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Des parents qui font peur…

Les Névroses sexuelles de nos parents de Lukas Bärfuss mis en scène au Théâtre Paris-Villette

Chapeau : Hauke Lanz et un quatuor d’acteurs sauvagement poètes proposent au Théâtre Paris-Villette Les Névroses sexuelles de nos parents de Lukas Bärfuss. Une mise en scène aux antipodes des jeux inoffensifs de Bruno Bayen en 2006.

Source : Les éditions du mouvement (http://www.mouvement.net)

Genre : présentation (Mots-clés : )

Genre Agenda : théâtre

Apparence :

Rubrique : Le Vrac

Lukas Bärfuss auteur
Chloé Delaume auteur
Frédéric LEIDGENS acteur
Hauke Lanz Metteur en scène
Pierre Maillet acteur
Murielle Martinelli actrice
Laure Wolf actrice
Mari-Mai CORBEL rédacteur

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du 23/02/2009 19:30 au 23/02/2009 00:00
Salle : Théâtre Paris-Villette
211, avenue Jean-Jaurès
01 42 02 02 68
Paris 75019 France (Ile-de-France)



du 23/02/2009 19:30 au 14/03/2009 00:00
Salle : Théâtre Paris-Villette
211, avenue Jean-Jaurès
01 42 02 02 68
Paris 75019 France (Ile-de-France)



du 24/02/2009 21:00 au 24/02/2009 00:00
Salle : Théâtre Paris-Villette
211, avenue Jean-Jaurès
01 42 02 02 68
Paris 75019 France (Ile-de-France)



du 25/02/2009 19:30 au 25/02/2009 00:00
Salle : Théâtre Paris-Villette
211, avenue Jean-Jaurès
01 42 02 02 68
Paris 75019 France (Ile-de-France)



du 26/02/2009 21:00 au 26/02/2009 00:00
Salle : Théâtre Paris-Villette
211, avenue Jean-Jaurès
01 42 02 02 68
Paris 75019 France (Ile-de-France)




Texte : Hauke Lanz porte le projet Des Névroses sexuelles de nos parents depuis bien avant que les enfants remuants soient, en France, un sujet de législation. Si sa présentation au théâtre de Paris-Villette a pris entre temps une actualité brûlante, c’est dès 2005 que le texte de l’auteur suisse et germanophone Lukas Bärfuss l’a retenu comme représentant de manière radicale la répression du désir. Hauke Lanz a aussitôt pensé à des acteurs aussi monstrueux et poètes que Frédéric Leidgens, Pierre Maillet et Laure Wolf, plus tard à Murielle Martinelli, une plus jeune actrice qui va avoir à se confronter à eux. Si Hauke Lanz travaille à reconnecter l’intime et le politique (1), l’acteur et la scénographie sont centraux dans son théâtre.
Les acteurs, chez Hauke Lanz, sont des objections vivantes aux logiques sociales et familiales mortifères que les textes qu’il choisit représentent afin de provoquer des réactions contestataires chez le spectateur. Les acteurs incarnent une résistance d’individu, essentielle pour Hauke Lanz et qui donne à l’art sa portée politique. Pour Hauke Lanz, Les Névroses sexuelles de nos parents donnent à voir comment « une résistance à l’insidieuse mise aux normes qui nous dévore déclenche une réaction ultra brutale, qui renvoie aux lois scélérates votées ici ou là, contre toutes les peurs et qui finissent par convoquer des spectres politiques qu’on croyait révolus ». Pour Hauke Lanz, la pièce parle de la différence absolue dont chaque sexualité est porteuse. Elle peut se lire comme «un manifeste social » .

