Rodriguez, dont l’unique disque est produit par Jason Lytle de Grandaddy, M. Ward part enregistrer son premier album solo (Duet For Guitars #2, 2000) à Portland, dans l’Oregon. Il ne quittera plus cette ville, « ni trop calme, ni trop agitée, qui fourmille d’excellents musiciens et d’excellents studios ». S’ensuivent alors, dans le même genre de folk abrupt, le timide End of Amnesia (2001), l’accompli Transfigurations of Vincent (2003), le passéiste Transistor Radio (2005) et le mature Post-War (2006). Toujours sur la route, il participe à la tournée Vote for Change, en soutien au candidat John Kerry, et, contrairement aux récents adeptes d’Obama, revendique sa ferveur démocrate depuis ses débuts.

Comme son titre l’indique, Hold Time, sixième album studio de M. Ward, creuse plus avant cette veine volontairement rétro que cultive depuis toujours le musicien, dont les chansons sont promptes à susciter la nostalgie. En témoigne un morceau tel que Shangri-La, belle référence au pays inventé par l’écrivain James Hilton (1900-1954) avec l’Horizon perdu. Pourtant, il émane de Hold Time une véritable joie de vivre, une bouffée d’énergie positive, parfois traversée d’inflexions plus inquiètes, où même le chant de M. Ward semble s’étreindre d’émotion : voir For Beginners, proche d’une lo-fi richement mélodieuse, ou le morceau suivant, Never Had Nobody Like You, qui s’inspire de la chanson d’amour country à la Johnny Cash. L’homogénéité de cet album, qui ne déborde pas des cases tant il les explore, se partage entre le folk dépouillé, la country revigorante et même le boogie-woogie fédérateur. Et ne se prive pas d’une reprise enjouée de Buddy Holly, Rave On – imitant ainsi Led Zeppelin ou les Clash.

> A écouter : Hold Time (CD 4AD/Beggars).
> Concert : le 26 février à Paris, Café de la Danse.

Date de publication : 17/02/2009


Mots-clés : folk,country,woody guthrie,
Inséré le : 17/02/2009 18:36