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Education populaire : transmettre le récit

Rappel historique

Chapeau : A la croisée du politique, du culturel et du social, retour sur l'évolution de l'« éducation pour tous, de tous, par tous ».

Source : Les éditions du mouvement (http://www.mouvement.net)

Genre : brève (Mots-clés : )

Genre Ressource : brève / notice

Genre Agenda : politique

Apparence :

Patrick Varin responsable d'association
Naly GERARD rédacteur

Texte : L'« éducation pour tous, de tous, par tous » : tel est le mot d'ordre du mouvement d'éducation populaire, héritier d'une riche histoire à la croisée du politique, du culturel et du social, celle des Bourses du travail du XIXe siècle, des universités populaires du début du XXe siècle et de la Résistance. Ce que transmet l'éducation populaire, en principe, c'est donc moins une somme de connaissance à démocratiser qu'une pratique sociale fondée sur « la capacité égale des individus à voir le monde, à débattre collectivement et à transformer la société ». Alors que l'on s'interroge sur le « vivre ensemble », l'éducation populaire affirme que « faire société » passe par l'éducation et la participation de chacun. « La participation n'est pas seulement un droit mais une nécessité pour qu’il y ait une société démocratique, rappelle Francine Best, présidente d'honneur des Céméa (1). Elle est à la fois une fin pour l’individu, qui s’épanouit dans la participation à une activité, et une finalité, car c’est le moyen de faire société. »
Ces dernières années, l'éducation populaire a perdu de vue cet « horizon politique et philosophique de justice sociale et culturelle », qui s'est diluée dans une approche technique et professionnelle, celle du « socio-culturel ». Sans doute a-t-elle contribué à la perte de la transmission du « récit », du partage d'une histoire collective. « Il semble qu'à partir des années 1970, un fil se soit rompu dans la transmission des expériences collectives, explique Patrick Varin, vice-président de l'association Peuple et culture. Les questions du regard, de la vie commune, ou encore la mémoire d'épisodes entiers de notre histoire comme la décolonisation n'ont pas été transmis. Cette mémoire a été réduite et transformée, ou cachée derrière des tabous gigantesques. Et il nous manque quelque chose. »
Pour jouer son rôle aujourd'hui, l'éducation populaire gagnerait, sans doute, à se politiser davantage. Pour Patrick Varin, la priorité est de construire une culture commune qui soit émancipatrice. En particulier, en encourageant les prises de parole autonomes de chacun à travers la pratique culturelle. « La créativité est un processus individuel et collectif, souligne-t-il. Une créativité authentique est à la fois poétique et politique : elle est un gage de liberté et de dépassement, vers la transformation et le changement. » En somme, il s'agit de renouer avec le Manifeste de Peuple et Culture qui affirmait en 1945 que la culture ne se transmet pas, elle se « vit ».

1. Elle a participé à l'ouvrage Education populaire, enjeu démocratique, Défis et perspectives, éd. L'Harmattan-Les Francas (2008).
2. Le manifeste est téléchargeable sur le site de Peuple et Culture : www.peuple-et-culture.org.




Période traitée : 2009-10-19
Mots-clés : éducation populaire, histoire, vie commune, transmission
Inséré le : 19/10/2009 12:47
http://www.peuple-et-culture.org

Thèmes : politiques culturelles,