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à bâtons rompus
Jean Dupuy, à la bonne heure !, aux éditions Semiose
Chapeau : Infatigable personnalité de 83 ans, Jean Dupuy revient sur ses cinquante années de création. De ses années new-yorkaises, et son amitié avec Robert Filliou, George Maciunas ou Nam June Paik, à sa passion pour les anagrammes, de la peinture au happening, parcours d’un artiste ayant fait de l’ironie son maître mot.
Source : Les éditions du mouvement (
http://www.mouvement.net)
Genre : entretien (Mots-clés : )
Genre Ressource : entretien
Genre Agenda : arts visuels
Apparence :
Rubrique : 50
Jean DUPUY artiste
BEN artiste
Robert FILLIOU artiste
George MACIUNAS artiste
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Texte : Entretien / Votre carrière est si riche que l’on ne sait par quel bout la prendre ! Peut-être par le début, c’est-à-dire votre « période peinture », qui a tout de même duré huit ans…« A la fin des années 1950, j’ai rencontré deux peintres lyriques abstraits, Jean Degottex et Georges Mathieu. J’étais impressionné par les prouesses performatives de Mathieu lorsqu’il peignait ses grandes batailles devant des milliers de personnes. Cela n’avait plus rien à voir avec le travail de l’artiste réfugié dans son atelier. Plus discret et influencé par le bouddhisme zen que pratiquait la poétesse Renée Beslon, Degottex lui aussi procédait directement sur la toile, s’interdisant tout repentir. C’est lors d’un séjour aux Baléares que j’ai posé une quinzaine de feuilles à dessin de grand format à même le sol, en pleine forêt. Après avoir trempé des branchages dans de l’acrylique noire, je m’en suis servi pour projeter en gestes vifs la peinture sur le papier. Stupéfait par le résultat, j’ai renouvelé l’expérience dès le lendemain, mais cela a été cette fois plus que décevant. Cela ne dépendait donc pas de moi, mais du hasard.
J’ai persisté pendant huit années (1958-1966), en espérant qu’un jour j’arriverais en partie à contrôler plus ou moins ce hasard. De toute cette production, je n’ai gardé qu’une trentaine de toiles et quatre cents dessins, dont le format rendait le hasard plus manipulable. Finalement frustré, j’ai fait l’inverse en procédant par l’agrandissement mécanique d’un format A4 réalisé spontanément pour en faire une toile de deux mètres : c’est-à-dire un trompe-l’½il. Mais c’était alors renier la peinture spontanée. J’ai renouvelé cette expérience une douzaine de fois, puis décidé d’arrêter la peinture sur cette tromperie avant de partir aux Etats-Unis
Date de publication : 02/04/2009
Mots-clés : anagramme,living,theatre,sémiose,performance,technologie
Inséré le : 02/04/2009 12:13
Thèmes : arts plastiques, arts visuels, performance, poésie,