Le metteur en scène, d’origine allemande et installé à Paris, a repris la traduction, trop policée selon lui, de Bruno Bayen, qui l’a mise en scène en 2006 (L’Arche, 2005). Pour Hauke Lanz, il ne faut pas se tromper sur le personnage de la jeune Dora. Dora n’a des Lolita que l’apparence que les adultes leur prêtent pour mieux nier l’idée même que des enfants et des adolescents soient porteurs d’un désir puissant et autrement inventif que ce que, eux, en ont fait. Des Lolitas filles ou garçons, ravalés par les images sociales à de purs objets sexuels, pantins faisant tourner le marché de la mode, micro stars académiques émoustillant des vicelards sans désir.
Leurs représentations lisses et maigrelettes trahissent le projet sous-jacent de les normaliser, de les priver de corps, de standardiser à travers l’érotisme, les comportements sexuels et amoureux. Au contraire, la sexualité naissante de Dora objecte sa bien réelle existence et liberté d’esprit. Si à travers son langage, cru et poétique à la fois, son inconscient s’écoule comme d’une plaie ouverte, la jeune fille est moins naïve que sa capacité à évoquer si librement son intimité ne le laisse penser. Car Dora se sent moins importante que ce qu’elle a à dire et faire. Mais « projetant son intimité dans l’espace public », elle fait trembler l’idée reçue la plus consensuelle sur la séparation entre la sphère publique et la sphère intime, même si les recherches de Michel Foucault ont montré à quel point le sexe était politique.
Que Dora invente l’amour dès sa première rencontre sexuelle et physique, tout en n’ayant rien à faire des convenances comme de ce qu’il conviendrait, à son âge, d’aimer : un joli jeune homme bien élevé, par exemple, est le plus propre à déranger. « La sexualité à vue de Dora crée un désordre pour les autres personnages sexuellement normés », remarque Hauke Lanz. En elle, c’est la guerre et l’amour à mort. Très vite, les adultes la stigmatisent, la médicalisent, la diagnostiquent, la coupent en petits morceaux : ici le corps, là la tête et là-bas le sexe. Un comprimé pour chaque partie, une balle pour l’imaginaire.

La question de la limite entre l’intime et le public fait l’objet d’un volet interactif, sur le web, auquel vous pouvez participer dans le cadre du Festival clandestin organisé par Mouvement. Hauke Lanz propose un site www.lesnevrosessexuellesdenosparents.fr sur lequel il sera possible pendant plusieurs séances (les 26 février, 5 et 12 mars) de se connecter et de rentrer en relation avec le plateau. De demander à Dora de faire des choses et de voir Dora obéir et désobéir, inventer en improvisation. Hauke Lanz présente aussi en mars à la Ménagerie de Verre un monologue écrit par Chloé Delaume, Eden matin midi et soir, qui fait le pendant à ces Névroses... Une jeune fille suicidaire confie son désir absolu de mort.


1. Erotica Asphyxia (2005), mise en scène d’un de ses textes, norway.today (2005-2005) d’Igor Bauersima ou Angstblau (2007) d’après Le Cri du sablier de Chloé Delaume.

>Les Névroses sexuelles de nos parents, de Lukas Bärfus, ms Hauke Lanz, du 23 février au 14 mars au Théâtre Paris-Villette.www.theatre-paris-villette.com

Dans le cadre du Festival clandestin : rendez-vous les 23 et 25 février à 19h30, le 24 février à 21h pour assister à une représentation des Névroses sexuelles de nos parents. réservation obligatoire en cliquant ici
Le 26 février (Réservé aux spectateurs ayant assisté à l'une des représentations) : Vous êtes invité à participer, via le site Internet, à un jeu dramaturgique pendant lequel vous pourrez proposer une action ou une directive à travers le personnage que vous avez choisi. Les acteurs se tiendront prêts à improviser à partir de vos propositions diffusées dans la salle, 21h.

Crédits photos : Les Névroses sexuelles de nos parents, photo : Fred Kihn.

Date de publication : 19/02/2009


Mots-clés : Théatre de la Villette, Hauke Lanz, Lukas Bärfuss, Névroses sexuelles de nos parents
Inséré le : 19/02/2009 16:20