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Sauvage cabaret

Holger Hiller publie un nouvel album

Chapeau : Prodige le plus mésestimé (pour ne pas dire complètement ignoré) de l'écurie Mute, l'Allemand Holger Hiller avait pourtant fait paraître au moins deux albums essentiels, qui l'affirmaient comme un manipulateur à la fois inspiré et visionnaire des techniques du sampling et de l'électronique. C'est dire s'il s'agissait de ne pas rater la sortie de Holger Hiller, son nouvel opus.

Source : Les éditions du mouvement (http://www.mouvement.net)

Genre : portrait (Mots-clés : )

Genre Ressource : portrait

Genre Agenda : musique

Apparence :

Rubrique : Espace critique

Holger Hiller musicien electronique
Andreas Doreau artiste
David SANSON rédacteur

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Texte : L’herbe et la poudre
En écoute aveugle, les premières mesures de Curmbox peuvent induire en erreur – une rythmique big beat, puis, au bout de trente secondes, les ondoiements d’une basse dub –, mais pas forcément si l’on prête attention à ces samples étranges – une horloge, des violons peut-être, autant de sons bizarroïdes hâchés et réinjectés dans le morceau – qui semblent des scratches réalisés sans platine.
En revanche, dès les premières strophes de Wenn der Löwe nicht fressen kann… (« Si le lion n’a rien à bouffer »), le doute n’est plus permis : « Le sac demande qu’on le remplisse/Attrape-mouches/Radiesthésiste/Si le lion n’a rien à bouffer/Eh bien, il n’a qu’à bouffer de l’herbe », ces lignes absurdes (ou s’agit-il d’une allégorie de sa vie d’artiste ?), récitées en rythme par une voix à la douceur familière et démultipliée sur fond de boucles qui, tantôt bourdonnantes, tantôt glougloutantes comme un ruisseau ou le conduit d’un évier (une constante du son Holger Hiller), forment le canevas rythmique, et auxquelles tiennent lieu de refrain des séquences en formes de pièces rapportées (on pense en l’occurrence au Coil de Blue), et puis encore d’autres phrases absurdes (« Les jours passent/Rien à signaler » ; auparavant, il a été question du motif d’une cravate) : Holger Hiller est bien de retour. Ce que confirme le morceau suivant de ce nouvel album homonyme, Micki Mouse, dans lequel on retrouve l’atmosphère propre à la musique de ce musicien allemand dont on n’osait plus espérer de nouvelles : des rythmiques entêtantes, hypnotiques, mêlées de samples souvent classiques, le tout brillamment malaxé et réinjecté dans le cadre d’une structure de quelques minutes, pour faire naître des images fascinantes… Pulver, le titre qui suit, est tout entier construit sur le retraitement d’une brève séquence parlée (une publicité pour une poudre à laver), étirée jusqu’à devenir une plage ambiant.
Et puis à la réflexion, le big beat introductif n’est finalement, lui non plus, guère étonnant : d’abord, si l’on se rappelle avoir, en 1997, relevé le nom de Holger Hiller parmi la liste des intervenants sur le double album Sacrilege, hommage de Mute au groupe Can, pour un co-remix du morceau Unfinished ouvertement drum’n’bass ; ensuite, si l’on songe que dès ses premiers disques, Hiller s’était imposé comme un manipulateur hors pair de nouvelles technologies musicales encore balbutiantes. Rewind.

Date de publication : 08/10/2001


Mots-clés : éléctronique, big beat, Mute, vidéo, sons, collages
Inséré le : 08/10/2009 16:12
http://www.holgerhiller.net
La page MySpace de Holger Hiller - http://www.myspace.com/holgerhiller