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Nuit magique à Dijon
Magnifique mix musical au festival Mégaphone
Chapeau : Faisant s’entrecroiser, en divers points de la ville, les œuvres d’Anthony Braxton, George Crumb, György Ligeti ou Phill Niblock, et des performances de Lydia Lunch, Sir Alice ou Bérengère Maximin, le nouveau festival Mégaphone, à Dijon, développe une vision panoramique de la musique... tout en préfigurant ce que pourraient être les festivals de musique de demain.
Source : Les éditions du mouvement (
http://www.mouvement.net)
Genre : compte-rendu (Mots-clés : )
Genre Ressource : compte rendu
Genre Agenda : événement / festival
Apparence :
Rubrique : Espace critique
Adrien Chiquet directeur de structure
Why note association
David SANSON rédacteur
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Texte : Pour les festivals de musique en France, 2009 semble être l’année de tous les changements. Alors que le festival Jazz à Mulhouse, sous l’impulsion de son nouveau directeur, Adrien Chiquet, vient d’être rebaptisé Météo (à suivre du 13 au 29 août), à Dijon, ce sont les deux associations les plus dymaniques de la ville – Why Note (organisatrice chaque automne d’un festival éponyme, dédié à toutes les nouvelles musiques) et Zutique Production (dont le festival Tribu, chaque année à la fin mai, faisait se rencontrer musiques actuelles de tous les continents) – qui unissent leurs efforts et mettent en commun leurs désirs de défrichages tous azimuts pour créer le festival Mégaphone, qui s’est tenu du 27 juin au 4 juillet dernier.
Les festivals, nouveaux bastions de la création musicale ?Faut-il lire derrière cette mutualisation d’énergie une manière de se prémunir contre la réduction des subsides publics ? Sans doute, mais pas seulement. Au plan artistique, une telle initiative apparaît surtout comme une tentative de prendre acte de cette « fin des catégories » musicales que Frédéric Deval, dans un article publié dans le nouveau numéro de
Mouvement, appelle de ses vœux : une manière de montrer que dans le domaine musical, la création passe désormais, à l’heure où tout semble avoir été fait et où toutes les esthétiques peuvent cohabiter en – plus ou moins – bonne intelligence, par la mise à bas d’étiquettes et de taxinomies de plus en plus caduques et paralysantes. Manière d’autant plus louable que la France est un pays où l’on a toujours eu le plus grand mal à se fédérer – comme en témoignent des indicateurs aussi divers que le faible taux de syndicalisation ou, en matière musicale, du temps où le disque était encore florissant, la faiblesse endémique des circuits de distributions indépendants, que leur atomisation a toujours contribué à précariser.
Dans ce contexte, les festivals auraient-ils vocation à être, non pas seulement les vitrines, mais bel et bien les fabriques ? Tel était en tout cas le thème de la journée de rencontres professionnelles organisée dans le cadre de Mégaphone, le vendredi 3 juillet dernier, par le réseau Futurs Composés, regroupant un certain nombre de structures prospectives des musiques d’aujourd’hui et donc de demain (La Muse en Circuit, le festival des 38e Rugissants, etc.). Au cours de celle-ci, une multitude de tables rondes et d’interventions a permis de questionner le rôle que les festivals peuvent être amenés à jouer à présent que des notions telles que celles de « création », voire d’« œuvre », se trouvent mises à mal par les nouveaux comportements induits par la révolution numérique.
A l’heure où la musique, un peu plus de 100 ans après l’invention du disque, s’émancipe à nouveau des supports et des formats, la création a peut-être vocation à suivre son exemple pour redevenir, elle aussi, une matière
vivante : quelque chose de constamment éphémère, de remis en jeu à chaque fois. Et à l’ère de ce Web 2.0, qui fait exploser les supports tout en permettant le développement de nouvelles pratiques contributives (mais aussi la remise en jeu du concept d’
amateurs), peut-être est-il temps d’accorder une considération accrue à la réception dans l’approche de la création. Et c’est peut-être précisément à cet endroit que les festivals ont à jouer un rôle de laboratoires : pour susciter des rencontres, créer des frottements, imaginer de nouveaux modes d’expérience artistique, s’interroger sur les modalités de la réception des œuvres pour les faire évoluer ; créer du contexte, de la mise en relation avant de créer des œuvres. De même que l’on parle d’interprètes créateurs, ne pourrait-on pas commencer aussi à parler de « diffuseurs créateurs » ? Une soirée de concerts, un programme peut être en lui-même un acte créateur, mettant côte à côte des sonorités dissemblables, créant des alliages inédits.
> Le festival Mégaphone s'est tenu du 27 juin au 3 juillet à Dijon.
Photos : Nicolas Thirion.
Date de publication : 09/07/2009
Mots-clés : musique, création, nouvelles technologies, réseaux sociaux, changements
Inséré le : 09/07/2009 12:06
le site de Mégaphone -
http://www.festivalmegaphone.com
Liaison Document :
Thèmes : création contemporaine, musique,