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Chansons pas comme les autres
La Belle Ouïe, au Lavoir Moderne Parisien
Chapeau : Plaçant la poésie et l’art des rencontres singulières au c½ur de ses préoccupations scéniques, le festival La Belle Ouïe investit à nouveau le Lavoir Moderne Parisien pour sa septième édition. Un rendez-vous où les expériences humaines, musicales et lexicales prendront des formes truculentes, d’un hommage joyeux à Georges Brassens aux improvisations de griots contemporains.
Source : Les éditions du mouvement (
http://www.mouvement.net)
Genre : brève (Mots-clés : )
Genre Ressource : brève / notice
Genre Agenda : événement / festival
Apparence :
Rubrique : Le Vrac
Denis Charolles Directeur Artistique
Christine JACQUEMONT responsable d'association
Laurent Catala rédacteur
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du 16/04/2009 00:00 au 18/04/2009 00:00
Salle : Lavoir Moderne Parisien
Paris France (Ile-de-France)
Texte : Choisir de défendre sans esprit corporatiste les musiques improvisées, d’obédience jazz mais avant tout libres d’esprit, d’expression acoustique ou électrique mais avant tout sans ½illères formalistes, n’est déjà pas très simple. Alors quand on y introduit une bonne dose d’humour, un panache poétique qui démange comme un poil à gratter émotionnel et un sens de l’hommage artistique qui tient davantage de l’espièglerie que du conformisme révérencieux, imaginez la gageure !
C’est pourtant dans cette logique de partage sans barrières, d’expérience musicale à fleur de peau, simple et libre d’accès pourrait-on presque dire, qu’oeuvre depuis 2004 le festival La Belle Ouïe. Né dans le sillage forcément sinueux du groupe La Campagnie des Musiques à Ouïr, la manifestation doit beaucoup à Denis Charolles, son directeur artistique, batteur, percussionniste et fondateur de la Campagnie, ainsi qu’à Christine Jacquemont, administratrice militante de ces Musiques à Ouïr et présidente du label Ouïe en corollaire. Elle doit aussi beaucoup à la salle parisienne du Lavoir Moderne, véritable laboratoire de ces musicalités singulières, qui accueille le festival depuis ses débuts, le rejoignant totalement dans sa démarche de proximité et d’humanité artistique. Le fait que cette salle historique du XVIIIe arrondissement parisien soit aujourd’hui en difficulté incite encore davantage à réserver l’écoute bienveillante qu’elle mérite à une septième édition qui fait la part belle à l’idée de « chanson ».
Car c’est justement là, à la croisée des mots et des sons, dans cette architecture alambiquée de saveurs orales et auditives mêlées, parfois même spécialement créées pour l’occasion, que se nourrit l’esprit un brin canaille de La Belle Ouïe. A voir la liste des artistes programmés durant les précédentes éditions, on constate qu’un vent libertaire n’a eu de cesse de souffler comme une bise frondeuse : Barbara Carlotti, Bruno Chevillon, Joëlle Léandre, Daunik Lazro, Jean-François Pauvros, Lê Khan Nihn, Arthur H… L’aventure musicale s’inscrit définitivement en toutes lettres au coin de la rue Léon pendant ces quelques jours de rendez-vous festivalier. Cette édition 2009 affirme encore davantage cet amour pour la poésie des textes, leur causticité retorse ou l’élasticité des sons qui les mettent en bouche ou les accompagnent.
Ce sera bien évidemment le cas pour la nuit chantée, baptisée
Chanson en Roue Libre, qui accueillera le 16 avril une escouade volage de
« poètes griots improvisateurs » composée d’André Minvielle, fameux
« vocalchimiste », Jean Claude Asselin, scatteur mandoliniste, Jean François Vrod, poète violoniste improvisible, Claude Delrieu, éleveur d’accordéons et dresseur de mots, ou encore Michel Richard, acteur transversal. La dynamique vocale sera également de mise le lendemain, pour la performance toujours très organique de la contrebassiste Elise Dabrowski, qui, accompagnant ses parties instrumentales d’un chant à la pureté étonnante, fêtera pour l’occasion la sortie de son disque solo.
Cette année d’ailleurs, pour grossir le trait de ses caractères, La Belle Ouïe étend son parti pris lexical et sonore à l’art du cirque : le même soir, Bonaventure Gacon présentera les clowns désenchantés mais touchants de son
Par le Boudu. Mais c’est surtout à travers l’hommage programmé à Georges Brassens le samedi 18 avril que La Campagnie des Musiques à Ouïr adressera le message de tendresse et d’inventivité foutraque qui colle tant à l’image du festival. Outillés d’un instrumentarium hors normes (« percutterie », arrosoir, graviers, clairon, guitares, flûte traversière, clarinette, saxos, synthétiseur, harmonica, contrebasse, banjo) et de leurs voix, emmenés bien évidemment par Denis Charolles lui-même, les musiciens de cet orchestre improbable viendront titiller plus qu’à son tour l’½uvre de l’irrévérencieux Sétois. Un signe d’affection poétique qui trouvera dans sa répercussion musicale fantasque le plus amusant des prolongements.
Ajoutez à cela l’exposition plastique d’Alexandra Guillot,
Singularités quelconques, qui habillera l’espace de la Galerie du Lavoir Moderne pendant la durée de La Belle Ouïe, et vous aurez une idée complète d’une édition qui fait rimer festival et poésie musicale.
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7e festival La Belle Ouïe, du 16 au 18 avril à Paris, Lavoir Moderne Parisien. Tél. 01 42 52 09 14
Photo : Les Etranges Familiers, © Al Marina.
Date de publication : 14/04/2009
Mots-clés : ouie,hommage, brassens, campagnie, poésie, improvisation
Inséré le : 14/04/2009 16:43
Le site du label Ouïe -
http://www.musicaouir.fr/
Site du Lavoir Moderne parisien -
http://www.rueleon.net/
Thèmes : Festival interdisciplinaire,