Si la page ne s'affiche pas, cliquez ici !!!
Une comédie cruelle et obscène
Anticlimax, de Werner Schwab.
Chapeau : Jeune metteur en scène dont la compagnie est installée à Metz, Bertrand Sinapi empoigne l’ultime pièce de l’Autrichien Werner Schwab. Grotesque, et parfois burlesque. A voir au Théâtre du Colombier, à Bagnolet.
Source : Les éditions du mouvement (
http://www.mouvement.net)
Genre : chronique (Mots-clés : )
Genre Ressource : brève / notice
Genre Agenda : théâtre
Apparence :
Rubrique : Le Vrac
Jean-Marc ADOLPHE rédacteur
Werner SCHWAB auteur
Bertrand Sinapi Metteur en scène
petit_anticlimax.jpg ()
rect_anticlimax.jpg ()
du 07/12/2009 00:00 au 12/12/2009 00:00
Salle : Le Colombier
20, rue Marie-Anne Colombier
01 43 60 72 81
Bagnolet 93170 France (Ile-de-France)
Texte : La vie de Werner Schwab a été aussi brève (il est mort à 36 ans) que peu reposante : ses pièces (une quinzaine en tout) sont pour une part le reflet d’une enfance précaire (il a vécu avec sa mère dans une cave humide) au sein d’une Autriche opulente. C’est une société malade, refermée sur elle-même, qu’il évoque au scalpel, dans une langue grossière et abrupte, qui n’hésite pas à maltraiter les règles syntaxiques, mais fait cependant advenir une poésie qui s’accroche à l’oralité. Bref, un savant mélange « d’or » et de « crasse ».
Anticlimax est sa dernière pièce, retrouvée en partie inachevée après sa mort. Une œuvre ultime, donc, dans tous les sens du terme. Venant clore un cycle de quatre « Drames fécaux », Schwab voulait cesser le théâtre, « en finir avec cette merde ».
Bertrand Sinapi, jeune metteur en scène de la compagnie Pardès rimonin, qu’il codirige à Metz avec Amandine Truffy, veut voir dans
Anticlimax « une atmosphère propice à la farce : la répétition d’un geste, d’une situation en pointe l’absurdité, ouvrant la voie à l’incrédulité et à l’amusement ». Il a précédemment adapté à la scène
Jeanne la pudeur, roman de Nicolas Genka dont la publication fut interdite dans les années 60 ; puis réalisé une maquette d’
Italie magique, de Pier-Paolo Pasolini, dont il n’a pu finalement obtenir les droits. De tels choix guident sur la piste d’un théâtre sans concession aux ronronnements de l’époque, où Schwab trouve naturellement sa place.
Anticlimax, « comédie cruelle et obscène » se joue dans un huis-clos oppressant (magnifiquement rendu par la scénographie de Goury, architecturée d’espaces fragmentés) où la Petite Marie va s’affranchir du chaos familial comme des injonctions sociales « figurées » par un médecin, un prêtre et un policier. Dans un registre où les personnages sont des figures types, à mille lieues du réalisme psychologique, Bertrand Sinapi veille à articuler avec la même attention la violence, l’obscène et le comique des situations. En un singulier retournement, il parvient à porter aux limites du burlesque les ressorts grotesques de la pièce, qu’il allège (ou plutôt aère) de chansons populaires fredonnées par les acteurs. Tous excellents (Amandine Truffy dans le rôle de la Petite Marie, Bryan Polach, Hélène Cahen, Hughues Reinert, qui joue simultanément le père, le policier et le prêtre), ils déploient une intensité physique qui n’est pas sans faire écho, à certains moments, aux performances des actionnistes viennois avec lesquels Werner Schwab se sentait en affinité. Mais c’est bien dans le tourbillon des mots qu’éclate le scandale d’une société à laquelle Marie oppose sa vérité déréglée : « Parler, c’est si tranchamment beau ».
>Anticlimax, de Werner Schwab, mise en scène de Bertrand Sinapi, musique de Ghédalia Tazartès, du 7 au 12 décembre au théâtre Le Colombier, à Bagnolet.
Réservations/informations: 01 43 60 72 81
Crédits photos : Soizic Lambin.
Date de publication : 02/12/2009
Mots-clés : anticlimax, bagnolet, colombier, sinapi, Werner Schwab, cruel, obscène
Inséré le : 02/12/2009 10:57
le site de la ville de Bagnolet - http://www.ville-bagnolet.fr/index.php?pge=112
Thèmes : théâtre,