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Notes féminines

Le Festival d’Ile-de-France 2009

Chapeau : Souvent reléguées au second plan de l’histoire de la création, les femmes tiennent pourtant un rôle important dans les pratiques artistiques et musicales. Le Festival d’Ile-de-France rend compte de cette effervescence. Un voyage autant géographique qu’intemporel.

Source : Les éditions du mouvement (http://www.mouvement.net)

Genre : festival (Mots-clés : )

Genre Ressource : brève / notice

Genre Agenda : événement / festival

Apparence :

Rubrique : Le Vrac

Laurent Catala rédacteur

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du 04/09/2009 00:00 au 11/10/2009 00:00
Salle : Ile-de-France
Ile-de-France France (Ile-de-France)




Texte : Depuis quelques années, la création féminine aussi a sa programmation festivalière. Festival international de films de femmes à Créteil et dans le Val-de-Marne, Les Femmes s’en mêlent au printemps dans toute la France, Voix de Femmes en Belgique en novembre ou à Maury, dans les environs de Perpignan, en juin, jusqu’à la mise en valeur, sur une année, des artistes femmes dans la collection du Centre Pompidou (Elles@centrepompidou). Si ce surlignage de genre prend sa source dans des logiques de programmation aussi diverses que discutables, il induit cependant un même principe de mise en avant d’artistes qui, au-delà de leur talent créatif, ont su contourner les multiples barrières du sexisme et des réalités sociales de leur pays pour parvenir à exprimer leur art.

C’est donc essentiellement dans cette optique de valorisation large que le grand Festival d’Ile-de-France a titré sa nouvelle édition « Elles…Musiques au féminin ». Une thématique finalement idoine pour un festival qui a toujours tendu à l’ouverture sur le plus grand nombre, de publics et de lieux. Une fois de plus, la programmation sera donc aussi pléthorique que les lieux de performance seront insolites, le festival gardant, bien entendu, en tête son objectif premier de valoriser la région Ile-de-France, ses lieux patrimoniaux et la diversité de ses habitants.

Des femmes et des couleurs

La diversité géographique sera donc naturellement de mise pour étayer la variété des expériences et des parcours empruntées par ces femmes d’envergure. Parmi les temps forts, on a déjà pu retrouver entre autres, les Cheikats du Maroc, ces poétesses berbères du Moyen Atlas dont le rôle est essentiel dans la transmission de leur culture du quotidien, et qui ont investi le Théâtre du Trianon les 4 et 5 septembre derniers sous la conduite des chanteuses Hadda Ouakki et Cheikha Cherifa. Ou encore la chanteuse galicienne Mercedes Peón, qui a transmis le 6 septembre au château de Villarceaux les principes d’un idéal festif puisé dans la tradition. Mais l’affiche réserve encore quelques belles ouvertures tentaculaires. Vers le Moyen-Orient, avec la chanteuse et joueuse d’oud Syngué Sabour (le 13 septembre à la Bergerie Nationale de Rambouillet), l’Europe de l’Est, avec la chanteuse tsigane Esma Redzepova, le 20 septembre à l’Académie Fratellini de La Plaine-Saint-Denis, ou l’Asie, avec la chanteuse bengalaise Farida Parveen (le 25 septembre au Théâtre du Garde-Chasse aux Lilas).
Les ch½urs de femmes tiendront dans ce cadre une place particulière, avec l’ensemble Tutarchela de Géorgie, le 20 septembre à l’église Saint-Mathurin de Larchant, et les ensembles corse Sequenza 9.3 et Madrigalesca, le 4 octobre à la Collégiale de Champeaux. Enfin, l’Afrique aura l’honneur d’une soirée spéciale en hommage à la grande chanteuse sud-africaine Miriam Makeba, emmenée notamment par la réputée Angélique Kidjo, les 25, 26 et 27 septembre au Cirque d’Hiver de Paris.

Des femmes, des mythes et des icônes

Au-delà de la femme réelle, avec le contexte social qui la détermine, la « mythologie » féminine sera également abordée, et quelques-uns de ses grands noms honorés, histoire d’offrir une portée plus symbolique à la thématique du festival. Familière (compagne ?) du Christ, dont le nom a évoqué bien des débats et des passions, le personnage de Marie-Madeleine viendra illuminer les envolées baroques du Concerto Soave (le 12 septembre à l’église de Saint-Sulpice-de-Favières), tandis que les textes si rares de la poétesse grecque Sappho se frayeront à nouveau un passage jusqu’à nous, par le biais des arrangements musicaux d’inspiration ancienne de l’ensemble montréalais Constantinople (le 13 septembre à l’abbaye de Maubuisson). Le personnage manipulateur de Salomé, fille du roi Hérode et responsable du martyr de Jean-Baptiste selon les Evangiles, inspirateur de tant d’artistes, bénéficiera d’une relecture musicale par l’Orchestre national d’Ile-de-France, au travers du film des années 20 de Charles Bryant (le 18 septembre à l’auditorium Jean-Pierre Miquel de Vincennes). La magicienne Circé nourrira les fils du dialogue entre Antonio Vivaldi et Salvatore Sciarrino à travers le méta-orchestre composé de l’ensemble 2e2m et de 200 musiciens des conservatoires de la région parisienne. Quant à l’héroïne de Georges Bizet, Carmen, elle sera remise au goût du jour et placée au centre de l’étrange opéra-promenade qui reliera le temps de deux représentations les villages franciliens de Genainville et Avrainville.

A travers cette approche des personnages mythiques féminin, le festival évite ainsi de se reposer sur les simples clichés et lieux communs, cherchant à mettre en exergue les particularismes et les déviances. C’est sans doute dans cette tentation que se situent les soirées les plus croustillantes de la manifestation.
Avec sa voix de castrat, ses allures de contre-ténor du futur, le chanteur allemand Klaus Nomi a marqué la musique des années 80 et aussi investit à sa manière l’univers du chant féminin. L’ensemble orchestral Télémaque, où évolue notamment la soprano Brigitte Peyré, questionnera à sa manière cette idée de transgression et de limites du genre, mêlant instruments classiques et synthétiseurs dans une cérémonie très contemporaine, qui visitera aussi des ½uvres de Henry Purcell et Luciano Berio, sans oublier bien sûr le Hommage à Klaus Nomi d’Olga Neuwirth (le 28 septembre aux Bouffes du Nord)
Avec sa voix presque masculine, ses intonations rauques et graves, la chanteuse allemande Nina Hagen suggérerait presque quant à elle le glissement inverse de Klaus Nomi. La soirée que la Cigale lui consacrera le 11 octobre sera ainsi l’occasion de redonner un aperçu des facéties vocales confondantes de l’ancienne icône punk.
De quoi combler également les amateurs de sonorités plus modernes, qui auront avec le complément électronique/rock du festival – Factory, du 3 au 10 octobre, au Plan à Ris-Orangis et à La Cigale, avec entre autres A Certain Ratio, Julien Lourau Quartet, Spleen, Tony Allen ou Rinoçérose – de quoi noircir leurs pages agenda.



> Festival d’Ile-de-France, « Elles…Musiques au Féminin », du 4 septembre au 11 octobre

Photo : la chanteuse Nina Hagen®

Date de publication : 08/09/2009


Mots-clés : festival, femmes, féminité, nina hagen, elles...musiques au féminin
Inséré le : 08/09/2009 11:02
Le site du festival - http://www.festival-idf.fr/index.php

Thèmes : femme, festival, musique,