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Musiques libres et champ d’étoiles Festival MIMI 2009
Chapeau : Les « musiques innovatrices » ont encore un bel et métissé avenir devant elles, comme le démontre chaque année le festival MIMI. Sur les Iles du Frioul, face à Marseille, rock expérimental, électro et musique du monde entier embarquent pour un voyage inédit.
Source : Les éditions du mouvement (
http://www.mouvement.net)
Genre : brève (Mots-clés : )
Genre Ressource : brève / notice
Genre Agenda : musique
Apparence :
Rubrique : 2009
Benoît Hické rédacteur
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du 16/07/2009 00:00 au 19/07/2009 00:00
îles du Frioul France (Sud-Est)
Texte : Les années et les modes passent,
le festival MIMI (pour « Mouvement International des Musiques Innovatrices ») reste. Réservoir de musiques libres depuis près d’un quart de siècle, l’événement imaginé et conduit par Ferdinand Richard est plus que jamais un baromètre des musiques improvisées, expérimentales, underground, électroniques, électriques, rock, chavirées, aventureuses. L’inventaire est long car le MIMI parvient vaille que vaille chaque année à renouveler son spectre et ses esthétiques. Il passe allègrement d’une sono mondiale ébouriffante de modernité (Mahmoud Ahmed et Konono n°1 en 2007) au frotti-frotta rock/electro, avec par exemple les pionniers Tuxedomoon ou Charles Hayward l’an dernier. Une ligne qui organise ainsi un subtil zig-zag entre patrimoine en marche et mondialisation expérimentale, et qui tisse des liens entre les publics et les étiquettes, largement secouées par la houle qui sévit en permanence sur l’Hôpital Caroline, anciennement dévolu aux lépreux ! C’est en effet là que se déroule depuis quelques années le festival, juste en face du Vieux Port de Marseille, dans un écrin propice aux rêveries et aux voyages musicaux, grâce en partie à la jauge réduite des concerts.
Une volonté de Ferdinand Richard, qui souhaite lutter contre la « festivalite », ce mal très contemporain consistant à monter de toutes pièces de grosses manifestations culturelles dans l’unique but d’attirer des subventions et des touristes-consommateurs.
Avec l’aventure du MIMI, lancée sur les brisées d’une carrière de bassiste au sein du groupe de rock expérimental Etron Fou Leloublan, au milieu des années 70 – un groupe révéré par Thurston Moore, Richard souhaite au contraire faire office d’« accélérateur de particules » et proposer un rendez-vous à taille humaine, ancré dans son territoire. Le festival est la partie émergée d’une structure active toute l’année,
l’A.M.I. (Aide aux Musiques Innovatrices) dont la mission est de favoriser la création via des résidences et les croisements culturels tous azimuts (de la République Démocratique du Congo au Moyen-Orient en passant par les quartiers Nord de Marseille), sans oublier de mettre à disposition des musiciens locaux des studios professionnels (IAM est passé par là à ses débuts).
L’édition 2009 sera marquée par la présence de Matmos (le 18). Les Californiens Drew Daniel et Martin Schmidt de Matmos sont un peu les Gilbert & George de la musique électronique, option synapses : un duo sage en apparence, pourtant capable des plus étranges manipulations sonores. Depuis dix ans, ils samplent à peu près tout, des bruits de l’anus d’une vache aux sons d’opérations chirurgicales, dans un jeu de marelle zinzin qui les amène à collaborer avec Björk (sur
Vespertine et
Medúlla), à s’encanailler avec les vieux grigous du GRM ou à tirer la barbe de Terry Riley. Ils suffiraient presque à résumer le projet de métissage mis en œuvre par le MIMI. Autre temps fort de l’édition 2009, les Japonais
« d.v.d. » et leur « drum visual drum » (le 16). Ce dispositif astucieux interconnecte deux batteurs et un vidéaste qui se livrent à une joute à la fois sonore et graphique. Un show kitsch dans lequel une imagerie proto-électronique le dispute à un étonnant roulis rythmique.
Au rayon patrimonial, on sera curieux d’assister au retour de
Lydia Lunch (le 17). Celle qu’on surnomme la « pythie no-wave » a joué un rôle-clé au sein de l’underground new-yorkais des années 80 (avec notamment Teenage Jesus and the Jerks, fondé avec James Chance) avant de tracer sa route, entre poésie rageuse et carrière d’actrice culte. Elle sera accompagnée par le Marseillais
Philippe Petit (à ne pas confondre avec le funambule homonyme!), un vieux compagnon des musiques expérimentales. Le MIMI, ce sont aussi des découvertes et des croisements. Cette année, on sera particulièrement attentif à deux projets franco-libanais. Tout d’abord
RadioVision (le 16) : le Marseillais Renaud Vercey a livré une création sonore (basée sur des captations d’ondes hertziennes) au Libanais
Charbel Harber (Scrambled Eggs), qui la mettra en musique. Autre collaboration, le 18 (co-produite avec Seconde Nature), celle de
Nicolas Cante et
Tarek Atoui, deux musiciens qui raffolent des embardées rythmiques et des ruptures de ton et qui mélangeront leurs univers lors de ce concert à l’image de cru 2009 du MIMI : ouvert, curieux et libre.
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Festival MIMI 2009, du 16 au 19 juillet sur les Iles du Frioul, face à Marseille.
Crédits photos :
Une : RadioVision. Crédits : Claude Fournie.
Article : LoveBomb (Nico Cante & Tarek Atoui).
Date de publication : 08/07/2009
Mots-clés : festival, musique, éléctronique, expérimentale, underground, sonore
Inséré le : 08/07/2009 15:07
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Thèmes : musique, musique électronique,