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L'action comme langage

Informations, Curiosité, Exégèse

Chapeau : Texte de présentation de la mise en scène d'«Orgie» au theatro Stabile de Turin, le 22 novembre 1968

Source : Les éditions du mouvement (http://www.mouvement.net)

Genre : texte d'artiste (Mots-clés : )

Genre Ressource : texte d'artiste

Apparence :

Rubrique : 2

Pier Paolo PASOLINI rédacteur

Texte : Pendant que j'écrivais la première version d'«Orgie», j'écrivais contemporainement mon premier essai sur le cinéma, dans le cadre d'une «sémiologie générale» (pansemiologia). Le cinéma y est interprété comme une «langue écrite de l'action», et célébré en tant que système de signes non symboliques qui «exprime la réalité à travers la réalité». Le théâtre de parole est peut-être né en réaction à cela.
La curiosité réside dans le fait suivant: tandis que j'écrivais le premier texte de ce que j'appelerais par la suite, précisément, mon «théâtre de parole», mes théories sur la primauté de l'«action comme langage» se sont reflété sur la seconde version d'«Orgie» (initialement un simple rapport sadomasochiste, existentiel, entre un homme et une femme), insérant ainsi à l'intérieur d'une tragédie une seconde tragédie, linguistique, et projetant une lumière interprétative sur la première qui, je le répète, était à l'origine purement existentielle, et avait pour thème le rapport de la diversité, existentielle, avec l'histoire. Il en découle une théorisation de la communication sexuelle comme langage, partie intégrante de ce langage primaire qui est le langage de l'action et de la présence physique.


Si bien que jamais plus que dans ce texte de «théâtre de la parole» on n'a aussi violemment polémiqué contre la parole.


La double nature d'«Orgie» (texte, je le répète, entièrement fondé sur la parole dans son moment le plus «expressif», celui de la «langue de la poésie», dans lequel est ensuite exalté en permanence la primauté de l'action, en tant que mystère pragmatique à travers lequel la conscience s'exprime avec une plus grande authenticité, quoique de manière complètement irrationnelle) est sans aucun doute un défaut de l' oeuvre, et le spectateur-critique en sera un peu perdu. Cependant, j'ai voulu commencer mon curriculum théâtral (si toutefois il a une suite), avec l'oeuvre que j'ai pensée et écrite en premier (quoique par la suite élaborée en même temps que d'autres).

Date de publication : 01/08/1998


Mots-clés : manifeste, parole, action, critique
Inséré le : 17/04/2001 00:00
Thèmes : théâtre,