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Style indirect libre
Un portrait
Chapeau : Sensible aux filiations, le chorégraphe Thomas Lebrun affine une « écriture » entre autofiction loufoque et conscience aiguë de la perte. Radiographie d’une danse aux prises avec la mémoire.
Source : Les éditions du mouvement (
http://www.mouvement.net)
Genre : brève (Mots-clés : )
Genre Ressource : brève / notice
Genre Agenda : danse
Apparence :
Rubrique : 50
Thomas Lebrun chorégraphe-interprète
Samuel BARBER compositeur
Eve BEAUVALLET rédacteur
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Texte : « Enfant grassouillet », il présentait mal dans les académiques en lycra du temps des cours à la MJC de Wattrelos. Il ne présente guère mieux aujourd’hui, avec ses cabarets déglingués
What You Want?, auprès d’une frange de professionnels qui le suspecte d’académisme. Il est vrai, Thomas Lebrun est attaché à une
« écriture de la danse », travaille aux bords de catégories dont on a jugé bon de s’émanciper – identification, personnage et autres tabous chorégraphiques. Il fait exploser la balance qui calibre les corps des danseurs, et déboussole aussi l’aiguille indiquant de façon parfois péremptoire les critères du contemporain. Charnellement lié aux mythologies qui façonnent la scène, à un imaginaire populaire et un rire musculeux dont il a toujours refusé de se départir, il place la focale sur le passé simple de la scène sans pleurnicher sur le formica et le déclin des corps.
A l’époque où, à près de 100 kilos, il est retenu jusqu’au dernier tour de l’audition de Rosas – compagnie d’Anne Teresa De Keersmaeker –, c’est la confiance en lui qui s’engraisse et l’intuition qu’un bagage
a priori non-
bankable pouvait être support de créations. Aujourd’hui, il a délaissé les justaucorps moulants pour les robes lumineuses des divas
fifties, avec qui il partage la grandiloquence surannée, les fards dégoulinants et les solitudes criardes. A son enseigne, gloussements sonores des cabarets et réhabilitation du pathos, parfois surligné jusqu’à la nausée. Un terrain miné, peut-être, sauf dit-il que
« maintenant il ne me fait plus peur, parce que j’ai compris que la force de mon travail, c’était ce “trop” ».
Date de publication : 02/04/2009
Mots-clés : chorégraphe,joie,constellation,illico,itinéraire,danseur,grassouillet,étoile
Inséré le : 02/04/2009 15:41
Thèmes : danse contemporaine,