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Mais jusqu’où vont-ils aller ?
Par Bruno Tackels
Chapeau : Bruno Boëglin, contraint de remiser son projet de reprise de
Sallinger, pièce que Koltès lui avait dédiée, et la Maison d’Europe et d’Orient à Paris, qui risque fort de mettre la clé sous la porte à la fin de la saison, sont les deux dernières victimes en date d’une politique culturelle artisticide.
Source : Les éditions du mouvement (
http://www.mouvement.net)
Genre : édito (Mots-clés : )
Genre Ressource : édito / chronique
Genre Agenda : divers
Apparence :
Bruno BOËGLIN auteur-metteur en scène
Bruno TACKELS rédacteur
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Texte : Jusqu’où vont-ils aller dans leur entreprise de démolition culturelle sans que personne ne bouge ? Après Jean-Marie Patte, Jean-François Peyret, c’est au tour de Bruno Boëglin de voir sa subvention diminuer… de moitié ! Et personne ne bouge. N’en pense rien. N’est sans doute même pas au courant (pas besoin de mettre le sujet, chacun s’y reconnaîtra, ou pas).
Terrassé par le coup, Bruno Boëglin jette l’éponge, et renonce à son magnifique projet de
Sallinger, la pièce que Bernard-Marie Koltès avait écrite pour lui, trente ans auparavant, et qu’il voulait remonter, cette année. Pour les vingt ans de sa mort, que l’on dit vouloir « commémorer », ça avait de la gueule, non ? Avec l’élégance courtoise qui le caractérise, Boëglin déclarait voir là
« une expérience artistique intéressante ». Une manière de prolonger l’histoire, de la réécrire sans cesse, et d’en creuser l’énigme, sans trêve.
Bruno Boëglin renonce à son rêve d’enfant poétique, parce que l’Etat français lui a retiré la moitié de sa subvention. On croit rêver. On se pince. Et d’abord, pourquoi lui enlève-t-on la moitié de sa subvention ? Sur quels critères peut-on infliger un tel camouflet à un homme qui a un parcours artistique de cette envergure ? On reste sans voix.
Malheureusement, de telles décisions se multiplient. La Maison d’Europe et d’Orient, qui développe un projet culturel ambitieux pour diffuser les artistes de l’« Est », est en train de s’éteindre à petit feu, faute de subventionnements raisonnables. Si les tutelles ne prennent pas leurs responsabilités, le centre mettra la clé sous la porte au mois de juin, malgré une activité artistique intense et irréprochable. Dominique Dolmieu vient d’y mettre en scène, avec le Théâtre de l’Opprimé,
Balkans’ not Dead de Dejan Dukovski, un beau succès public au titre prémonitoire… Il a déjà dû annuler son festival, « Au pied du mur », qui regroupe une dizaine de compagnies d’Europe de l’Est et un spectacle itinérant, pour les 20 ans de la chute du Mur de Berlin… Juste au moment où nous voterons pour l’Europe… Décidément les anniversaires portent la poisse. Deux « artisticides » en une semaine. A qui le tour la semaine prochaine ? Jusqu’où iront-ils ? Jusqu’à quel moment nous tairons-nous ?
Artists not dead ?
Date de publication : 15/04/2009
Mots-clés : koltès, sallinger, artisticide, subvention, metteur en scène
Inséré le : 15/04/2009 19:13
Thèmes : politiques culturelles,