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Tradition décalée
Emmanuel Demarcy-Mota monte Casimir et Caroline d’Horvath
Chapeau : Pour sa première mise en scène en tant que directeur du Théâtre de la Ville, Emmanuel Demarcy-Mota monte
Casimir et Caroline d’Odon von Horvath. Un spectacle attendu au tournant par une profession de plus en plus schizophrène, partagée sur la capacité d’un metteur en scène à diriger la prestigieuse maison parisienne. Verdict, Messieurs les jurés ?
Source : Les éditions du mouvement (
http://www.mouvement.net)
Genre : compte-rendu (Mots-clés : )
Genre Ressource : compte rendu
Genre Agenda : théâtre
Apparence :
Rubrique : Espace critique
Emmanuel Demarcy-Motta Metteur en scène
Odon von Horwath auteur
Bruno TACKELS rédacteur
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du 10/03/2009 00:00 au 27/03/2009 00:00
Salle : Théâtre de la Ville
1, Place du Châtelet
Tèl. 01 42 74 22 77
Paris 75004 France (Ile-de-France)
Texte : Soir de « première » au Théâtre de la Ville. Et une première « première », puisque le nouveau directeur trentenaire, Emmanuel Demarcy-Mota, signe là la première mise en scène de son mandat. Visiblement alléchée par le challenge, toute la profession est réunie. Les ondes sont agressives (comme souvent dans ce théâtre à la pente trop raide, qui produit un sentiment d’insécurité, qui inquiète inconsciemment les spectateurs, lesquels ont alors tendance à reporter cette agressivité contre ceux du plateau, au-delà de toute mesure…), l’air électrique, et l’on vérifie que le théâtre sert incontestablement à plusieurs choses à la fois !
Premier tableau. C’est la foire, la grande fête de la bière, lieu unique pour une mise à mort en plusieurs stations. Immédiatement, les reliefs démesurées des attractions projettent des ombres inquiétantes. Barbelés, gardes, chiens aux ordres. La fête s’empare du plateau, mais d’emblée, une sourde inquiétude, une tristesse coule dans les allées. La bière sans fin rend les mots coupants, les monstres ne sont pas que dans les baraques, et le grand huit conduit l’existence de tous, grand et petits, sur des rails qui ne mènent nulle part. Il va suffir d’un petit accident pour que tout s’emballe. Casimir vient d’être licencié, dépossédé de son travail, il va tout perdre… Derrière la bacchanale se profile un tout autre cauchemar : non plus l’inversion provisoire et vitale des valeurs sociales, mais l’anéantissement définitif de toute valeur sociale. Où comment l’homme, en une nuit, peut devenir un chien, un tueur, un monstre, et le restera pour toujours. Pour cela, il faut que les conditions soient réunies, que la fête tourne au cauchemar…
>Casimir et Caroline, d’Odon von Horvath, mise en scène d’Emmanuel Demarcy-Mota, jusqu’au 27 mars au Théâtre de la Ville.
Crédits photos : Jean-Louis Fernandez.
Date de publication : 19/03/2009
Mots-clés : mise en scène,tradition,profession,débat,nouvelle mise en scène
Inséré le : 19/03/2009 11:57
le site du Théâtre de la Ville -
http://www.theatredelaville-paris.com
Thèmes : création contemporaine, théâtre,