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Oh ! animaux !
Animal Collective en concert à la Cigale
Chapeau : Voilà presque dix ans qu’Animal Collective est venu envahir, à la manière insidieuse d’une fièvre tropicale, la planète rock, lui insufflant une énergie régressive et visionnaire. Au moment où le groupe revient à Paris pour un concert à La Cigale, le 16 juillet, retour une décennie d’activité tous azimuts, couronnée récemment par l’album
Merriweather Post Pavilion.
Source : Les éditions du mouvement (
http://www.mouvement.net)
Genre : brève (Mots-clés : )
Genre Ressource : brève / notice
Genre Agenda : musique
Apparence :
Rubrique : 2009
ANIMAL COLLECTIVE musiciens
Felicia ATKINSON rédacteur
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du 16/07/2009 00:00 au 16/07/2009 00:00
Salle : La Cigale
120, boulevard Rochechouart
01 49 25 89 99
Paris 75018 France (Ile-de-France)
Texte : Animal Collective : une nouvelle hutte, des fantômes en écho, les refrains suivent, c'est le courant qui suit la rivière, et la rivière les hommes en apnée. Comme un plongeon différé, décomposé en trois cents éclats. Des horizons marqués par cette manière d’appeler l’orage avec euphorie. On peut très bien sautiller avec l'esprit. Les extrémités soupirent, ils les pansent avec les sons. Aspirer quelques gouttes de sang, créer des onguents, une médecine personnelle. Remédier, exploser, laisser choir, reprendre, faire rayonner à nouveau …
La première fois qu’on s’en souvient, ils étaient juste deux, c’était le festival Fat Cat à Hasselt, Belgique, sans doute en 2004, et ils poussaient des cris d’animaux à la guitare sèche, perchés depuis la mezzanine de la salle, partageant l’affiche avec, entre autres, Black Dice, Fennesz et David Grubbs. C’est depuis ce concert d’Animal Collective que j’ai décidé de reprendre la musique. Je pense que je n’étais pas la seule. Un an après, au Studio de l’Hermitage, me revient un karaoke de dégénérés, improvisé et jouissif, mené par Panda Bear et ses amis. De
Spirits They’re Gone, Spirits They’ve Vanished, premier album paru en 2000, à
Merriweather Post Pavilion aujourd’hui, en passant par leur toujours moderne, génial et dérangeant
Here Comes the Indian (2003), de leurs auto-productions et leur label Paw Tracks à Domino Records, ils ne nous ont plus quittés, les gars de Baltimore venus conquérir New York, et donc le monde ; avec leur force fiévreuse, comme un palu qui viendrait se signaler avec terreur environ tous les deux ans. Animal Collective reviendra ainsi, on le suppose, en forme, le 16 juillet à la Cigale.
Un groupe dont le nom épouse aussi fidèlement au contenu de sa musique, c’est à la fois abusé, rare et signe d’une ironie mi-maline et mi-retardée, presque pour déjouer les tours de passe-passe des journalistes : il n’y aurait plus qu’à écrire qu’Animal Collective fait une musique collective et animale, et on pourrait aller se rhabiller. Et le pire, c’est que c’est vrai.
Les progressions de rythmes, comme une turbine dans une carrière, toujours palpables et granuleuses, suivent le thème de la spirale, encore une fois, sur
Merryweather Post Pavilion, leur dernier album paru en 2009, avec le tube
My Girls et le clip psychédélique qui va avec, couleurs fluo inévitables. Sur
Daily routine, c’est presque un mélange des mélodies de Depeche Mode et Philip Glass, c’est-à-dire finalement une sorte de best of des années 1980. Sur
Guys Eyes, les Boys 2 Men et les Beach Boys kidnappés et drogués dans le même van par les fidèles du Burning Man Festival se mettent à bégayer.
Lion Coma et
Brother Sport prouvent que nos trois petits gars ont beaucoup écouté, eux aussi, leurs compilations du label Sublime Frequencies. Mon morceau préféré de l’album sera, en fille candide que je suis,
No More Runnin’, une antépénultième chaloupée, comme une clairière dans ce disque sinon très vertical et touffu.
Hors actualité, on pourrait aussi mentionner leur magnifique vidéo
Fireworks (2008), qui reprend les feux d’artifices des fêtes nationales du monde entier, composant ainsi un non-anniversaire sans fin, ce que pourrait être aussi la musique d’Animal Collective. Les voix toujours en ch½ur, après 9 années et des mouvements internes dans le groupe (qui est passé depuis un moment de quatre à trois membres), tous les
side projects aussi créatifs les uns que les autres (parmi lesquels on décernera aux travaux solo de Panda Bear la médaille de l’intelligence et du purisme), presque déjà une décennie et Animal chante encore en ch½ur pour faire danser dans une joyeuse démonologie les kids de la planète.
> Animal Collective, en concert le 16 juillet à Paris, la Cigale.
Date de publication : 08/07/2009
Mots-clés : éléctronique, expérimental, animal, musique,
Inséré le : 08/07/2009 17:16
La page Myspace d’Animal Collective -
http://www.myspace.com/animalcollectivetheband
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