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L’art de la permanence
Chapeau : Spécifique aux métiers du spectacle et de l’audiovisuel, l’intermittence a été mise à mal en 2003, sans que soit mise en chantier une réflexion sur les conditions nouvelles de formes de permanence artistique à réinventer.
Source : Les éditions du mouvement (
http://www.mouvement.net)
Genre : analyse (Mots-clés : )
Genre Ressource : dossier
Genre Agenda : divers
Apparence :
Jean-Marc ADOLPHE rédacteur
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Texte : Cela fut dit, abondamment, lors du mouvement des intermittents, en 2003. Dans toute création, il y a une part de travail invisible, inquantifiable. Peut-on pour autant parler de « travail au noir » (clandestin, non déclaré, au sens où l’entend le Code du Travail) lorsqu’un artiste prépare une œuvre, un spectacle, un concert, un livre, sans pouvoir, faute de moyens suffisants, se payer lui-même ainsi que ses collaborateurs ? Premier constat : le financement global de l’art et de la culture est notoirement insuffisant pour pouvoir « absorber » l’ensemble de la production artistique (c’est-à-dire : l’ensemble
des productions, tous genres confondus ; mais aussi bien, la totalité de ce qui est mis au travail dans telle ou telle production). Le régime d’indemnisation chômage des intermittents du spectacle et de l’audiovisuel (à l’exclusion, donc, des plasticiens et des auteurs littéraires) permettait tant bien que mal, jusqu’au début des années 2000, qu’apparaisse comme supportable le fait qu’une partie de l’activité de création ne soit pas salariée. La remise en cause brutale de ce mode d’indemnisation chômage, en 2003, s’est appuyée sur deux arguments : le « déficit » et les « abus » que ce système engendrait. On mesure aujourd’hui l’hypocrisie qui aura prévalu pour démanteler les « droits sociaux » des artistes et des techniciens. Six ans plus tard, alors qu’environ 30 000 intermittents ont été exclus du régime d’indemnisation chômage, le déficit strictement comptable des annexes 8 et 10 reste toujours aussi important. Quant aux véritables « abus », ils restent largement en vogue, notamment dans l’industrie des programmes audiovisuels… (mais c’est à l’encontre de compagnies indépendantes, dans de petits lieux de concert, etc., que se sont multipliés les contrôles tatillons). Pire : avec l’objectif d’éradiquer ces mêmes abus, toute production artistique doit désormais recevoir des Assedic l’agrément d’un « numéro d’objet », indispensable à ce que des heures salariées soient effectivement prises en compte dans le calcul des droits de l’artiste ou du technicien intermittent. C’est dire, par exemple, qu’un comédien, un danseur, un musicien, engagé quelques jours ou semaines pour animer un atelier (et non pour répéter, créer ou diffuser un spectacle) risque fort de ne pas être considéré comme « artiste » le temps de ce travail. Où commence et où s’arrête, alors, le travail artistique ? Et qui en décide ?
Date de publication : 07/09/2009
Période traitée : 2009-04-01
Mots-clés : travail, permanence, intermittence, artistes, société
Inséré le : 07/09/2009 11:38
Thèmes : société, travail,